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http://static.lexpress.fr/medias/1769/906069.jpgLe film Guerre d'Algérie, la déchirure, est le premier récit entièrement construit à partir d'images d'archives. Son réalisateur, Gabriel Le Bomin explique à L'Express comment il a travaillé avec l'historien Benjamin Stora. 

 

C'est un récit-choc, entièrement fait d'image d'époque. Guerre d'Algérie, la déchirure, est une oeuvre commune du réalisateur Gabriel Le Bomin et de l'historien Benjamin Stora. Ils ont travaillé tous deux pour faire naître ce premier récit entièrement construit à partir d'images d'archives, témoignant de la totalité de la guerre d'Algérie, depuis la Toussaint rouge en novembre 1954 jusqu'à la proclamation de l'indépendance de l'Algérie en juillet 1962. Une sale guerre dans laquelle 1,5 millions de soldats français ont été projetés -30 000 ne sont pas revenus-; une guerre qui a entraîné la mort de centaines de milliers d'Algériens et la destruction de centaines de villages, qui a déraciné près d'un millions de Pieds-noirs de leur terre natale et vu l'abandon et le massacre de milliers de Harkis.


Le réalisateur Gabriel Le Bomin a répondu aux questions de L'Express.  

 

Votre film frappe par la variété et la qualité des images. Comment avez-vous procédé?

 

Nous avons fait le pari de raconter l'histoire de cette guerre en nous appuyant seulement sur les images d'archives. Cela a donné lieu à quatre mois de recherches, en France comme à l'étranger. Nous avons puisé le vaste fonds d'images, récemment déclassifiées, provenant des archives de l'armée. C'est en effet au moment de la guerre d'Algérie qu'a été créé le Service d'information et de relations publiques de l'armée de terre (Sirpa). Il s'agissait de contrôler les images qui pouvaient sortir sur le conflit. La chance que nous avons eu a été de repartir des rushes, et non pas des films déjà montés souvent censurés. Nous nous sommes aussi servi d'images de l'Institut national de l'audiovisuel (INA), de la cinémathèque et de la BBC, ainsi que de films retrouvés dans les archives des pays de l'Est.  

 

Nous avons ensuite dû procéder à la restauration des images, et pour une partie d'entre elles, à leur colorisation, afin d'obtenir une unité d'ensemble. Ces images ont eu, auprès du public qui les a déjà vues, un très fort impact. Cela a donné lieu à des réactions surprenantes, par exemple auprès d'un public de jeunes: "Puisqu'on le voit, c'est que c'est sûrement vrai", se sont ainsi étonnés des jeunes de l'université de Villetaneuse. Un autre exemple: quelques jours après une projection en Corse, j'ai reçu un message d'un ancien soldat passé par l'OAS. Il n'avait pas osé réagir le soir même mais il m'a écrit pour témoigner. Il m'a expliqué avoir eu un sentiment d'apaisement après avoir vu le documentaire. "J'ai pu comprendre le sens de l'histoire", a-t-il confié.  

 

Comment avez vous travaillé avec Benjamin Stora?

 

C'est lui qui a établi le calendrier chronologique, il a indiqué quelles étaient les étapes importantes des ces huit années, et défini les personnages clés de cette période. C'est autour de cette trame que j'ai tissé le film, en m'appuyant parfois, d'ailleurs, sur les travaux d'autres historiens ou chercheurs.  

 

Puis, à mesure que le travail avançait, Benjamin Stora venait voir le travail monté, pour donner son avis, dire si le résultat restait juste historiquement, apporter des nuances. Il a donc participé à la réalisation du film depuis le début de l'écriture jusqu'à la fin du montage.  

 

N'avez-vous pas craint les déséquilibres dans la mise en avant des différents points de vue ?

 

C'est en effet un écueil que nous avons essayé d'éviter! Nous avions la volonté de raconter la mémoire de tous, de n'oublier aucun des acteurs de cette tragédie. Nous ne voulions rien occulter, ne pas être dans l'euphémisme, mais ne pas non plus être à charge contre tels ou tels acteurs de la guerre.  

 

Pour moi, il aurait été inconcevable de faire ce film sans la collaboration de Benjamin Stora. Il n'était pas question de se contenter d'empiler les mémoires, d'empiler les douleurs. Il fallait quelqu'un qui puisse prendre de la hauteur pour expliquer la complexité, l'enchainement de ces huit années de guerre. J'ai essayé de comprendre son point de vue et je me suis reconnu dans sa volonté d'apaiser les mémoires.  

 

Guerre d'Algérie, la déchirure : disponible le 12 mars en VOD et le 18 avril en DVD. Le film sera diffusé dimanche 11 mars sur France 2.  

 

Guerre d'Algérie: "Nous n'avons rien voulu occulter"

Par , publié le 09/03/2012 à 18:01, mis à jour à 19:10

 

 

 

interview de Kad Merad | "Guerre d'Algérie, la déchirure" - YouTube

► 4:10► 4:10
www.youtube.com/watch?v=X2LdBP8PMqc14 févr. 2012 - 4 mn - Ajouté par studioftv
Kad Merad est le narrateur de "Guerre d'Algérie, la déchirure", le documentaire ( 2 x 55 minutes) de ...

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