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http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/6/1/2/9782213629216.jpgPour beaucoup, le nom deGuy Mollet résonne comme un rappel de tous les reniements de la gauche : double langage, archaïsme, dogmatisme, Troisième force, guerre à outrance et torture en Algérie, politique de la canonnière à Suez, courte échelle faite au général de Gaulle en 1958...


Le secrétaire général de la SFIO (1946-1969) incarne le traître coupable d'avoir mené la politique de ses adversaires. Pourquoi et comment ce fils d'un gazé de 14, syndicaliste de l'enseignement et socialiste parce que la SFIO était le parti de la paix, choisit-il d'entrer en Résistance contrairement à nombre de ceux qui ont été à l'origine de son engagement ? Pourquoi et comment le militant qui n'a jamais exercé de responsabilités notables devient-il à la Libération le porte-parole du courant de mécontentement qui balaie la direction en appelant, contre les amis de Blum, jugés coupables de " confusionnisme [...] inspiré par un faux humanisme ", à un redressement fondé sur " cette réalité fondamentale qu'est la lutte des classes " ? Pourquoi et comment Mollet, lorsque le pays bascula dans l'affrontement Est-Ouest, assuma-t-il le combat pour sauver la démocratie républicaine déstabilisée par le communisme et le gaullisme ? Ce combat conditionna la suite, car la SFIO y perdit une part de son identité, même si elle joua un rôle décisif dans la mise en place de nouvelles relations sociales et si l'on a tort de passer l'ensemble sous silence ? Pourquoi taire son action en tant que constituant de la IV République comme de la Ve et son refus du principe de l'élection du président de la République au suffrage universel dans une opposition résolue au pouvoir personnel ? Comprendre, sans concession ni parti pris, à travers l'ouverture progressive des archives qui autorisent aujourd'hui un autre regard, l'itinéraire d'un leader socialiste controversé, tel est le but que s'est assigné ce livre - et qu'il remplit.


Maître de conférences à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne, François Lafon est un spécialiste du socialisme français dont les travaux ont porté tant sur des itinéraires (outre Mollet, il s'est notamment intéressé à ceux d'Edouard Depreux ou André Philip) que sur la place et le rôle de la SFIO dans le système politique après la Libération.

Guy Mollet

François Lafon

Biographie (broché). Paru en 10/2006



http://www.lours.org/domains/lours_org/images/6.jpg

Il est détesté par la gauche pour avoir mené en Algérie une guerre qu'il qualifiait lui-même d'"imbécile et sans issue ". Pour Michel Winock cependant, l'indétrônable secrétaire général de la SFIO n'a pas trahi son parti. Il en a au contraire incarné les ambiguïtés et les contradictions.


Il est socialiste, il parle de Marx en connaisseur, il lève le poing en chantant L'Internationale , et, malgré cela, Guy Mollet a prêté son nom à une expression outrageante pour l'homme de gauche qu'il est : le " national-molletisme ". Ce mot forgé par le journaliste britannique Alexander Werth en 1956, alors que Guy Mollet était président du Conseil et venait d'engager la France aux côtés du gouvernement conservateur britannique d'Anthony Eden dans l'expédition de Suez, est certainement cruel. Il dénote en tout cas l'extraordinaire antipathie que le chef de la SFIO avait pu attirer sur sa tête en quelques mois de pouvoir, sinon dans l'opinion française, à tout le moins dans la gauche intellectuelle, chez les étudiants, voire au sein d'une minorité de son propre parti, sans parler des communistes. Son biographe, Denis Lefebvre, a intitulé l'histoire de sa vie : Guy Mollet, le mal aimé . D'où provient cette répulsion à l'endroit de celui qui fut secrétaire général du Parti socialiste de 1946 à 1969 ? Président du Conseil de janvier 1956 à mai 1957, n'a-t-il pas à son crédit des mérites évidents ? C'est son gouvernement qui fait voter la troisième semaine de congés payés, vingt ans après le Front populaire. C'est lui qui crée le Fonds national de solidarité pour les personnes âgées (constitué par le produit de la vignette auto de Paul Ramadier). C'est sous Guy Mollet qu'est votée la loi-cadre Defferre, à l'origine d'une...

La faute de Guy Mollet

Par Michel Winock
publié dans L'Histoire n° 310 - 06/2006  Acheter L'Histoire n° 310  +

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