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Volonté de justice ou fureur de punir ? La répression des femmes déclarées coupables d’avoir collaboré avec l’ennemi pendant l’Occupation s’est exprimée sous deux formes : « sauvage » d’abord, légale ensuite.


 


« C’est fête ces jours - ci pour le badaud peuple de Périgueux. Et défilés ! Et fanfares ! On reprend le goût de sourire après avoir tant serré les poings et froncé le sourcil. Les Périgourdins furent bien ébaubis l’autre soir au passage d’un singulier cortège. Un être étrange, bizarrement humain, menait la danse. À force d’écarquiller les yeux, on reconnut des formes féminines et sous un crâne en boule d’ivoire marqué de peinture infamante, des yeux torves, une bouche baveuse : la hideur d’un déchet. C’est la femme aux bicots [1] ! ’ expliquaient les gosses au passage. Il n’y avait pas un regard de pitié pour elle ( … ) Et l’on pouvait songer aux défilés semblables qu’avaient vus les mêmes rues au Moyen - âge à une époque ardente et bonne enfant où l’on promenait les adultères nues, autour de la ville, juchées à rebours sur un âne. » Ces quelques lignes, relevées dans l’édition du 7 - 8 septembre 1944 des Voies nouvelles, campent assez bien le sujet. Le récit de cet événement, reproduit à l’envi tout au long des jours qui suivent la Libération, pose à la fois la question de la « justification » de l’Épuration et celle de la représentation de la « femme épurée ». Tant dans l’inconscient collectif que dans l’imagerie populaire, la femme tondue incarne le symbole de l’Épuration. Son crâne rasé révèle, au regard de tous, la matérialité du châtiment épuratoire. Quant à la nature des faits qui lui sont reprochés, ils dépassent largement le cadre de la « collaboration horizontale », à savoir l’inconduite sexuelle, réelle ou supposée, avec les Allemands ou leurs supplétifs. Précisons qu’il n’est pas question ici de réduire l’histoire de l’Épuration et des femmes en Dordogne aux tondues de Périgueux, de Bergerac et d’ailleurs. Le but de cette contribution n’est pas non plus d’entrer dans une logique de victimisation, ni d’engager une quelconque tentative de réhabilitation. Il s’agit simplement de procéder à la lecture d’un certain nombre de faits et de témoignages, analysés dans leur contexte, en vue de contribuer à éclairer une page obscure de notre histoire.



Les principaux lieux de détention des prisonniers frappés d’épuration se trouvent, pour la partie Nord du département, à Périgueux : caserne du 35e RAD (Régiment d’artillerie divisionnaire) et maison d’arrêt Beleyme ; pour la partie Sud, à Mauzac : camps pénitentiaires (Nord et Sud), situés à une trentaine de kilomètres à l’Est de Bergerac. Le 18 mai 1946, ces derniers enregistrent un pic de 1 740 détenus. Du 1er novembre 1940 au 2 mai 1945, le camp Nord a le statut de prison militaire, puis de centre pénitentiaire, après cette date. Du 22 octobre 1947 au 15 février 1951, le camp Sud fonctionne en tant que prison pour femmes. Aujourd’hui, c’est un centre de détention pour détenus en fin de peine ...

POUR LIRE LA SUITE DE CETTE CONTRIBUTION, vous pouvez commander ce numéro ou vous abonnez à la revue dans la rubrique kiosque. 


http://www.arkheia-revue.org/local/cache-vignettes/L100xH100/jpg_tronel2-89e73.jpgL’Épuration et les femmes en Dordogne (1944-1951)

http://www.arkheia-revue.org/L-Epuration-et-les-femmes-en.html?artsuite=1#gros_titre

Par Jacky Tronel

Auteur : Jacky Tronel chercheur associé au projet « Prison militaire du Cherche - Midi », à la Maison des Sciences de l’Homme, Paris. Membre du comité scientifique de la revue « Histoire pénitentiaire » et d’Arkheia.


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Les femmes tondues de Nîmes exposées à la populace.

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La terrible humiliation des femmes tondues-TARN :

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La répression des femmes coupables d'avoir collaboré pendant l'Occupation

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Fille de rien

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