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http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/8/7/7/0/9782877068178FS.gifDocument 02/03/2013 - Le 10 juillet 1873, dans un hôtel de Bruxelles, Paul Verlaine, complètement hors de lui et comme devenu fou, tire deux coups de revolver sur Arthur Rimbaud et le blesse au poignet gauche.


Pour Arthur Rimbaud, obligé de rester « à la disposition de la justice », commence alors une errance de dix jours dans la ville où il fait d'étonnantes rencontres et où, en particulier, il va voir l'imprimeur du seul et unique livre qu'il ait jamais publié, Une saison en enfer.


C'est cette errance à la fois mystérieuse, vertigineuse et magnifique, qui a changé destin d'Arthur Rimbaud, que raconte le présent roman.

Jean-Baptiste Baronian est l'auteur d'une cinquantaine de livres. Romancier, il est aussi auteur de contes, d'anthologies et d'études sur la littérature fantastique et sur Simenon. Il a déjà consacré une biographie à Rimbaud dans la collection «Folio» et est le maître d'oeuvre d'un Dictionnaire Rimbaud, à paraître dans la collection «Bouquins» des éditions Laffont.

Son dernier roman Dans les miroirs de Rosalie a été publié en 2011 aux Éditions de Fallois/L'Age d'Homme


  • Les courts extraits de livres : 02/03/2013

 

 

Le 18 juillet 1873 - Il venait à peine de sortir de l'hôpital Saint-Jean, rue du Pacheco, qu'il s'immobilisa soudain, ébloui par l'aveuglante lumière du soleil. D'instinct, il plissa les paupières. La lumière est irradiante, pensa-t-il, et en même temps, il se demanda pourquoi ce mot, ce mot si peu usité, lui traversait l'esprit.


Irradiante.


Est-ce que c'était là le bon adjectif ? Celui qui correspondait le mieux avec ce qu'il était en train de ressentir ?


Car, au vrai, il ressentait la lumière. Comme on ressent un état affectif. Comme lorsqu'on éprouve de l'attirance ou du dégoût pour quelque chose. Une réaction sentimentale. Le sentiment de la lumière. De la lumière pure. De la lumière nue. De la lumière qui irradie.


Il se dit qu'il devait noter ces impressions sur son carnet. Imaginer un poème où il en serait question.


De la main droite, il tâta le pansement qu'il avait à son avant-bras gauche et qu'une jeune infirmière timide lui avait appliqué à l'hôpital avec des petits gestes timorés. Elle l'a trop serré, se dit-il. Beaucoup trop. J'ai l'impression que mon poignet est pris dans un étau.


Il pivota sur ses talons, se dirigea vers le large boulevard du Jardin-Botanique qui était inondé de soleil et qu'il descendit en allongeant le pas, au milieu d'une foule très nombreuse. Après avoir parcouru une centaine de mètres, incommodé par la chaleur caniculaire, une chaleur qu'il n'avait pas du tout connue les deux autres fois qu'il avait séjourné à Bruxelles, il obliqua rapidement dans la rue du Marais, en espérant y trouver de la fraîcheur et de l'ombre. Et moins de monde aussi.


Il changea de trottoir, courut s'abriter quelques instants au pied de la façade en pierre d'une belle maison de maître, sous le balcon ouvragé du premier étage.


Il avait mal au poignet. Il se demanda s'il ne devait pas retourner à l'hôpital Saint-Jean et réclamer un nouveau pansement. Mais à l'idée d'être obligé d'affronter la canicule et la lumière irradiante, il y renonça. En rasant les murs, il arriva au coin de la rue de la Blanchisserie.
Il hésita.

 

L'enfer d'une saison


Où aller ? Que faire ?


Sans réfléchir, il continua de marcher droit devant lui, en veillant bien à rester dans la pénombre, et finit par déboucher rue du Fossé-aux-Loups.


Tout à coup, il se rappela qu'il y a environ trois ans, il était déjà venu dans cette même rue et qu'il avait logé alors deux ou trois jours chez un ami de Georges Izambard, son professeur de rhétorique au collège de Charleville : Paul Durand. Lequel, il s'en souvenait parfaitement, lui avait acheté dans une luxueuse boutique de la rue d'Arenberg des vêtements tout neufs qui l'avaient presque fait ressembler à un dandy. Par contraste, ceux qu'il avait sur lui aujourd'hui étaient élimés, lustrés et crasseux. Et les énormes bottillons qu'il chaussait étaient sales et pleins de trous.


L'enfer d'une saison

Auteur : Jean-Baptiste Baronian

Date de saisie : 05/02/2013

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Ed. de Fallois, Paris, France

 

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/34/Jean_Morzadec_photographi%C3%A9_par_Oleksandra_Yaromova.jpg/220px-Jean_Morzadec_photographi%C3%A9_par_Oleksandra_Yaromova.jpgLechoixdeslibraires.com a été créé par Jean Morzadec et son équipe, afin de rendre hommage à la compétence des libraires, qui sont les ambassadeurs du livre.

De nombreux libraires ont ensuite demandé à ce que le site devienne le grand portail de l’actualité du livre.

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Jean Morzadec a travaillé plus de trente ans à France Inter, dont il fut directeur des programmes de 1999 à 2005, sous la présidence de Jean-Marie Cavada. Il se consacre aujourd’hui, avec passion, au développement de sites culturels dédiés particulièrement à l’amour des livres.

 

 

 

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