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http://www.laprocure.com/cache/couvertures/9782877067737.jpgDocument  28/09/2011 - Ce livre raconte pour la première fois l'extraordinaire histoire de Sergueï Degaev, terroriste politique dans la Russie tsariste, qui en 1883 disparut après avoir participé à l'assassinat du chef de la Sécurité. Ceux qui en 1905 connaissaient et admiraient Alexander Pell, tranquille professeur de mathématiques à l'Université du Dakota du Sud, n'auraient jamais deviné qu'il était en réalité le révolutionnaire Degaev.

« Une histoire stupéfiante, à mi-chemin entre Dostoïevski et Conrad... Remarquable .»


Michael J. Ybarra, Wall Street Journal

« L'un des plus brillants historiens de la Russie... nous livre à la fois un thriller vécu et un récit édifiant sur les profondeurs de l'âme humaine. »


David Pryce-Jones, Commentary

« Passionnant, brillamment documenté... fascinante démonstration de savantes investigations.»


Raymond Carr, Spectator

« Une brillante histoire à la fois de trahison, de tromperie, de terreur dans les secrets de la Russie impériale et de respectabilité au sein des universités américaines. »
Simon Sebag Montefiore, Financial Times

« Fascinant. »
Orlando Figes, New York Review of Books

Robert Pipes est professeur émérite d'histoire à l'Université de Harvard. Considéré comme le meilleur connaisseur de la révolution russe, il est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages.


  • Les courts extraits de livres : 28/09/2011

 

ALEXANDER PELL - Le Dakota a pris naissance en 1861. Il s'étend sur une vaste région de 465 000 km2 - superficie égale à celle de la France et de l'Allemagne réunies - mais à l'époque de sa formation il comptait à peine trois mille colons blancs, dont la majorité était concentrée dans son coin sud, près du Missouri. L'année suivante, le corps législatif vota la création d'une université du Dakota du Sud à Vermillion, petite ville de cette enclave, mais on ne réussit pas à trouver l'argent nécessaire. Cependant, dans les années qui suivirent, avec l'arrivée de centaines de milliers de colons, la population du territoire explosa. Vingt-cinq ans plus tard elle avait atteint un demi-million et un meilleur enseignement était devenu d'une urgente nécessité. Des bons de participation furent mis en circulation afin de se procurer de quoi payer la construction de bâtiments et les salaires des enseignants.


L'université eut des débuts difficiles. Son premier président, le révérend Ephraïm M. Epstein - il figure dans l'annuaire de l'école comme «né en Allemagne d'une vieille famille juive qui prétend descendre de Moïse» -, se trouva confronté à des candidats qui n'avaient pas le niveau requis2. Après examen, il décida de n'en admettre aucun qui n'aurait pas terminé l'école primaire. Pour un salaire annuel de 700 dollars, versé par les habitants de Vermillion, il se chargea lui-même de la plupart des classes, conjuguant ses fonctions d'enseignant et de prêcheur dans l'église baptiste locale. Apparemment, ces fonctions n'étaient pas pour lui plaire car, un an après, il les abandonna pour pratiquer la médecine.


Après trois années - et trois présidents - l'université comptait trois cents élèves, dont quarante seulement eurent accès à l'enseignement supérieur ; les autres suivirent des cours préparatoires qui, au bout de trois ans, leur assuraient l'équivalent du lycée. Le quatrième président, spécialiste de grec, Edward Oison, d'origine norvégienne qui, de la faculté de Chicago, arriva dans le Dakota du Sud en 1887, trouva le corps enseignant à tel point au-dessous du niveau acceptable qu'il se sentit obligé d'en remercier une grande partie. Cependant, bien que la majorité de ses élèves suivît toujours les cours préparatoires, n'accédant jamais à l'enseignement supérieur, l'université continua à se développer.


En 1897, son conseil d'administration décida qu'il lui fallait un professeur de mathématiques ; ils s'adressèrent au professeur Lorrain S. Hulburt, de Johns Hopkins, qui leur répondit à peu près comme suit : «Oui, j'ai un mathématicien pour vous. Il pourrait avoir un bon poste n'importe où à l'Est, n'était l'accent russe avec lequel il parle. En tant que mathématicien, il est hors classe et il acceptera tout de suite le poste de directeur de votre section de mathématiques.» La réponse de Vermillion fut celle-ci : « Envoyez-nous votre mathématicien russe, accent et tout avec ».

 

L'affaire Degaev

Auteur : Richard Pipes

Traducteur : Janine Levy

Date de saisie : 28/09/2011

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Ed. de Fallois, Paris, France

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