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http://www.fipa.tm.fr/programmes/2007/photos/15936.jpgC’est l’extraordinaire histoire d’un petit garçon de douze ans, sourd et muet, Guillaume dans le film, Joseph dans la réalité, qui est découvert enfermé dans un asile car considéré comme fou, par l’abbé de l’Epée. Nous sommes au milieu du XVIIIe siècle. Grâce à sa persévérance, l’abbé réussit à apprivoiser l’enfant et à communiquer avec lui grâce à un langage des signes qu’il a mis au point. Le téléfilm relate ces expériences, les progrès de l’enfant et le procès retentissant qui oppose la mère à son fils. Rappelons qu’en 1790, un an après la mort de l’abbé de l’Epée, fondateur d’une école pour les sourds, la Révolution française le décrète « bienfaiteur de l’humanité ». Une bonne raison de découvrir à travers ces images la vie de ce personnage trop méconnu.

http://www.historia.fr/content/television/article?id=27334

france2
15h10 – 16h50

L'enfant du secret

Type : Téléfilm

SAMEDI 2 JANVIER 2009

« L’ENFANT DU SECRET »

Scénario de

Patrick LAURENT, Alicia ALONSO & Serge MEYNARD


http://www.yanous.com/canal/img/Enfant-du-secret.jpg

Eté 1773. Alors qu’au château, on fête l’anniversaire de la petite Justine, fille de Madame de Solar, un enfant produisant des cris étranges, à la grande honte de sa mère, fait irruption au milieu des convives. C’est Guillaume de Solar, sourd-muet que sa mère, Madame de Solar, cache dans une masure au fond de la forêt.

Retrouvé quelques jours plus tard, abandonné en pleine campagne, il est recueilli par L’Abbé de l’Epée qui le baptise « Joseph » et qui va lui enseigner le langage des signes qu’il est le premier à avoir conçu comme une vraie langue.

C’est le début d’une douloureuse et fascinante aventure.

Car dès lors, l’Abbé, épaulé par sa sœur, ne va plus avoir qu’une seule obsession : parvenir à communiquer avec lui et connaître son secret. Puis, face à un si cruel destin, il prend la décision d’en appeler à la Justice, de faire retrouver sa famille, de faire punir ceux qui se sont rendu coupables d’enlèvement et d’abandon d’enfant, afin de restaurer Joseph dans ses droits et de lui restituer sa véritable identité.

Madame de Solar sera vite retrouvée. Mais en présence de l’enfant, elle nie, prétend que son fils « Guillaume » est mort et que celui-ci est un imposteur. C’est sur le banc des accusés qu’elle découvrira avec effroi qu’il s’exprime, qu’il est intelligent, qu’il est un être humain. Cette réalité si bouleversante la stupéfie. Soudain, alors que le procès tourne en sa faveur, contre toute attente, elle avoue. Mais il est trop tard, le mal est fait « Joseph Guillaume » a lu sur les lèvres de sa mère son refus à le reconnaître, il ne veut plus de cette mère qui l’a nié.

Désormais Madame de Solar avec l’aide de l’Abbé, fera tout pour récupérer son fils. Un fils qui a décidé de s’engager dans l’armée du « roy ».

Il sera long le chemin. De la rédemption. Du pardon. De l’amour.

http://pagesperso-orange.fr/ph.bourdais/page45/page45.html


http://a21.idata.over-blog.com/216x276/2/50/07/04/autres-photos-2/Abb--Charles-Michel-de-l--p-e.jpgL'abbé Charles Michel de l'Épée (1712-1789) , qui était avocat au Parlement de Paris, s'était dévoué pour les pauvres et les indigents. Il dispensait à l'occasion des enseignements à des étudiants entendants. Il advint qu'une rencontre fortuite changea le cours de sa destinée, lorsqu'en 1760 il fut mis en présence de sours jumelles sourdes et muettes. Leur précepteur, le Père Vanin venait de décéder fin 1759. Jacob Rodrigues Péreire, précepteur oraliste d'enfants sourds, ayant acquis une notoriété à la cour du roi, n'enseignait alors qu'à quelques sourds et sourdes privilégiés par leur rang social ou le soutien protecteur de quelques nobles en charges. L'abbé de l'Epée venait de découvrir deux nouvelles élèves, pour lesquelles les voies traditionnelles de l'enseignement restaient lettre morte. Sa philosophie augustinienne l'autorisait à voir dans les gestes de ses deux protégées des signes représentant directement les idées. Il imagina donc une langue de signes gestuels naturels, ordonnés selon la syntaxe française, cette syntaxe étant aperçue comme la représentation de la logique universelle humaine.

L'abbé de l'Epée comprit les enjeux de la langue gestuelle. Le projet de l'abbé de l'Epée portait bien au-delà de la Classe qu'il ouvrit dans la maison familial, au 14 rue des Moulins, butte Saint-Roch, prés du Louvre à Paris ; ayant réunit les enfants sourds de plusieurs pensions de son quartier il conçut de développer une langue gestuelle universelle que les entendants de toutes les nations pourraient apprendre dans des Collèges.

Par l'instruction dispensée, l'abbé de l'Epée rendait ses élèves sourds de tout âge non seulement à la citoyenneté, mais les intégrait encore à un projet de paix : les gestes avaient la faculté de traverser des frontières que les langues orales franchissent difficilement. À son décès, l'abbé de l'Epée instruisait près d'une centaine d'élèves.

La reconnaissance des sourds envers leur maître reste indissociable de leur histoire associative : en créant une école publique, ouverte à toutes les classes sociales, et gratuite, l'abbé de l'Epée réunissait une population abandonnée jusqu'alors ; celle-ci sut se constituer des modèles, avec leurs propres maîtres sourds. Les silencieux prirent en charge la défense de leurs droits à la citoyenneté, et de leurs intérêts les plus légitimes : Controverses et disputes furent pour l'abbé de l'Epée des sujets de réflexion : devait-on préférer la dactylologie, l'alphabet manuel espagnol, aux signes gestuels, pour permettre une meilleure appropriation de la langue française ? Péreire était un Dactylologiste avisé ; il avait conçu un alphabet phonétique plus expéditif que l'alphabet manuel figurant les lettres traditionnelles : deux représentations visuelles de la langue française s'affrontaient donc en France, au cours de la dernière génération du XVIIIe siècle ; l'une représentait les idées par des signes, et l'autre ne figurait manuellement que la forme des mots par l'épellation alphabétique. Ainsi commençait la querelle des Dactylologistes : l'abbé de l'Epée leur opposait une représentation des entités spirituelles, préférable à la simple restitution d'une enveloppe vide de sens.

L'abbé de l'Epée soutenait l'importance des gestes pour l'essor de l'intelligence et l'existence d'une mémoire visuelle suppléant la mémoire auditive. Son action prouva l'éducabilité des sourds dans différents domaines, car ses traités pédagogiques, publiés anonymement en 1776 et 1783, abordaient déjà la lecture sur les lèvres et l'apprentissage de l'articulation chez le petit enfant sourd. Il mettait en garde contre les préjugés tenaces qui assuraient l'indigence des signes gestuels, et la supériorité de la parole comme unique moyen d'enseignement des sourds.

Il invitait d'ailleurs tout instituteur à perfectionner la voie qu'il ouvrit. Il forma de nombreux maîtres qui portèrent sa méthode en Espagne, en Autriche, en Italie, en Hollande 4 ... Sa langue universelle se constituait de signes naturels assujettis à des signes de son invention, Elle fut pratiquée dans de nombreux pays jusqu'en 1830. Mais n'oublions pas que cette technique de visualisation gestuelle des langues orales connaît périodiquement de nouvelles versions, avec des anglais signés 7 divers et de nouvelles versions du français signé.

C'est le filleul de l'abbé Sicard, qui succédera à l'abbé de l'Épée.

http://www.visuf.org/lectHistEpee.php

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