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Histoire classée. Billy the Kid

LUNDI 6 SEPTEMBRE 2010
france5, 19h55 - 20h35

Type : documentaire


Henry Mc Carty, dit Billy le Kid, mort à 21 ans, est l’un des hors-la-loi les plus célèbres du Far West. Dans les années 1870, il terrorise le Nouveau-Mexique et aurait, dit la légende, au cours de sa brève existence tué 21 hommes, un par année. Son tableau de chasse serait en réalité beaucoup plus modeste, de l’ordre d’une dizaine de meurtres. En 1881, il est incarcéré et condamné à la pendaison après un court procès, mais parvient à s’évader. Il sera finalement abattu par un ex-ami devenu sheriff du comté de Lincoln, Pat Garrett, et enterré dans le cimetière militaire de Fort Sumner. En 1930 et en 1950, deux hommes prétendront être le véritable Kid. Le bandit, resté éternellement petit et juvénile, est définitivement entré dans la légende de l’Ouest américain.

http://www.historia.fr/content/television/article?id=29534

 

 

 

 

La véritable histoire de Billy The Kid

Note de l'éditeur


Document 2008 - Au beau milieu de la nuit du 14 juillet 1881, à Fort Sumner dans le territoire du Nouveau-Mexique, le jeune William H. Bonney, alias William Henry McCarty, mieux connu sous le sobriquet de Billy the Kid, était révolvérisé par le shérif du comté de Lincoln - Pat Garrett - dans des circonstances troubles.

C’était là un épisode du grand nettoyage entrepris par les autorités à l’encontre des participants les moins contrôlables de la “ Guerre du Comté de Lincoln ”, désormais terminée, et à laquelle s’étaient livrés peu auparavant les gros éleveurs de la région. Ces délinquants, des jeunes hommes tout juste sortis de l’adolescence pour la plupart, s’adonnaient au vol de bétail dans le pays. Venus de tout le Territoire ou du Texas, on les trouvait en nombre sur les routes, en quête de travail ou de mauvais coup, ainsi on les qualifia de desperados, les “ désespérés ”. Quoi qu’il en soit, le meurtre de Billy the Kid fit quelque bruit, parce que l’on soupçonna Pat Garrett de ne pas avoir été très fair-play dans cette affaire. Le shérif, offensé par la rumeur, décida d’écrire
la Véritable histoire de Billy the Kid, avec l’aide d’un ami écrivaillon, M. A. “ Ash ” Upson, pour rétablir son honneur. Ce récit de la “ vérité toute nue ” donna lieu, ni plus ni moins, à une fiction magnifique, un roman populaire, une tragédie appelée à devenir l’un des plus grands mythes de l’Ouest américain.

Ainsi naquit la légende de Billy the Kid. Très tôt orphelin, réputé avoir tué autant d’hommes qu’il comptait d’années au moment de sa mort à 21 ans (“sans compter les Indiens et les Mexicains”), on le disait galant homme envers les dames, secourable aux malheureux, impitoyable face à ses ennemis, doté d’une âme sentimentale due à ses origines irlandaises, ayant la répartie brève mais cinglante, et farceur à ses heures. Arthur Rimbaud, Gavroche, et James Dean tout ensemble. C’est donc de la main même de son assassin et “ ami ” Pat Garrett, relayé par le très imaginatif Upson, que l’on va pouvoir suivre la matière brute de cette histoire, rédigée à chaud en 1882. On y découvre, comme à sa naissance, ce monde folklorique de voleurs de bétail, de cowboys armés jusqu’aux dents, de poussière et de cavalcades, de Mexicains lymphatiques et d’Indiens sournois, de lynchages aveugles, de hors-la-loi et de représentants de l’ordre s’affrontant au moyen du fameux colt six-coups de calibre 45, surnommé “ Peacemaker ”. Mais sous cette mise en scène romanesque affleure bel et bien un univers de chaos, violent et cynique, broyant sans ménagement ceux qui ne parviennent pas assez vite à s’acheter une respectabilité. Billy fut de ceux-là. L’apothéose que lui offre Pat Garrett dans ce roman, une perle de la littérature populaire américaine, pourrait être de l’ordre de l’expiatoire, en réparation posthume des torts causés à une jeunesse massacrée.


Lire un extrait
(Pdf)


Les auteurs

 
Patrick Floyd Garrett (1850-1908), né en Alabama, s’établit au Nouveau-Mexique à Fort Sumner en 1878. Marié à Apolonaria Gutierres, il eut huit enfants. Élu shérif du Comté de Lincoln en 1880, il devint pour toujours “ l’homme qui tua Billy the Kid ” l’année suivante. Il poursuivit ensuite ses activités de représentant de la loi en alternance avec des tentatives de s’installer dans un ranch, et fut finalement tué, on ne sait trop par qui, alors qu’il urinait, au petit matin du 29 février 1908.


M.A “Ash ” Upson
(1828-1894), né en 1828, originaire de la Caroline du sud, il avait entamé une carrière prometteuse au New York Herald et au Cincinnati Enquirer avant que les aléas de la Guerre de Sécession ne l’entraînent sur les routes de l’ouest. À l’époque de l’élection de Pat Garrett, il est le postier du village de Roswell et s’occupe aussi de la “ paperasse ” du shérif. Alcoolique et bonimenteur notoire, il avait néanmoins su gagner la sympathie des habitants de la contrée, notamment celle de Billy Bonney. Upson emménagea chez les Garrett à la fin de l’année 1881 et ne les quitta plus jusqu’à sa mort, survenue le 6 octobre 1894 à Uvalde, au Texas.

Thierry Beauchamp est collaborateur à France culture et traducteur, spécialiste de la littérature populaire américaine du XIXe siècle et de la littérature humoristique de non-sens. Il a notamment traduit Les Pirates ! de Gideon Defoe (Dillettante) et Le plombier kidnappé de Stephen Leacock (Rivage).


Estelle Henry-Bossonney est professeur de littérature anglaise. Elle a déjà traduit chez Anacharsis, Chaka, roi des zoulous d’Henry Francis Fynn, et Le Temps et les autres de Johannes Fabian


La presse en parle


C’est un pacte faustien, un western qui siffle toujours le même refrain ; « Je te donne ma vie mais tu me fais entrer dans la légende. » En revolvérisant William Bonney le 14 juillet 1881, le shérif Pat Garrett fait effectivement entrer l’outlaw Billy the Kid (21ans) dans l’histoire. Mieux : pour booster les effets du service après-vente, Garrett sort un an plus tard la bio de sa victime, « La Véritable Histoire de Billy the Kid », l’épopéée d’un héros du Far West que les Éditions Anacharsis ont eu l’idée lumineuse de ressortir dasn une classieuse édition. Récit prenant, le livre est aussi un casse-tête aux niveaux de lecture multiples. Première interrogation : qui est vraiment l’auteur ? Avant de décrocher son étoile de shériff, Garrett fut cowboy, chasseur de bisons ou génocideur de Comanches. Des activités qui le prédisposent peu au métier d’écrivain, d’autant qu’on le dit fâché avec la grammaire. Garrett fait donc appel à un nègre, Upson, alcoolo notoire, qui prétend avoir torché à lui seul la bio en quelques semaines. Fumé à son tour D’où la deuxième interrogation : dans ce récit myhthologique, où est la vérité ? Réponse d’autant moins évidente que le livre apparaît comme un copié-collé d’info repompées dans la presse à sensation et de clichés shakespeariens le tout remixé par les souvenirs pas forcément objectifs de Pat Garrett en clair, on est plus chez Walter Scott que dans Mallett Isaac. Tant pis pour la vérité, tant mieux pour le mythe. Mais lequel ? Si l’on reprend les termes du pacte initial, c’est celui de Billy the Kid que ce conte devrait servir. Pourtant, il semble bien que cette canaille de Pat Garrett ait voulu un peu trop tirer la couverture à lui en inventant des crimes que le « Kid » n’a jamais commis, histoire de lancer sa propre légende sur le dos de sa victime. Une trahison que le destin lui fera payer cher : au matin du 29 février 1908, l’homme qui tua Billy the Kid est à son tour fumé d’une balle dans la nuque. Vraiment mort ? Pat Garrett a-t-il vraiment tout perdu ? Pas si sûr. La dernière phrase de son livre offre une interprétation plus méthaphysique : « Je répète que le corps du Kid repose paisiblement dans sa tombe - et je sais ce que je dis. » Curieuse, cette volonté de confirmer que le Kid est bel et bien six pieds sous terre ; Comme s’il s’agissait d’un message où la vérité appraîtrait en négatif. On a davantage envie de croire en « un corps du Kid »- entendez le « corps de Billy le Christ »- réssuscité par un Pat Garrett Dieu-le-Père qui n’aurait commis qu’un meutre symbolique et lilttéraire, pour partager, avec son ancien « ami », la prime... et la gloire posthume. La Véritable Histoire de Billy the Kid n’aurait alors été qu’un canular éditorial destiné à sauver la vie de son complice, tout en niquant les institutions. Peu importe que tout cela soit vrai ou pas, l’essentiel, c’est qu’on ait toujours envie d’y croire.

Olivier Stupp, Technikart, mars 2008.



La véritable histoire de Billy The Kid, Pat F. Garrett, traduit de l'étasunien par Estelle Henry-Bossoney, préface de Thierry Beauchamp, collection Famagouste. 208 pages, 14,5 x 21,5 cm, janvier 2008, 17 euros.

www.laboucherielitteraire.com/.../56.html

 

 

Lien utile sur le blog


 

Billy the kid, l'enfant terrible

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