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http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/0/6/0/9782221131060.jpgS'ils remportent ce match de football contre les nazis, les Ukrainiens savent que leur existence est menacée. Et pourtant, ces hommes choisiront de remporter la victoire plutôt que de souffrir une vie de déshonneur.


Retour sur une histoire incroyable, celle d'une équipe de football qui, durant la Grande Guerre, préférera encourir les plus graves sanctions plutôt que céder au déshonneur d'un match arrangé... Lorsqu'en 1941 le régime nazi décide d'organiser un grand tournoi européen de football, c'est bien évidemment pour affirmer la supériorité du Reich. Mais le FC Start, équipe montée de bric et de broc par un ancien boulanger de Kiev venu recruter de vieux joueurs sur le retour et de jeunes sportifs en manque de compétition, accumule les victoires. Durant plus d'une année, l'équipe ukrainienne bat platement tous ses adversaires. Se répand alors partout en Europe la rumeur qu'une équipe de pauvres hères – dont bon nombre sont juifs en plus ! – défie l'Allemagne nazie. Le 9 août 1942, l'équipe ukrainienne du FC Start doit affronter l'équipe nazie pour son match retour. Les Allemands ont été corrigés 7 à 2 à l'aller et il est impensable qu'un tel scénario se reproduise. L'État-Major allemand signifie aux joueurs ukrainiens l'ordre impératif de s'incliner. Sinon, ils encourent la peine capitale : la mort. Ce match qui aura lieu au Zenit stadium de Kiev va révéler toute la brutalité du régime nazi. Ce jour-là, même réduits à dix joueurs dès la première mi-temps, même menacés par les armes dans leur propre vestiaire par des officiers nazis, les hommes du FC Start ont décidé qu'ils ne céderaient pas. Personne ne leur fera courber l'échine. Ils remportent le match sur le score de 5 à 3. Par leur victoire, portée par la ferveur populaire, les Ukrainiens ont rendu leur fiertéà tout un peuple. Mais pour avoir défié avec une telle maestria et une telle insolence envers l'oppresseur, l'ensemble des joueurs du FC Start sera arrêté, torturé et déporté dans des camps ou bon nombre d'entre eux périront.

 

Gagner à en mourir

Pierre-Louis Basse

Roman (broché). Paru en 04/2012

 

1941. L'Allemagne est toute puissante. Comment montrer la supériorité du Reich ? En organisant un grand tournoi européen de football. Mais les nazis n'ont pas tout prévu. Un ancien boulanger de Kiev a monté une équipe avec des vieux joueurs sur le retour et des jeunes sportifs en manque de compétition. Ces footballeurs ukrainiens mal nourris, qui composent le FC Start, comptant parmi eux bon nombre de juifs, volent de victoire en victoire. Le 9 août 1942, ils doivent affronter l'équipe nazie pour un match retour. Les Allemands, des militaires très entraînés, ont été corrigés 7 à 2 à l'aller et il est impensable qu'un tel scénario se reproduise. Le général Eberhardt ordonne aux footballeurs ukrainiens de perdre, sans quoi ils encourent la peine capitale. Le match a lieu au Zenit stadium de Kiev. Réduits à dix joueurs dès la première mi-temps, menacés par les armes dans leur propre vestiaire par des officiers nazis, les hommes du FC Start ont décidé qu'ils ne céderaient pas. Ils ont choisi de remporter la victoire plutôt que de connaître le déshonneur et gagnent le match sur le score de 5 à 3. Portés par la ferveur populaire, les Ukrainiens ont rendu leur fierté à tout un peuple. Ils vont payer très cher leur maestria et leur insolence face à l'oppresseur : tous les joueurs du FC Start seront arrêtés, torturés et déportés dans des camps où beaucoup d'entre eux périront.

 

Pierre-Louis Basse est une grande figure du journalisme sportif. Passionné d'histoire et de football, il a écrit une dizaine de livres. Il a  consacré en 2000 une biographie à Guy Môquet que son grand-père maternel, résistant communiste, a côtoyé : il a été interné dans le camp de Châteaubriant avec les 27 fusillés du 22 octobre 1941, avant d’être déporté à Dachau puis à Mauthausen.

 

C’est un écrivain qui est l’auteur de ce livre, un remarquable écrivain qui prend le prétexte de ce match insensé pour s’interroger sur ses rapports avec l’Histoire, avec la mémoire. Pour plonger dans une barbarie aimable puisqu’elle s’organisait autour d’un ballon. Qu’est-ce qui était le plus difficile à perdre? L’honneur ou la vie? La vie ne valait rien.

 

Plusieurs dizaines de milliers de juifs avaient déjà été massacrés dans les ravins de Babi Yar.


JDD - Bernard Pivot

 

De Jesse Owens, à Berlin en 1936, aux Ukrainiens de 1942, l'Histoire recèle des victoires légendaires. Magnifiées ici par un Pierre-Louis Basse plus humaniste que jamais.


L'Express - Marianne Payot

 

Un livre fervent doublé d'un précis de résistance. Il est libre, Basse.


BibliObs - Jérôme Garcin

 

Gagner à en mourir, Robert Laffont, 2012

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