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L'abbé Picaud fut aumônier, pendant 20 ans, au bagne de Ré - Beauvoir-sur-Mer

mardi 27 décembre 2011

 


Gervais Jousseaume rend hommage à l'abbé Jean Picaud, dernier aumônier au bagne de Saint-Martin-en-Ré, un homme « au caractère bien trempé mais qui avait un coeur gros comme ça ».

 

 

Ostréiculteur à la retraite depuis 1991, Gervais Jousseaume en est à son cinquième livre. De romancier chroniqueur, il devient ici témoin. « J'avais dix ans lorsque l'abbé Jean-Marie Picaud est venu en retraite à Bouin où je vivais avec ma famille. »


Originaire de Noirmoutier où son père, marié avec une native de Bouin, était douanier, Jean-Marie Picaud est né le 20 octobre 1889. Avant de partir à la Grande Guerre en 1915, il fréquenta le Petit séminaire de Chavagnes-en-Paillers puis le Grand séminaire de La Rochelle, de 1918 à 1922, où il est ordonné prêtre le 23 décembre et nommé professeur le même jour.

 

Il sera ensuite curé doyen de Saint-Martin-en-Ré puis aumônier du bagne 20 ans durant, du 6 octobre 1928 au 2 décembre 1948, date où il se retira à Bouin dans la petite maison qu'il avait fait aménager pendant la Seconde Guerre mondiale. « Dès son arrivée à Bouin, cette petite maison ne désemplissait pas du matin au soir. C'étaient nous, les gosses, raconte Gervais Jousseaume, qui y passions des journées entières lorsque nous n'allions pas à l'école. »


Aumonier et conférencier

 

Un autre aspect de l'abbé en retraite est les contacts qu'il avait gardés. « Il eut à gérer le comportement d'un millier de prisonniers politiques, juifs, partisans, gaullistes... Tous ceux qui n'étaient pas en odeur de sainteté avec le régime de Pétain. Et ceux qui ne l'étaient pas plus après 1945 avec le nouveau régime. » Les relations créées alors avec de nombreux capitaines d'industrie, patrons d'entreprises et hauts-fonctionnaires lui permirent « de faire embaucher, dans les années 1949-1950 un sacré tas de petits gars en quête d'un travail. »

 

L'auteur termine son témoignage par le texte intégral de l'une des conférences que fit l'abbé le 13 janvier 1953. « Il lui arrivait de faire une conférence de temps à autre, dans la région parisienne ou dans le nord de la France, à la demande d'un ancien bagnard. Pendant ces quelques jours, il me laissait parfois son chien en garde. » Le bon abbé Picaud devait disparaître le 24 mars 1955.

 

Ses mémoires de guerre, sur un cahier d'écolier, relatent les mois dans « le triangle de la mort » entre la Marne, l'Argonne et Verdun puis le camp de prisonniers près d'Heldelberg. « Il nous laissait visionner les 280 photos sur plaques de verre relatant des événements de la Grande Guerre, qu'il avait trouvées chez un antiquaire à Nantes. »


Gervais Jousseaume, avec l'accord des héritiers, les publie dans cet ouvrage, avec de nombreux commentaires, fruits de ses recherches et de son expérience d'ancien canonnier sur le Jean-Bart, « pour rendre hommage à cette personnalité qu'avait été Jean Picaud. »

 

Mais l'abbé Picaud était aussi un artiste. « Ses connaissances sur le monde des arts étaient immenses et bien loin d'être celles d'un simple autodidacte... Et nous, les gamins, nous étions heureux de l'accompagner le jour où il décidait d'aller poser son chevalet au beau milieu du marais. »


Jean Picaud, de Gervais Joussaumre, Durand-Peyrolles Éditions, 187 pages, 19 €.

 

 

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