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http://www.renaud-bray.com/ImagesEditeurs/PG/1174/1174878-gf.jpgDocument 17/06/2011- Gin aurait pu devenir une pianiste de talent. C'était compter sans son beau-père malfaisant qui l'a fait interner dans un hôpital psychiatrique. Aussi, quand l'étrange Mr Toad la demande en mariage, voit-elle dans sa proposition la possibilité de fuir ce lieu hostile. Elle accepte et part s'installer avec lui dans les terres reculées du bush australien. Mais rien dans son éducation bourgeoise ne l'avait préparée à cette vie étriquée et misérable. Elle doit aussi se familiariser avec son nouveau rôle de mère et d'épouse. Surtout, elle doit subir le regard inquisiteur des gens du village, intrigués par son teint d'albinos.

 

Tout change un jour de 1944, lorsque arrivent Antonio et John, deux prisonniers de guerre italiens placés chez eux comme ouvriers agricoles. Le souffle qu'ils apportent, bercé par les airs d'opéra, bouleverse le fragile équilibre bâti par Gin, qui se prend à rêver de plus vastes horizons. Un rêve d'évasion partagé par Antonio, avec qui elle se lie d'une douce complicité. Au risque de s'y perdre ?

http://www.chicagoreader.com/imager/b/magnum/3555482/aed6/goldbloom_magnum.jpgGoldie Goldbloom est née en Australie. Pendant près de vingt ans, elle a enseigné en collège et lycée e travaillé comme bibliothécaire. Elle publié de nombreuses nouvelles dans des revues tels que Story Quaterly Narrative et Prairie Shooner. Des recueils de ses textes sont également parus en Australie et aux Etats-Unis. Elle a reçu le Jérusalem Post International Fiction Prize pour ses écrits. Elle vit à Chicago avec ses hui enfants.


La revue de presse Claire Devarrieux - Libération du 7 avril 2011


Gin et les Italiens, premier roman de Goldie Goldbloom, Australienne de Chicago, ne se contente pas de piéger dans le bush un couple mal assorti regardé comme une paire de monstres par les gens du bourg, deux pauvres parents. C'est la guerre. Dix-huit mille soldats italiens prisonniers se retrouvent valets de ferme au pays des kangourous...

Dans ce livre, tout est chamboulé. Le monde domestique s'accorde à l'environnement brûlé par la sécheresse ou raviné par les pluies, c'est un amoncellement, une scène encombrée d'un désordre végétal, minéral, animal, humain. La porcelaine, le piano en bois de rose, la robe de mariée de la mère de Gin : coquilles d’œufs, brindilles, toile d'araignée à déchirer. Il y a un peu d'Annie Dillard dans le goût de Goldie Goldbloom pour la nature, pour les listes qui résument une vie, pour les séismes.


Les courts extraits de livres : 17/06/2011


J'étais cachée dans le verger, faisant mine de vérifier qu'aucune bestiole ne boulottait les fruits en pleine formation, quand les prisonniers de guerre italiens débarquèrent de la verte Chevrolet du sergent : un type tout petit, à cran, qui faisait des écarts tout en agitant sa crinière de jais, un vrai cheval de course, âgé de seize ans tout au plus ; l'autre, un bahut ambulant, revêtu d'un inconcevable uniforme magenta avec à la boutonnière une tache rose que je crus être une immortelle. De drôles de prisonniers. On aurait plutôt dit deux obscurs artistes français minaudant derrière le conservateur d'un musée d'art primitif. Le conservateur en question, Toad, mon époux, montra la maison, et je l'imaginai leur disant : « Et voilà le chef-d’œuvre toadesque, la ferme, peinte à toute vitesse en 1935 avant que ma femme ait son premier. Notez la cheminée en pierre délicieusement excentrique, la véranda de guingois, les enfants hâlés tapis sous le mûrier.» Les voyant approcher, Boss Cockie, le cacatoès apprivoisé, dressa sa crête et marmonna en sourdine : « Boucle-la. Fiche le camp, satané volatile. »

J'ai eu trente ans l'année où les Italiens arrivèrent dans notre ferme de l'Ouest australien, et j'avais peur d'eux, terriblement peur de ces hommes très portés sur la chose, à ce que nous avions lu, de ces violeurs au petit corps compact, au regard brûlant de Latins, de ces hommes capables de tout. Bien sûr, nous ne savions pas grand-chose à leur sujet, seulement ce que nous avions entendu à la TSF ou lu dans le journal ; or si Mr Churchill avait déclaré qu'en Italie les ânes volaient, je crois bien que nous l'aurions cru. Pour ce qui était de nous, les femmes de la région, aucune ne voulait des Italiens ; mais qui étions-nous pour dire notre mot ? Il était impossible de trouver des bras pour les labours, les semailles et la tonte, les jeunes gens étant partis se faire crever la paillasse en Europe, en Nouvelle-Guinée, en Afrique du Nord ; et ceux de leurs aînés qui avaient contracté un engagement comme volontaires dans la Défense passive étaient à l'exercice sur le terrain de football, à cent lieues de penser que leurs mines ratatinées suffiraient à repousser n'importe quelle invasion japonaise. Les hommes étaient denrée rationnée comme tout le reste, et c'est pourquoi, quand les autorités proposèrent des prisonniers de guerre comme travailleurs agricoles, les instances concernées furent aussitôt assaillies par des fermiers en quête de main-d'oeuvre.

Le choix des libraires : Choix de Isabelle Ertel de la librairie PAYOT à NYON, Suisse (visiter son site) - 11/10/2011

 

Nous découvrons ici un pan ignoré de l'histoire : celle de soldats italiens prisonniers qui, en 1944, sont envoyés en Australie comme main d’œuvre dans les fermes. Antonio et John débarquent auprès d'un curieux couple, les Toad, où le mari freluquet collectionne les corsets féminins, et Gin sa femme qui est albinos. En dépit des ragots, ce quatuor ne va pas tarder à mener une danse étrange... Mais la guerre et ses conséquences, les responsabilités familiales, auront-elles gain de cause de l'émancipation de Gin, magnifique personnage féminin ?

Le choix des libraires : Choix de Frédéric Tué de la librairie L'ODYSSÉE à SAINT-MALO, France (visiter son site) - 07/06/2011

Gin est une femme résignée. Albinos martyrisée par son beau-père qui l'interne dans un hôpital psychiatrique, elle n'a d'autre solution pour en sortir que d'épouser un certain Mr Toad, individu repoussant et fruste, qui l'emmène dans sa ferme perdue au fin fond du bush australien.

Dans ce désert hostile et sauvage, particulièrement en 1944, Gin élève tant bien que mal ses enfants et oublie peu à peu ses rêves de pianiste virtuose. Mais au milieu de ce tableau aussi palpitant qu'un accouplement de koalas neurasthéniques, vont surgir deux silhouettes fort perturbantes : Antonio et John, deux prisonniers de guerre italiens placés dans la ferme comme ouvriers agricoles.

C'est le début d'un éveil à la sensualité pour Gin, l'occasion pour elle de se sentir aimé. Quant à Mr Toad, il n'est pas en reste et cache bien son jeu ?

Débordant de sons, de couleurs, de sensations, ce roman de Goldie Goldblum (Auteure australienne dont c'est la première traduction) est un délice aussi caustique qu'impertinent, qui égratigne aussi bien la bonne société puritaine que l'univers rustre des colons.

Gin est un personnage romanesque comme on en fait plus ! Dégoûtée par son quotidien, son mari lourdaud, ses enfants ingrats, et les regards bovins des villageois aux langues bien pendues, Gin n'aspire finalement qu'aux choses simples : la liberté et l'amour.

Ne passez pas à côté de ce roman, il a le charme des grands classiques et une modernité à toute épreuve. On rit à chaque page, on rougit aussi car c'est parfois surprenant (pour un lecteur en tout cas) de se retrouver dans la tête d'une femme !

Une expérience pour ma part que je n'avais pas connue depuis Belle du Seigneur d'Albert Cohen, c'est dire !

Gin et les Italiens

Auteur : Goldie Goldbloom

Traducteur : Éric Chédaille

Date de saisie : 11/10/2011

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Éditeur : Bourgois, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

 

  • Le courrier des auteurs : 07/06/2011

 

1) Qui êtes-vous ? !
Eric Chédaille, le traducteur

Marko : Un dessinateur compulsif... un poilu imberbe !

2) Quel est le thème central de ce livre ?
La différence

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
"J'étais blanche comme un cachet. Partout. Je passai une brosse humide dans mes cheveux, et mes cheveux blancs devinrent aussi translucides que du fil à pêche. Je fermai les yeux. Je ne pouvais croire que Toad eût voulu m'épouser."

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
La Moldau (Smetana)

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Eh bien, euh, le bonheur de la lecture !

 


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il y a 5 jours – I'm squeezing kiwis on @timekiwi. Here's my new timeline ... Le blog de Philippe Poisson ( 3 mars 2012 ). 1584 326 pages vues à la date du ..

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