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http://www.marxists.org/francais/broue/works/1963/00/img/goulag.jpgUn formidable espoir soulève l'Union soviétique dès le printemps 1953. En particulier dans les camps du Goulag. En mai 1954, une grève éclate dans celui de Kenguir, au Kazakhstan. Pendant cinq semaines, les détenus vont tenir tête au Kremlin.


La mort de Staline, en mars 1953, révèle au grand jour toute une série de conflits et de tensions traversant la société soviétique. Les ouvriers de RDA se mettent en grève (16-17 juin 1953) ; Beria, le nouvel homme fort, est arrêté. Pendant un an, de juin 1953 à juin 1954, une vague de protestation secoue les « camps spéciaux » du Goulag(1) : Vorkouta, Norilsk, Taïchet, Ekibastouz, Kenguir (dans les steppes du nord du Kazakhstan) sont touchés. Ce n'est toutefois qu'en 1994 que sera rendu public le dossier du ministère de l'Intérieur sur la grève du camp de Kenguir, qui dura du 19 mai au 26 juin 1954. Un dossier où transparaissent le désarroi et même l'affolement des maîtres tout-puissants de l'URSS(2). Le 17 mai 1954, à la suite de plusieurs accrochages entre des détenus et la garde, 400 prisonniers du camp spécial n° 3 de Kenguir pénètrent dans la zone voisine réservée aux femmes, dont l'accès leur est interdit, et détruisent deux murs. Les gardiens mitraillent les mutins. Le bilan officiel fait état de 13 ou 14 morts, 32 blessés graves et 27 légers. Loin de ramener l'ordre, cette répression excite la colère des prisonniers. Deux jours plus tard, plus de 5 000 détenus du camp cessent le travail. Le vice-ministre de l'Intérieur du Kazakhstan se rend sur les lieux. Le 20 mai, débordé, il télégraphie à Moscou le message suivant : « Les représentants des détenus qui participent aux pourparlers se conduisent de manière provocatrice. Ils exigent [...] la punition des responsables de l'utilisation des armes à feu, après quoi...


Goulag : les révoltés de Kenguir

Par Jean-Jacques Marie
publié dans L'Histoire n° 273 - 02/2003   +



 

http://www.decitre.fr/gi/25/9782070348725FS.gifLes Kontslaguer apparurent en Russie dès 1918, comme instrument de répression politique et bientôt comme réservoir de main-d'œuvre forcée pour l'industrialisation soviétique.


De la Révolution à la Glasnost, 18 millions d'individus en furent les victimes ; 4,5 millions n'en revinrent jamais. Soljenitsyne et Chalamov en ont donné un inoubliable témoignage littéraire ; Anne Applebaum, puisant dans une masse à peine explorée d'archives, de témoignages et d'entretiens avec des survivants, propose une étude sociologique de la vie quotidienne des millions de détenus, les zeks.


À l'absurdité des arrestations, la cadence infernale des travaux, la terreur, les violences inouïes, les effroyables conditions d'hygiène et la mort omniprésente s'opposent les stratégies de survie, les tentatives d'évasion, l'espoir et la solidarité qui, en dépit de tout, subsistent. Les camps devinrent rapidement une nation à l'intérieur de la nation, presque une civilisation à part entière, avec ses propres lois, sa diversité sociologique, sa littérature, son folklore, son argot, ses coutumes.


C'est au cœur ténébreux de ce monde clos que nous convie l'auteur.


Goulag - Une histoire

Anne Applebaum

Pierre-Emmanuel Dauzat (Traducteur)

Poche - Broché

Paru le : 31/01/2008

Collection : Folio Histoire



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