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L’histoire méconnue de la prison de Castres

« Un trou de mémoire » 

 

C’est l’expression employée par les historiens pour évoquer des événements oubliés involontairement ou … volontairement. Ils sont absents des livres d’histoire.


C’est le cas d’une évasion extraordinaire intervenue à la prison secrète de Castres de 38 prisonniers, de 11 nationalités différentes, le 16 septembre 1943. Qui sait aujourd’hui qu’il existait à la place de l’ex-MJC du Centre aujourd’hui Loisirs-Centre, rue Emile Zola, une prison ? Celle-ci, désaffecté dans les années 1920 fut de nouveau ouverte en 1941 par Vichy. C’était la Baraque 21du Camp de Saint Sulpice La Pointe, une annexe secrète destinée à l’internement de prisonniers politiques jugés dangereux par les nazis et le gouvernement de Vichy.

 

Il aura fallu 50 ans et le travail extraordinaire d’un journaliste allemand , Jonny Granzow, pour découvrir l’histoire de cette prison et surtout celle d’une évasion , une des plus spectaculaires de France. Véritable travail patient pour dépouiller des archives inédites qui dormaient depuis 60 ans dans divers dépôts.


J’avais rencontré l’auteur du livre en 1998 , il m’avait fait part de l’état de ses recherches.


En 2005, il put enfin consulter à Toulouse tout le dossier de la police de sûreté de Vichy sur cette évasion, ce qui lui permit de compléter son œuvre.

 

Notre ami, Alain Boscus a eu le privilège de rédiger la préface de ce passionnant ouvrage dont voici un bref extrait : «… Le récit est construit comme un polar. On suit heure par heure et parfois minute par minute les préparatifs , la prise de contrôle de la prison, la dispersion des fugitifs en petits groupes…Tous résistants, ils venaient d’horizons divers : anciens des Brigades internationales, émigrés politiques, Français membres de différents réseaux , officiers alliés arrêtés en cours d’opérations…leur point commun était l’antifascisme. A tel point que la plupart d’entre eux reprendront les armes sitôt libres, confirmant le rôle important que jouèrent les étrangers dans la Résistance… ».

 

Jonny Granzow attire l’attention des lecteurs non seulement sur ces évadés courageux mais aussi sur ces anonymes nombreux qui contribuèrent à défaire Vichy et l’occupant. Toutes celles et tous ceux qui ont aidé les évadés de Castres, en les cachant, en leur indiquant le chemin qu’ils devaient prendre. A vous de les découvrir.

 

On peut s’étonner que la mémoire collective locale les ait condamnés si longtemps à l’oubli.


Alain Boscus souligne en conclusion :   La « bête immonde » est toujours féconde sous ses multiples visages et le déni de réalité tout comme l’amnésie historique ne font que la servir… Histoire et mémoire ne sont pas des sœurs jumelles ;elles n’ont que des liens de parenté fort éloignées. Nous devons remercier encore l’auteur de cet ouvrage pour en avoir une nouvelle fois administré la preuve au terme d’une difficile enquête de plusieurs années.

 

Sans attendre, procurez vous le livre : 16 septembre 1943, l’évasion de la prison de Castres, édition Loubatières, en vente dans les librairies de Castres et faites le connaître autour de vous.


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HERAL 29/03/2012 16:29

Aussi Barraque 21 du Camp du Vernet