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http://www.avoixautre.be/local/cache-vignettes/L342xH450/Dreyfus-59d55.jpgArchives de presse du 1/02/2006 - Deux ouvrages commémorent le centenaire de la réhabilitation du condamné de l'île du Diable.

«Attendu, en dernière analyse, que de l'accusation portée contre Dreyfus rien ne reste debout ...» C'est en ces termes que, le 12 juillet 1906, les chambres réunies de la Cour de cassation mettent le point final judiciaire à l'affaire Dreyfus. Des choix possibles de commémoration - l'arrestation du capitaine, le 15 octobre 1894, sa condamnation en décembre de la même année, le procès Zola trois ans plus tard et aussi le procès de Rennes de 1899 suivi de la grâce - l'arrêt de 1906, qui réhabilite Alfred Dreyfus, est, au fond, le plus intensément significatif. Là se rassemblent, en effet, l'homme, dont l'honneur enfin était restauré, et la cause, dont le triomphe se formulait dans ce double mouvement d'une vérité faite et d'une justice rendue.

Car cette distinction entre l'homme et la cause, entre Dreyfus et l'Affaire n'est pas la moins instructive de cette histoire tragique. Il y eut, on le sait, des dreyfusards pour déplorer que le capitaine ne fût pas à la hauteur des valeurs que, pour ses partisans, son malheur incarnait. « Il n'est pas facile d'être un symbole », écrit avec une douloureuse sensibilité Pierre Vidal-Naquet, dans la préface à l'opportune réédition des Cinq années de ma vie qu'Alfred Dreyfus publie en 1901. On perçoit bien, par ce récit, constitué pour l'essentiel du journal que tient le condamné de l'île du Diable, les deux principales raisons du douloureux malentendu de 1899. D'une part, le reclus de Cayenne ne saura rien durant quatre ans de l'affaire qui porte son nom. D'autre part, et surtout, l'homme est tout pénétré de valeurs - l'ordre, la hiérarchie, l'armée, la patrie - qui sont celles-là même que ses tourmenteurs professent. Si l'on ajoute à cela une personnalité douce et introvertie, on comprend que le capitaine ait été comme tétanisé par la dimension universelle de sa douleur singulière. Cette dimension de l'Affaire, comme le détail érudit de ses développements, on les retrouvera dans le Dictionnaire édité sous la direction de Michel Drouin, là encore judicieusement réédité et mis à jour. Un récit de l'Affaire, bien nommé « Préci s», ouvre le volume. Suivent trois recueils de contributions, « Visages » pour les acteurs, des plus connus, Zola, au plus discret, Alfred Jarry, « Groupes » pour les institutions et les forces qui s'affrontent, « Legs », enfin, pour la réception dans le monde et dans l'histoire d'une affaire dont l'enseignement moral et politique reste actuel pour l'éternité.

L'honneur retrouvé du capitaine Dreyfus

Par Marc Riglet (Lire), publié le 01/02/2006

www.lexpress.fr/culture/livre/alfred-dreyfus-...



http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/3/6/0/9782707148063.jpgCinq années de ma vie, 1894-1899 

  • Récit (poche).

  • Paru en 01/2006

Auteur Alfred Dreyfus

Editeur La Decouverte

Date de parution janvier 2006

Collection Poche, numéro 221


Ce récit du capitaine Dreyfus, écrit en 1901 à partir du journal qu’il tenait au bagne, constitue l’un des documents majeurs de l’Affaire. Il évoque le combat solitaire d’un homme à qui l’on refuse jusqu’aux explications sur ce dont on l’accuse ; le procès inquisitorial et les faux, la volonté d’avilissement de ses accusateurs, le bagne et l’île du Diable, « le cœur perdu, le cerveau en lambeaux », le procès en révision et la grâce finale. Le monologue d’un homme seul avec sa conscience, que seul l’espoir de l’éclatement de la vérité soutient. « Il n’est pas facile d’être un symbole », annonce Pierre Vidal-Naquet dans sa préface. À quoi le petit-fils de Dreyfus répond dans sa postface : « Écheveau livré au chat, l’affaire Dreyfus se prête à toutes les interprétations, à toutes les falsifications. » Cette édition apporte, outre le récit bouleversant de la victime, la mise au point de Pierre Vidal-Naquet sur les affrontements d’idées et de préjugés dont Dreyfus fut le centre — et plus particulièrement la question de la grâce dont l’acceptation divisa le camp des dreyfusards. Jean-Louis Lévy éclaire la personnalité de Dreyfus, faisant notamment justice des reproches de froideur pour affirmer la dignité du témoin.


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