Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

http://neil.iaminawe.com/wp-content/uploads/2010/01/hunger-poster-fullsize.jpgHunger : un film choc sur un combattant de l’IRA mort en prison en 1981 après 66 jours de grève de la faim. En salles le 26 novembre.


Le 5 mai 1981, Bobby Sands meurt à la prison de Maze, près de Belfast, à 27 ans, après 66 jours de grève de la faim. Le jeune homme est un des leaders des prisonniers de l’IRA (Irish Republican Army). Il a été élu, un mois avant sa mort, député à l’Assemblée de Westminster, mais il n’y siégera jamais : son corps rejoint le cercueil que vont veiller deux hommes de l’IRA en uniforme. Le journaliste de Libération Sorj Chalandon l’a vu clandestinement le 7 mai, deux jours après la mort : « Le cercueil était levé, posé contre un mur. Sur le satin blanc, un visage de cire. Poudré, maquillé de vie, du coton dans les joues. Ses os perçaient. Il était translucide. Entre ses doigts, le petit crucifix envoyé par le pape. Un visage, deux mains, et puis rien. Un corps en creux. »


On sait peu de chose de Bobby Sands, hors cette mort de martyr. En octobre 1972, il est arrêté dans une maison de Belfast. Quatre pistolets y sont cachés et, à 18 ans, on le soupçonne de servir de planque et de relais pour les militants catholiques, ce qui lui vaut cinq ans de prison. Bénéficiant d’un statut spécial en tant que combattant de l’IRA – proche du prisonnier de guerre –, il étudie et se forme à la cause irlandaise. Il apprend le gaélique, écrit des poèmes et des textes politiques. Libéré, il se marie, a un fils, puis retourne en prison, arrêté avec un pistolet sur lui et condamné à quatorze années supplémentaires.


Mais, depuis mars 1976, le statut spécial des prisonniers a été aboli : les combattants de l’IRA sont désormais des « droit-commun », et Bobby Sands mène la lutte sur ce front. Dans la nouvelle prison de Maze, lui et ses compagnons refusent de porter l’uniforme carcéral. C’est le blanket protest (ils s’enroulent de couvertures autour du corps). Puis vient le no wash protest, quand les prisonniers refusent de se laver et vivent nus, à même leurs excréments. Ils formulent cinq demandes : pas d’uniforme carcéral, pas de travail obligatoire, libre association, une visite, un colis, une lettre par semaine, et la remise normale des peines.


Avec l’arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher, en 1979, la discipline est impitoyable : fouilles, passages à tabac, lavages au jet d’eau, rasages musclés… La détermination de Bobby Sands en est renforcée et, en octobre 1980, sans l’aval de l’IRA, cet homme qui depuis quatre ans vit nu, hirsute, dans une saleté et une puanteur repoussantes, décide d’entamer une grève de la faim totale, dont l’issue ne peut être que la mort. Il est suivi par huit hommes. Tous périront entre mai et octobre 1981.


Hunger, le premier long-métrage de l’artiste et vidéaste anglais Steve McQueen (impressionnant Noir britannique qui n’a rien à voir avec l’acteur mythique), suit Bobby Sands et les prisonniers de l’IRA depuis le moment du passage au no wash protest jusqu’à la grève de la faim. C’est un film choc, d’une grande maîtrise formelle, l’une des révélations du dernier festival de Cannes. Filmant au plus près les corps et les souffrances qu’on leur inflige ou qu’ils s’infligent, Steve McQueen parvient à s’extraire de la reconstitution historique pour atteindre à une forme de manifeste esthétique, jamais esthétisant : il donne à voir, frontalement, les corps des victimes et des bourreaux, pour faire entendre, littéralement, les textes des revendications et de la répression, pour évoquer, visuellement, les attentes, les désespoirs et les rêveries des militants irlandais de la prison de Maze.


« Avec Hunger, dit Steve McQueen, je souhaitais montrer à quoi pouvait ressembler le quotidien d’un prisonnier dans le quartier H en 1981. Ce que j’ai cherché à transmettre dans mon film, c’est ce qu’aucun livre et aucune archive ne révèle jamais : la dimension à la fois ordinaire et extraordinaire de la vie carcérale pour ceux qui meurent pour servir leur cause. Cette conception du corps comme champ de bataille politique est une notion des plus actuelles. Il s’agit de l’acte de désespoir ultime car le corps humain est la dernière ressource de la contestation. »


En filmant ainsi le corps « comme [un] champ de bataille », Hunger fait oeuvre historique. Car il montre la seule arme que ces prisonniers catholiques peuvent alors opposer à la « Dame de fer » : une protestation christique, un martyrologue de type baroque, une cérémonie du corps souffrant reprise tel un nouvel Évangile, par les Irlandais, propagé par les chansons, les poèmes, les graffitis.


Le gouvernement britannique cédera bientôt, à la fin de l’année 1981, accordant leurs droits aux prisonniers de l’IRA, sans toutefois leur reconnaître officiellement le statut de prisonnier politique. Ce que Hunger souligne ainsi, en grand film d’histoire, est que ce conflit sanglant (2 187 personnes ont été tuées, dans les deux camps, entre 1969 et 1981) fut longtemps, à travers ce champ de bataille corporel, une irréductible lutte des symboles.

Antoine de Baecque
Critique et historien du cinéma

Le martyre de Bobby Sands

12/2008 | n°337- ARCHIVES


 

 

SYNOPSIS de Hunger


 

http://www.odysseeducinema.fr/image/Hunger1.jpgPrison de Maze, Irlande du Nord, 1981. Bobby Sands s'entretient alors avec le père Dominic Moran. Il lui annonce qu'il s'apprête à entamer une nouvelle grève de la faim afin d'obtenir un statut à part pour les prisonniers politiques de l'IRA. La conversation s'enflamme. Malgré les objections du prêtre, qui s'interroge sur la finalité d'une telle initiative, Bobby est déterminé : la grève de la faim aura lieu...


LA CRITIQUE TV DE TELERAMA DU 12/02/2011


TTGenre : résistance nue. Fin 1976, pour réclamer le statut de prisonnier politique, les membres emprisonnés de l'IRA (l'Armée républicaine irlandaise) refusent de porter le moindre vêtement (« blanket protest ») puis de se laver (« no wash »). Pour peu qu'on ait oublié le degré d'abjection atteint dans cette prison de Maze, située en Irlande du Nord, Steve McQueen nous le rappelle sans prendre de gants, à travers les murs des cellules entièrement recouverts d'excréments, l'urine déversée dans les couloirs. Consigner les faits de manière méthodique et les transcender, voilà la force de cette plongée violente dans le quotidien de la prison. Chaque séquence est un concentré de tension qui menace de nous exploser au visage. Il reste une arme aux pri­sonniers : leur corps, les organes (bouche, nez, anus) et tout ce qu'ils permettent.

 

C'est avec Bobby Sands (Michael Fassbender) que le flot de paroles jaillit. Le mythique militant républicain s'entretient avec un prêtre catholique. La discussion est acharnée. S'ensuit la grève de la faim. Le corps bleuâtre de Bobby Sands déteint sur les murs. Dans un silence de glace, le prisonnier rongé d'escarres devient une étrange créature de cendres. Ces moments où l'aide-soignant, au regard traduisant toute la compassion du monde, veille à ce que rien ne pèse - pas même un drap ! - sur le corps décharné du militant sont bouleversants. Face à cet homme qui réclame la plus grande douceur, la violence est soudain vaincue.

 

 

Dailymotion - ITW Steve Mc Queen pour Hunger - une vidéo Cinéma

www.dailymotion.com/.../x738jq_itw-steve-mc-queen-pour-hu...16 oct. 2008 - 5 mn
Interview de Steve Mc Queen réalisateur de Hunger, en salle le 29 Novembre 2008. Retrouvez le meilleur de la culture sur ...
 

http://media.au.timeout.com/contentFiles/image/syd-features/large-hunger.jpgI am at a loss trying to write about Steve McQueen’s debut Camera d’Or winning film Hunger – and much has already been written on it. In a nutshell the film follows the death of an IRA hunger striker named Bobby Sands in Belfast’s claustrophobic maze prison in 1981.


McQueen, a visual artist, has a patient and poetic eye, an intuitive sense of how images work  alongside and against one another. Images with an accumulative cinematic clout that left me gasping. It was about twenty moments into the film that I had to press pause on the DVD and step outside to breathe and then sob.  Such emotion, while incited by the narrative events (and harrowing they are) was mixed with elation at the sheer artistry of it all.


 Despite co-authoring the screenplay with Irish playwright Edna Walsh, Hunger employs very few words in its telling. The camera observes through a collection of static shots: the sallow skin of prisoners (luminous in blue winter light) contrasted against cell walls smeared in excrement. A fly stirring on a prisoners outstretched finger, a sprinkling of crumbs spilling on a warden’s lap then later the close up of a snow- flake melting on his bloodied knuckle. These insights, quiet and meticulously crafted are often interrupted by scenes of sickening movement–the camera hurtling us head first into a tunnel of baton wielding wardens.


 In many ways Hunger defies description, committing its visual poetry to the page feels like an act of plagiarism. McQueen has compared the film’s pacing and tempo to the flow of a river, permitting time for the water to flow and eddy—mesmeric– before tumbling over rock and rapid. We the audience are buoyed inexorably downstream (one can’t swim against history) we know its end, the waterfall that awaits.


 Fellow artist and film director Julian Schnabel’s work has, in the past, inspired similar forms of elation in me. Both Schnabel and McQueen, understand the potency of visual metaphor, treat each frame of celluloid as an artist would a canvas.


This is not to say words are discarded altogether, and in the mid-section of McQueen’s film, a theatrical mid-shot of about seventeen minutes in duration appears between prisoner Bobby Sands and a benign visiting pastor. They sit at a table facing each other, smoke coiling to the ceiling from their respective cigarettes. After the river-rapid chaos of the prior scenes it is a welcome breather. We are grateful for the stillness, seek solace in the music of the characters ping-pong exchange. The water eddies, turns and churns, we know it will run again, must run again, faster more furious then before.

 

 Hunger is a film that made me think about South African cinema, wonder why we still find ourselves in such a derivative place, wedged somewhere between Ozzie quirkiness and Hollywood sentiment. Why is it that we have not yet forged an authentic and quintessential (I cringe at the word) South African voice. Totsi and its predecessors– play straight to Hollywood’s glossy paws, painting local stories in the safe confines of a tried and tested formulae.  


I’m aware, if not increasingly insulted, by the counter argument of stop bashing Schuster and certainly not Gavin Hood, films that make money at the box office and find a local audience should be applauded. Be that as it may, I still long for the day when a film-maker as audacious and insightful as McQueen might rise from the music video befok masses.


Such a film-maker, I believe, is not lurking in the over-stuffed corridors of film schools like AFDA, nor are they a screenwriter who has learnt their trade by book and lectern. They are an artist by impulse and birth with equal reserves of vision and persistence, the patience to let their ideas take form and flight and wisdom to know that this seldom occurs over- night.


Film -making is a laborious and costly exercise, with producers seldom willing to take risks with a product that might bring them little return, this is not just true to South Africa (though we like to think so) but of the world.  No extraordinary and challenging piece of cinema is made without a struggle. McQueen we can be sure didn’t get the green-light just by attending one of two meetings.


 You would be forgiven for thinking I am applauding those who willingly commit financial suicide by sticking to their guns and creating they type of work that two lesbian nuns and orange might go to see. This is not so, while Hunger might be disturbing and difficult to watch, it is at the same time simple, compassionate and utterly compelling story- telling. It does not finish flailing in its own unfathomable intellect or artsiness nor will it require a PHD to unpick—though one can be certain that many a film school thesis will be written on it.


So just how is McQueen able to delve into Irish history and create a story that doesn’t feel like a thousand others we have previously seen on the subject? It’s not, I believe, that we are tired of seeing  movies focused on apartheid and South Africa’s history, just that we tired of seeing the same ones made time and time again. Most of these films fall into the trap of overwritten and overwrought polemic (perhaps Fugard is partly to blame). One thing Hunger avoids is political sermonising, rather presents its evidence in a fresh, honest and enlightening way (to see, really see for ourselves).


 The purpose of any great film is that it should be the cause of debate, reinvestigation. rigorous discussion. That it should remain with the viewer long after they have walked away from the experience. The issues delved into are always more complex than most film-makers like to think. The answers can’t be found snuggled in a stirring cinematic conclusion, a packaged pay off for our two hours attention. Perhaps McQueen’s relative inexperience in the medium is what liberated him to make his film as he envisioned it and why the superlative  ‘uncompromising’ is bandied about so often by critics when referring to his film.


It’s not that we are short on stories (both past and present) in South Africa, just short on “uncompromising” visionaries applying the time and insight to conceive them. Hunger took McQueen several years to make and he has recently stated that it’s unlikely he will make another film again. Despite the deluge of scripts that blockaded his door since the deserved Cannes victory of 2008, he fails to see the point in devoting such a hefty portion of one’s lifetime to making anything that isn’t completely necessary.


It makes me question just how ‘necessary’ a majority of our artistic output really is. How does it, if at all, contribute to how and what we see. The cinemas, libraries and theatres are collapsing beneath the weight of unessential, unnecessary fodder. The question we have to ask ourselves, before commencing on any artistic endeavour, is do we want contribute to this mudslide of mediocrity or challenge and counteract it with every available artistic thread of our being.


The will for excellence is one thing, the implementation of it, is another challenge all together.


 I have had the privilege of witnessing some very important and ‘necessary’ films in the last week , proof that McQueen is not alone in his extraordinary efforts. They are (in no particular order) Linha De Passe, Let the Right One in and Waltz with Bashir. 

The Hunger for Excellence

 

Commenter cet article

http://fashionforplay.com/ 10/09/2014 07:42

A film like 'Hunger' can be very interesting. The film contains plenty of action moments to make everyone thrilled about and you will be extremely happy to have a view of it. Movies shot on a prison environment have a good story line.