Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

http://www.editionsdurocher.fr/book_images/frachon-abecedairecrime5.jpgLes présentations des éditeurs : 27/05/2011- « Bon Dieu mais c'est bien sûr ! » Le coupable est enfin trouvé... L'avocat se confronte alors à l'accusé, l'assassin à l'innocent, le mobile à l'alibi, le Quai des Orfèvres à la zonzon, maintenant que la Veuve a été définitivement abandonnée... « J'accuse » résonne dans la cour des miracles où gît le surin... Madame préférerait l'arsenic ?

Du fait divers au film policier, le crime fascine, son univers tout autant. Dans ce panthéon de la perversion où se mêlent les individus les plus effrayants aux personnages fictifs les plus futés, Matthieu Frachon nous plonge dans l'univers du crime avec une facilité déconcertante. On se laisse conter l'histoire des plus célèbres criminels, bandits, gangsters, de Landru à Patrick Henry en passant par Pierrot Le Fou et Violette Nozières ou encore Ted Bundy et Mesrine. Le crime est décortiqué, la scène passée au peigne fin, les légendes démontées.

Cette petite encyclopédie nous ouvre une soixante d'entrées illustrées d'un grand nombre de documents, souvent inédits, provenant de collections privées et des archives de la Préfecture de Police.

Ancien Grand Reporter à France Soir, responsable de France Soir Historique (magazine mensuel comportant un fac-similé consacré à un événement historique),
Matthieu Frachon est passionné d'histoire et spécialiste des questions policières. II est membre de la Société d'Histoire de la Police Nationale.

 

  • Les courts extraits de livres : 27/05/2011

 

ACCUSÉ - Souvent suivi de « Levez-vous ! » et précédé de « faites entrer », ce terme est typiquement judiciaire, le terme d'accusé a fait également les beaux jours des romans policiers lorsque Hercule Poirot, d'un doigt forcément accusateur, assénait : « Monsieur Bloomington-Brown, je vous accuse du meurtre de Madame Mushroom-Smith ! » 


Mais le plus célèbre accusateur reste Zola et son fameux « J'accuse », défendant le capitaine Dreyfus condamné pour le crime d'espionnage. Dans une tribune parue dans L'Aurore, il fustige l'antisémitisme, les errements de l'enquête, l'erreur judiciaire et l'instruction à charge.

 

Dans la presse, lors de cet exercice délicat qu'est la chronique judiciaire, l'accusé est «le visage du crime» (compte rendu du procès Petiot), «un être torve, au regard fuyant» (procès Weidman), «étrangement absent» (procès Pétain], «arrogant et plein d'esprit» (procès Landru). Mais nul article n'égalera jamais ceux donnés par Joseph Kessel lorsqu'il suit le procès de Nuremberg et décrit les criminels nazis :


« Il y a un an, Ribbentrop jouait encore au souverain dans les capitales occupées. Aujourd'hui, il est hagard, les yeux vides, ses cheveux gris en désordre. Son défenseur apprend au tribunal que depuis quatre mois, il ne dort qu'avec des doses massives de bromure. (...) Il y a un an, Keitel dirigeait des millions d'hommes en armes accrochés au territoire de France, d'Italie, de Pologne, de Belgique et de Hollande : sans étoiles, sans décoration. Il claque des talons comme un de ces sous-officiers, âgés, usés, râpés, qui traînaient dans nos villes occupées. (...) Et tous les autres, les Rosenberg, Frank, Von Neurath, Seyss-lnquart, vice-roi et bourreau de l'Ukraine et de la Pologne, de la Hollande, et Sauckel, le racoleur d'esclaves du travail. Ils sont là aussi, serrés les uns contre les autres, tous aussi insignifiants ou vulgaires ou médiocres. [...] Oui... les voici, les anciens maîtres insolents et impitoyables, les faux demi-dieux. Les voici, tirés de leurs cellules, conduits jusqu'à leur banc pour la deuxième semaine de leur procès. Ils ne sont plus que des accusés déjà plies à l'inflexible ordonnance des débats, déjà rodés aux servitudes de leur chute» [France Soir du 2 novembre 1945).


D'autres manifestent leur personnalité jusqu'au bout, comme ne témoigne cette réflexion de Henri-Désiré Landru, tueur de femmes de son état, face au procureur réclamant le châtiment suprême avec insistance : « Vous parlez toujours de ma tête, Monsieur l'avocat général. Je regrette de n'en avoir pas plusieurs à vous offrir ! »

 

L'abécédaire insolite du crime

Auteur : Matthieu Frachon

Date de saisie : 01/12/2010

Genre : Documents Essais d'actualité

Éditeur : Rocher, Monaco, France

Collection : Documents

Commenter cet article