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http://farm2.static.flickr.com/1117/1081905327_0b1f8d506e.jpg« Nomade j’étais, quand toute petite je rêvais en regardant les routes, nomade je resterais toute ma vie, amoureuse des horizons changeants, des lointains encore inexplorés. »

Né en 1877 à Genève, dans un milieu fermé qui l’étouffe, et qui favorisera son mysticisme, son attachement à l’Islam, sa solitude, son sentiment constant de décalage, son individualisme, sa liberté, Isabelle a vingt ans quand elle effectue son premier voyage à Böne, dans l’Est constantinois. Elle y rédige la première version de Yasmina. Deux ans plus tard elle quitte Tunis pour un court voyage au Sahara. C’est le début d’un attachement indéfectible à une région, à ses hommes et ses femmes, à une culture.

C’est aussi à cette époque qu’elle prend l’habitude de s’habiller en homme, et de signer Si Mahmoud Saadi. « Je suis seul, et je rêve. » Outre le fait que cette tenue lui permet sans doute dans certaines occasions de circuler plus facilement, elle correspond aussi à une sorte de dédoublement de la personnalité. Ce qui ne fait qu’ajouter à la complexité : Isabelle est un cœur généreux débordant de tendresse qu’il faut savoir découvrir derrière le masque du cynique et du débauché arboré pour la galerie. Débauches, beuveries, mais aussi générosité, compassion pour ses semblables.

En 1900, un an après sa rencontre décisive avec El Oued, Isabelle y revient, rencontre Slimène, l’homme de sa vie, et s’y installe. L’amour et le désert. Et l’ailleurs. « Moi, à qui le paisible bonheur dans une ville d’Europe ne suffira jamais, j’ai conçu le projet hardi, pour moi réalisable, de m’établir au désert et d’y chercher à la fois la paix et les aventures, choses conciliables avec mon étrange nature. » Un moment chassée de son paradis, elle y reviendra en 1901, après avoir obtenu la nationalité française en épousant Slimène. En 1903 elle croisera Lyautey, un moment apôtre d’une colonisation « différente ». Un an plus tard, le 25 octobre 1904, elle trouve la mort lors d’une crue dans un oued de l’Afrique qu’elle aimait. « J’irai solitaire jusqu’à la mort. »

Vie d’aventure, mais également vie de littérature. «Il n’y a qu’une chose qui puisse m’aider à passer les quelques années de vie terrestre qui me sont destinées : c’est le travail littéraire, cette vie factice qui a son charme et qui a cet énorme avantage de laisser presque entièrement le champ libre à notre volonté.» Isabelle a beaucoup écrit, dans un style particulier : sobriété, concision, précision. Ses textes (journaux, nouvelles) donnent des descriptions précises de la vie du désert, parfois à peine romancées, à partir de choses vues au cours d’une existence brève mais exaltante, et grâce à une compréhension intime de cette culture qui ne qui était pas proche a priori.

« Dehors, tout se tait, tout rêve et tout repose, dans la clarté froide de la lune. »

Lettre et journaliers, présentation et commentaires par Aglal Errera, Actes Sud 1987, repris en J’ai Lu.

« Je ne suis qu'une originale, une rêveuse qui veut vivre loin du monde, vivre de la vie libre et nomade, pour essayer ensuite de dire ce qu'elle a vu et peut-être de communiquer à quelques uns le frisson mélancolique et charmé qu'elle ressent en face des splendeurs tristes du Sahara. » - Isabelle EBERHARDT

http://www.ecrivains-voyageurs.net/lectures/lectures52.htm




http://www.decitre.fr/gi/30/9782842774530FS.gifFille d'aristocrates russes exilés, née en Suisse en 1877, Isabelle Eberhardt découvre à vingt ans le désert : " Tout d'abord El-Oued me fut une révélation de beauté visuelle et de mystère profond, la prise de possession de mon être errant et inquiet, par un aspect de la terre que je n'avais pas soupçonné ".


Sept ans plus tard, en 1904, elle meurt à Ain-Sefra, en Algérie, noyée dans une crue en plein désert.


Durant sa courte vie, cette femme de lettres, souvent vêtue en homme, mène une vie aventureuse en Algérie et au Sahara, épouse un autochtone, se convertit à l'Islam, et devient journaliste à la Dépêche algérienne et à l'Akhbar. Ses récits qui parurent tous après sa mort montrent sa fascination totale pour le désert.


Grâce aux photographies anciennes qui font revivre ces lieux magiques au tout début du XXe siècle et aux splendides photos de Jean-Luc Manaud qui montrent un désert intemporel, nous suivons les traces d'Isabelle Eberhardt de Marseille où elle embarque en 1897 et cheminons avec elle en Tunisie, en Algérie, dans les ksour, les palmeraies, les mosquées et dans le désert, celui dont elle a rêvé, celui sur lequel elle a écrit pendant sa courte vie.

Isabelle Eberhardt ou le rêve du désert

Catherine Sauvat , Jean-Luc Manaud

Paru le : 07/01/2004

Collection : les promenades


L'auteur en quelques mots ...


Catherine Sauvat est journaliste et écrivain.


Elle collabore notamment à Marie-Claire Maison et Maisons Côté Est. Elle est l'auteur d'une biographie sur Robert Walser (Pion, 1989), traduite en allemand chez Suhrkamp (1995) et reéditée aux Éditions du Rocher (2002). Sur ce même écrivain, elle est aussi co-auteur d'un documentaire réalisé en 1996 avec le cinéaste Pierre Beuchot pour la série télévisée " Un Siècle d'écrivains "

(France 3). Elle a traduit, annoté et préfacé deux recueils bilingues au Livre de Poche Chroniques viennoises (1991) et Chroniques berlinoises (1992).


Elle a déjà publié aux Éditions du Chêne, Villes d'eaux en Europe (1999), Stefan Zweig et Vienne (2000) et Lumières du nord, de Bruges à Amsterdam dans la collection " Impressions de peintres " (2003).


Jean-Luc Manaud est enfant du désert. Né en 1948 dans le Sud tunisien ou il a vécu jusqu'a l'âge de 14 ans, le Sahara est pour lui une sorte de langue maternelle. Photo-reporter depuis 1977, il a couvert de nombreux conflits à travers le monde.


Il parcourt depuis vingt ans tous les paysages du Sahara, du Ténéré à la Mauritanie. Son travail est régulièrement exposé et publié dans les plus grands magazines en France et à l'étranger (Géo, Figaro Magazine, VSD, etc). II a déjà publié Le Désert nu, un marcheur au Sahara (2000), Le Fleuve des Sables (2001), Lumières de désert (2002) et Instants du désert (2003) aux Éditions du Chêne.



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Les grandes aventurières ... destins de légende


http://www.decitre.fr/gi/52/9782352880752FS.gifDe tout temps, certaines femmes ne sont pas restées à la place où la société voulait bien les cantonner, menant des vies hors du commun.


Des femmes de conviction qui sont entrées dans l'histoire, chacune à leur manière, par un exploit sportif, une conquête de l'inutile, une prouesse scientifique, une performance artistique ou une aventure politique. Voici le portrait très vivant de dix-sept grandes aventurières qui, d'hier à aujourd'hui, ont marqué leur époque. Certaines sont passées à la postérité, d'autres sont un peu moins connues, mais toutes ont un point commun : avoir contribué à faire évoluer l'image de la femme et la condition féminine.

Les grandes aventurières

Frédérique Chevalier

Broché

Paru le : 06/06/2007

Editeur : City



L'auteur en quelques mots ...


Frédérique Chevalier est journaliste et a déjà publié La Grande Histoire de la France et des Français (City, 2005).


Elle est également historienne de formation et passionnée par l'histoire des femmes.


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