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http://tbch.hautetfort.com/media/02/01/1447746017.gif19 juin 1940, 0h15 : les élèves aspirants de réserve de la 12e Brigade de Cavalerie scrutent la rive nord de la Loire.

 

Au-delà du pont Napoléon qui commande le centre de Saumur, ils distinguent des masses sombres s'avançant dans un grondement métallique. Au canon de 25, le jeune Paulin Houbé choisit une cible. Derrière lui, le lieutenant Gérard de Buffévent lance : " Feu ! " Houbé tire. A deux cents mètres, le premier blindé allemand flambe sous la lune. L'avant-garde de la Ire Kavallerie Division se heurte à la première résistance sérieuse depuis le 10 mai.


Les cadets de Saumur entrent ainsi dans la légende. L'île de Gennes, la ferme d'Aunis, le pont de Montsoreau, Bressuire vont marquer jusqu'au 22 juin ces combats menés par 550 élèves aspirants de la prestigieuse école de cavalerie, leurs camarades du Train, de Saint-Maixent, et par des éléments dispersés, dragons, tirailleurs, enfants de troupe. En tout, 2 200 hommes mal armés mais enthousiastes, résolus au sacrifice pour racheter la fuite et la défaite de tant d'autres, pour défendre un front de 40 kilomètres face à deux divisions allemandes.

 

A ces combattants imberbes qu'ils surnommèrent eux-mêmes " Kadetten ", les cavaliers allemands, soldats de tradition, rendirent les honneurs et la liberté en hommage à leur courage.

Les cadets de Saumur - Juin 1940

Patrick de Gmeline

Broché

Paru le : 06/05/2010

Éditeur : Presses de la Cité

Collection : document

 

 L'auteur en quelques mots ...

 

 Avec une trentaine d'ouvrages et huit prix littéraires dont deux décernés par l'Académie française, Patrick de Gmeline est reconnu comme l'un des principaux historiens militaires français.


Il vient de publier un passionnant document sur l'Afghanistan : Se battre pour l'Afghanistan. Soldats de montagne contre les talibans.

 

 

 

http://www.laprocure.com/cache/couvertures/9782843783814.jpgPour le 70e anniversaire des combats de Saumur, un album qui rend hommage à la résistance des élèves officiers de cavalerie face à l'armée allemande en juin 1940.

Juin 1940. L'armée française cède sous la pression de la Wehrmacht...

Les élèves-officiers de l'Ecole de Cavalerie de Saumur encadrés par leurs instructeurs, réagissent et bloquent sur la Loire deux divisions allemandes durant trois jours. Premiers « résistants » de la Seconde Guerre mondiale, aidés par les élèves-officiers d'infanterie de Saint-Maixent, les hommes du 1er Groupe Franc motorisé et d'un régiment de tirailleurs algériens... ils défendent, à 2 500 contre 40 000 ennemis, un front de 30 kilomètres de Gennes à Montsoreau. Leurs adversaires, admiratifs, leur donnent le surnom de « Kadetten », devenus « Cadets », et le général Feldt leur accorde la liberté avec les honneurs militaires.

Avec les cadets de Saumur
Gmeline, Patrick de - Berteloot, Guillaume
scénario Patrick de Gmeline
illustrations Guillaume Berteloot
Triomphe , Paris
Parution :  juin 2010



http://photo.parismatch.com/people-match/livre/actu/j-ai-vu-mourir-les-cadets-de-saumur.-par-jean-ferniot.-67756/400814-1-fre-FR/J-ai-vu-mourir-les-cadets-de-Saumur.-Par-Jean-Ferniot1_articlephoto.jpgLe 17 juin 1940, le maréchal Pétain avait donné l’ordre à la radio de cesser le combat. Durant trois jours, 2 200 soldats français, dont les 790 cadets de Saumur, ont alors tenu en échec trois divisions allemandes. Sans soutien aérien et sans espoir, mais pas sans panache.

Pascal Meynadier - Parismatch.com

D’abord, un ronflement. Une rumeur dans le ciel angevin. Quarante mille soldats de la Wehrmacht en marche, appuyés par 150 blindés et 300 pièces d’artillerie, ça s’entendait de loin et pendant longtemps. J’avais 23 ans et voilà trois jours que je les attendais dans mon trou sur la rive gauche de la Loire, avec un mousqueton hors d’âge et un fusil-mitrailleur Saint-Etienne modèle 1915. Nous en avions à peine un pour trente. Dans mon dos, une falaise de calcaire dans laquelle se cachaient les meilleures caves de gros négociants en vin d’Anjou. On avait débouché quelques flacons en attendant l’ennemi ! Et puis, d’un coup, dans la soirée du 18 juin, tous les ponts sur la Loire ont sauté dans un orage de feu. Quinze jours auparavant, j’avais été chargé d’y régler la circulation. J’y avais vu des officiers massés dans les voitures qui filaient vers le Sud. Ils étaient là dans leurs uniformes, serrés les uns contre les autres, sans leurs hommes. Triste spectacle pour un jeune homme comme moi, patriote et futur officier. J’avais pris position avec ma brigade à l’est de Saumur, au lieu-dit Le Petit-Puy. Nous y étions arrivés en autocar... sous les pierres et les huées des habitants qui voulaient déclarer Saumur ville ouverte. Le maire de la ville avait imploré le colonel Michon, le commandant de l’école de cavalerie, d’éviter un bain de sang. Paris avait bien ouvert ses portes aux Allemands. Et d’ailleurs, le maréchal Pétain avait donné l’ordre à la radio de cesser le combat. Le colonel était resté inflexible : pas question de capitulation. Saumur sera défendu. C’était un officier de la guerre 14-18, très collet monté, un peu comme les aspirants cavaliers à képi bleu ciel et à particule de l’école de cavalerie que nous côtoyions, nous les trainglots, les soldats du train hippomobile, qui conduisions les chariots comme en 1870. Le colonel Michon nous avait réunis pour déclarer sur un ton très sec : « Messieurs, la situation est désespérée. Nous devons à l’honneur de la cavalerie de défendre les postes de Saumur, même si cela ne doit servir à rien. Ce qu’ont fait les cadets de l’Alcazar de Tolède, ceux de Saumur peuvent aussi le faire. » Des gamins mal armés pour tenir un front de 40 kilomètres face à trois divisions allemandes, c’était bien évidemment complètement fou mais pas sans panache. Sur le plan stratégique, cela n’avait aucun sens. Nous le savions, mais il fallait sauver l’honneur de l’armée française. A l’aube du 20 juin, réveillé en sursaut, je vois les branches et les feuilles voler. Des barges de l’armée allemande tentent d’accoster à 50 mètres de nous. Je saisis mon fusil-mitrailleur. Au bout de trois coups, il s’enraye. Débordé par les tirs des allemands, je décroche en même temps que mon camarade Courtois qui s’écroule sur ma droite, touché à mort par un tir. Je suis seul, je n’ai plus de cartouches. Les soldats allemands arrosent méthodiquement la berge. C’est fini, je vais prendre une rafale dans le ventre. Protégé par les feuillages, je me retourne, vise et tire sur un gamin de mon âge, debout l’arme à la main, sur une barge de débarquement blindée. Il s’affale dans l’eau. Je profite du répit pour courir comme un fou. J’ai 20 kilos sur le dos. Je n’en peux plus. Je porte mon manteau de cavalerie, une musette, deux cartouchières, un masque à gaz, mon casque et le mousqueton. Je lâche le fusil-mitrailleur pendant ma course. J’escalade quatre à quatre la falaise comme je peux, en suivant un chemin escarpé. Derrière moi, j’entends quelques-uns de mes camarades pris au piège, acculés à la falaise, sans munitions. Il est 9 heures du matin, la brigade Noirtin est complètement submergée, perdue pour le combat. Je suis sauf, en nage, au milieu des vignes. Debout sur un side-car, mon lieutenant, resté en arrière, me fait signe. Malgré la gravité de la situation, il rit : « Écoutez, mon pauvre vieux, il faut que je vous prenne en photo, ça vous fera un souvenir. » J’ai obéi comme un pantin. Puis je suis monté dans le panier, direction Montauban. Là-bas, un colonel m’attendait pour me décorer de la Croix de guerre pour avoir montré de magnifiques qualités de courage et de décision.

 

Jean Ferniot, 89 ans, a été la grande voix de R.t.l. après avoir été rédacteur en chef du « France Soir » de la grande époque. Romancier et essayiste, l’écrivain dévoile au soir de sa vie, dans « Vivre avec ou sans Dieu », qui vient de paraître aux éditions Grasset, la passionnante et érudite partie de cache-cache qu’il a entamée avec Dieu depuis son enfance. Point final

people-match | Jeudi 19 Juillet 2007

J’ai vu mourir les cadets de Saumur. Par Jean Ferniot.

http://www.parismatch.com/People-Match/Livre/Actu/J-ai-vu-mourir-les-cadets-de-Saumur.-Par-Jean-Ferniot.-67756/

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