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De Jacques Le Goff à Jean Tulard, les plus grands historiens français montent au créneau et dénoncent dans une pétition le projet de supprimer l'histoire-géo en terminale scientifique...

Une vingtaine d'historiens français parmi les plus connus ont signé ce samedi 5 décembre 2009 une pétition vigoureuse dans le Journal du Dimanche afin que soit maintenu l'enseignement de l'histoire et géographie en terminale scientifique.

Les signataires ont été rejoints par de nombreuses personnalités du monde artistique et politique, orientées tant à gauche qu'à droite. On peut retrouver leurs noms sur le site du Journal du Dimanche.



Voici le texte intégral de la pétition :

«La décision envisagée par M. le Ministre de l'Education nationale, dans le cadre de la réforme des lycées, de rendre optionnelle l'histoire-géographie en terminale scientifique ne peut que susciter la stupéfaction par son décalage avec les nécessités évidentes de la formation des jeunes Français au début du XXIe siècle.

A l'heure de la mondialisation, les futurs bacheliers scientifiques n'auraient donc nul besoin de se situer dans le monde d'aujourd'hui par l'étude de son processus d'élaboration au cours des dernières décennies, pas plus que par l'analyse de sa diversité et des problèmes qui se posent à la planète et à son devenir. En outre, ils se trouveront dans l'impossibilité d'accéder à certaines formations supérieures de haut niveau pour lesquelles la connaissance de l'histoire et celle de la géographie sont indispensables et vers lesquelles ils se dirigent en nombre croissant.

Au moment où le président de la République et son gouvernement jugent urgent de lancer un grand débat sur l'identité nationale qui doit mobiliser le pays, cette mesure va priver une partie de la jeunesse française des moyens de se faire de la question une opinion raisonnée grâce à une approche scientifique et critique, ouvrant ainsi la voie aux réactions épidermiques et aux jugements sommaires.

Il est impératif d'annuler cette décision, inspirée par un utilitarisme à courte vue, qui se trouve en contradiction avec les objectifs proclamés du système éducatif français sur le plan de la formation intellectuelle, de l'adaptation au monde contemporain et de la réflexion civique des futurs citoyens.»



Pétition des professeurs d'histoire-géographie (APHG)

Les enseignants n'ont pas attendu les historiens comme le montre cet appel du 29 novembre pour le maintien d’un enseignement obligatoire d’Histoire et de Géographie en Terminale scientifique :

L’Assemblée Générale de l’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie (APHG), réunie le dimanche 29 novembre 2009 au Lycée Saint Louis à Paris.

· Condamne et rejette tout projet de réforme des Lycées aboutissant à la disparition de l’Histoire et de la Géographie dans les classes de Terminale scientifique

· Exige le maintien d’un enseignement obligatoire en Terminale scientifique (TS) débouchant sur une épreuve au Baccalauréat

Souligne combien l’Histoire et la Géographie éclairent fondamentalement les débats contemporains sur les identités, les cultures, les territoires et la mondialisation.

L’APHG invite toutes celles et tous ceux qui approuvent cet appel à le signer et à le faire signer.



Rupture culturelle

Rappelons qu'à ce jour, il y a environ 150.000 lycéens qui passent un bac scientifique de la filière S. Ils représentent la moitié des effectifs des filières générales. Ces lycéens bénéficient de 2h30 d'histoire-géographie en 1ère et en terminale avec des programmes concentrés sur la deuxième moitié du XXe siècle et une épreuve à l'écrit du baccalauréat.

Dans la réforme des lycées qu'il présentera jeudi 10 décembre au Parlement, le ministre de l'Éducation nationale veut concentrer l'enseignement de l'histoire et géographie sur la classe de 1ère, avec 4h hebdomadaires (au lieu de 2h30) et une épreuve anticipée à la fin de l'année.

Suite à de premières protestations, il a concédé la possibilité d'un enseignement optionnel en terminal avec épreuve facultative au baccalauréat, pour les lycées qui, dès l'entrée en terminale, seraient déterminés à poursuivre des études à Sciences Po ou dans une école de commerce.

Le ministre a justifié sa réforme par le souci d'alléger le programme des pauvres lycéens et de mieux préparer ceux-ci aux carrières scientifiques et techniques. Les lycéens, premiers concernés, contestent ces justifications et contrairement à leur habitude, ne se plaignent pas d'un excès de travail : pour eux, l'histoire et géographie est une «respiration» bienvenue en classe de terminale et leur permet de garder un contact avec le monde concret.

Au demeurant, le projet ministériel est en rupture avec les orientations pédagogiques des dernières années qui voulaient des filières littéraires moins exclusivement littéraires (avec un peu d'initation aux maths) et des filières scientifiques plus ouvertes sur les humanités.

D'aucuns suspectent que la sollicitude ministérielle à l'égard des malheureux lycéens surchargés de cours est en fait motivée par le souci de faire là comme ailleurs des économies budgétaires. Quelques milliers d'heures d'enseignement en moins, c'est au final quelques millions d'euros de dépenses en moins. Il n'y a pas de petites économies en période de rigueur, même si ces économies contredisent le discours officiel sur les vertus de l'Histoire et le renforcement de l'identité nationale.

André Larané.


6 décembre 2009

L'Histoire et géographie mise à mal

http://www.herodote.net/articles/article.php?ID=1048

 

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