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http://www.encyclopedie.bseditions.fr/image/article/vignette/EU1900FRAPORTRAI020.jpg

Sa prestance, son éloquence, sa sollicitude envers l’armée et d’excellentes réformes (adoption du fusil Lebel, amélioration du sort du troupier, entre autres) lui valent une immense popularité, renforcée par son attitude énergique lors de l’incident Schnaebelé. Le général Boulanger se fait encore remarquer par son zèle républicain. Il oblige les séminaristes à faire leur service militaire et radie des cadres le duc d’Aumale.


Inquiets, les républicains modérés profitent d’une crise ministérielle pour l’écarter et le nomment à la tête du 13e corps à Clermont-Ferrand. Le 8 juillet 1887, plus de 50 000 personnes envahissent la gare de Lyon et tentent de s’opposer à son départ. Le général doit monter sur une locomotive haut le pied. Son départ ne fait que renforcer sa popularité. Tout Paris chante « Il reviendra Boulange, Boulange ! ». À un moment où la République est ébranlée par des scandales (affaire des décorations), Boulanger devient le chef d’une coalition hétéroclite qui rassemble des radicaux aigris, des nationalistes impatients de la « revanche », des bonapartistes et des orléanistes. Le boulangisme fait figure de syndicat des mécontents.


Le gouvernement commet alors l’erreur de mettre le général à la retraite d’office, ce qui le rend éligible. À l’occasion d’élections partielles, Boulanger est élu aussi bien par des ruraux (Dordogne) que par des ouvriers (Nord). Le 27 janvier 1889, il est enfin élu triomphalement à Paris. En dépit de l’ardeur de ses partisans, du soutien de la police et de l’armée, Boulanger renonce à marcher sur l’Élysée, convaincu qu’il n’est pas besoin de s’emparer illégalement d’un pouvoir que la France lui donnera unanimement six mois plus tard. Cette reculade entraîne la baisse du mouvement. La menace d’une arrestation pour cause de complot contre la sûreté de l’État amène le général à se réfugier à Bruxelles. La Haute Cour le condamne alors à la détention. En exil, Boulanger soigne sa maîtresse, Mme de Bonnemain, qui meurt de tuberculose. Désespéré, il se suicide sur sa tombe, à Ixelles, près de Bruxelles, le 30 septembre 1891.

http://www.historia.fr/content/evenements/article?id=29213

 

 

 

http://www.decitre.fr/images/genere-miniature.aspx?ndispo=/pi/petite-image-non-disponible.jpg&img=/pi/43/9782262015343TN.gif&wmax=70&hmax=108Document 1999 - Fossoyeur de la République pour les uns, honnête homme manipulé pour d'autres, Boulanger a déchaîné des torrents de haine ou d'admiration.


Aujourd'hui encore, dès qu'un tribun politique fait une percée, on évoque son nom. On pouvait tout dire puisqu'on ne le connaissait pas. Jean Garrigues a repris ce "dossier Boulanger" à zéro. Depuis les années de jeunesse, l'éducation militaire jusqu'aux premiers pas en politique. Il a repéré les influences, débusqué les patrons discrets - à gauche comme à droite - qui font d'un séduisant général une vedette nationale.


On y voit des bonapartistes fraterniser avec des communards, des femmes du monde démarcher leurs voisines pour les beaux yeux d'un érotomane distingué. Le tout baigne dans l'atmosphère empoisonnée de revanche militaire qui obsède le pays. Jean Garrigues a dénoué les fils de ces intrigues complexes où l'amour et la raison d'État se côtoient. Brossé par un jeune et brillant historien, voici, enfin, le portrait net du "Général Revanche".

Le général Boulanger

Jean Garrigues

Relié

Paru le : 08/04/1999

Éditeur : Perrin

 

L'auteur en quelques mots ...

 

Jean Garrigues enseigne l'histoire contemporaine à Nanterre et à Sciences-Po.


Il a notamment publié La République des affairistes.

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