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http://www.coulisses-tv.fr/images/stories/articles/fictions/france3/ete_des_lip03.jpgFrance 3 diffusera la veille du second tour de l'élection présidentielle un téléfilm sur la grève qui frappa l'usine de fabrique de montres bisontine en 1973, contre un plan de licenciement massif...

 

C’était hier... En 1973, l’usine Lip à Besançon fabrique des montres de précision à la réputation internationale. Mais le patron, Fred Lip, a accumulé des dettes colossales. Des actionnaires suisses se proposent de racheter l’usine. Leur plan consiste à conserver la marque, un atelier de montage à Besançon et le réseau commercial, en contrepartie du licenciement de 1300 salariés. Comme le déclare le directeur du personnel Duvivier, L’usine Lip, c’est fini. Alertés, les ouvriers se mettent en grève. Les fronts se forment. D’un côté, des ouvriers consciencieux, catholiques pratiquants, fiers d’être « des Lip » ; de l’autre, un patronat servi avec une belle conscience de classe par le préfet de la région Franche-Comté, Charles Schmitt, dépeint comme un technocrate arrogant et insensible.


Alors, sur fond d’Internationale, un système de commissions de travail s’organise sur le principe de l’autogestion. A Paris, on s’inquiète. Et si la gauche réussissait à faire de Lip une expérience d’autogestion réussie ? s’inquiète Jean Charbonnel, ministre du Développement industriel, soucieux de contenir la fureur du Premier Ministre Pierre Messmer.


Plans de restructuration, actionnaires, repreneurs, grève, AG, indemnités de licenciement, démantèlement, dépôt de bilan, administrateurs judiciaires, égalité salariale… Les mots d’alors semblent ne pas avoir vieilli. Bien qu’il se réclame d’une lecture humaniste de cette grève restée dans les annales de l’histoire sociale française, et qu’il se défende surtout d’avoir voulu faire de son film une fiction politique et militante, Dominique Ladoge a d’évidence réalisé une œuvre « de gauche » et ancrée « à gauche ». On y trouve d’ailleurs des résonances avec un autre film politique récent, We want sex equality de Nigel Cole (2010) qui racontait la grève des ouvrières d’une usine Ford en Grande-Bretagne en 1968.


Notons que L’été des Lip a attendu près de deux ans avant d’être diffusé sur une chaîne du secteur public de la télévision - France 3 - précisément la veille du… second tour de l’élection présidentielle de 2012 ! Il y a des coïncidences qui surprennent ou réjouissent, c’est selon. Les comédiens Anne-Sophie Franck, Agnès Soral, Patricia Mélinès, Serge Riaboukine apportent leur force de conviction au service de ce travail de mémoire ouvrière qui, souvent, prend les allures d’une geste à la Zola.


Les Lip ont cru un temps qu’ils pouvaient se passer d’un patron, il est temps de les faire revenir à la réalité, conclut avec une tranquille assurance Jean Charbonnel. C’était hier… et c’était la fin d’une époque. La fin ?

 

L’été des Lip, de Dominique Ladoge (2010), diffusion le 5 mai 2012 à 20h35 sur France .

 

Par Bruno Calvès

L'été des Lip : une oeuvre "de gauche", ancrée "à gauche"


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Philippe 04/05/2012 15:26

Bonjour monsieur Poisson,

A propos des trente ans de l'abolition de la peine de mort.

Souvenirs de peine capitale

http://www.lefigaro.fr/mon-figaro/2011/09/28/10001-20110928ARTFIG00701-souvenirs-de-peine-capitale.php

Et un roman jeunesse de 2006. Remarquable justement car, s'adressant à des lecteurs adolescents, il traite du thème de la peine de mort en mettant en scène un bourreau dans les dernières années
d'existence de la peine capitale en France.
( Bourreau fictif du nom de monsieur Humbert.
Les derniers vrais bourreaux de France ont été André Obrecht ( mort en 1985, voir Le Carnet noir du bourreau, posthume 1989, écrit par le journaliste Jean Ker ) et son neveu Marcel Chevalier ( mort
en 2008 ), qui a procédé à la dernière exécution, celle d'Hamida Djandoubi en septembre 1977 à la prison des Baumettes à Marseille. )

http://www.ricochet-jeunes.org/critiques/livre/28877-le-photographe

Dans ce lien, une critique très intéressante du roman.

Le Photographe
Mano Gentil
Syros, collection Les uns les autres, mars 2006

Le photographe était le surnom attribué à celui des aides du bourreau principal qui avait pour tâche de placer le cou du condamné dans la lunette de la guillotine puis de rabattre la partie
supérieure en bois, juste avant que le bourreau en chef ne fasse tomber le couperet.

Cordialement

05/05/2012 07:43



Laissé par : Philippe hier à 15h26