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http://www.andreversailleediteur.com/upload/args/durantoncouv.jpgDocument 06/02/2012- Septembre 1959 : de Gaulle affirme le droit de l'Algérie à l'autodétermination.


À Alger, en janvier 1960, la colère des partisans de l'Algérie française se manifeste par la Semaine des Barricades. A partir de ce moment, des activistes pieds-noirs vont multiplier les violences jusqu'à attaquer les forces de l'ordre. L'échec du putsch des généraux, en avril 1961, entraîne à leurs côtés quelques officiers irréductibles. C'est eux, civils et militaires, animés par la peur ou la rancoeur devant la marche de l'Algérie vers l'indépendance, qui vont créer l'OAS en vue de renverser la situation par tous les moyens, y compris celui de l'assassinat du général de Gaulle.


À partir de sources variées, l'auteur retrouve le sens et les modalités du combat dans lequel, au nom de la défense de l'Algérie française, des activistes se sont engagés à la fois contre le FLN et contre un gouvernement métropolitain accusé d'abandon. Elle interroge également les convictions des militants qui se sont mobilisés contre le retour du «danger fasciste». Entre ces deux pôles, elle met en évidence une zone d'indécision propre à favoriser la mise en oeuvre de liens inattendus dont l'OAS s'est prévalue, alors que l'opinion métropolitaine tranchera finalement contre elle et en faveur de de Gaulle.


Avec une probité rare, Anne-Marie Duranton-Crabol parvient à restituer l'histoire de l'OAS en même temps que le climat des quelques mois pendant lesquels les deux rives de la Méditerranée se sont embrasées, au point qu'un demi-siècle plus tard, le souvenir des événements et les imaginaires ont conservé une forte charge émotionnelle et restent difficilement conciliables.

Anne-Marie Duranton-Crabol, docteur en Histoire, est une historienne des idées politiques. Elle est spécialiste de l'extrême droite. Elle est notamment l'auteur de L'Europe de l'extrême droite (Complexe) et de Visages de la Nouvelle Droite. Le GRÈCE et son histoire (Presses de la FNSP).


  • Les courts extraits de livres : 06/02/2012

 

Extrait de l'introduction - LE MOMENT OAS

Depuis la publication du Temps de l'OAS, en 1995, bien des évolutions se sont produites. Il convient d'en faire brièvement l'inventaire, avant de s'interroger sur la validité de la démarche qui consiste à reprendre cette étude en lui donnant une actualité nouvelle, à l'approche du 50e anniversaire des accords d'Évian.


Tout d'abord, la guerre d'Algérie a cessé d'être une «guerre sans nom», et ceci à plusieurs titres. Le déni de réalité pratiqué par les pouvoirs publics en France a fait place à une reconnaissance progressive des réalités douloureuses de cette guerre. En octobre 1999, le terme de «guerre d'Algérie» est apparu dans les textes officiels, alors que de simples opérations de «pacification» avaient durablement été les seules admises. Il avait fallu attendre 1974 pour que le statut d'ancien combattant soit accordé aux militaires français ayant combattu sur le sol algérien, et 1978 pour que soit adopté le principe d'«allocations de reconnaissance» pour les supplétifs. Au début des années 2000, des mesures importantes bénéficièrent de l'appui du président de la République Jacques Chirac : tandis que, le 25 septembre 2001, était célébrée une journée nationale d'hommage aux harkis, ce fut, le mois suivant, l'apposition d'une plaque sur le pont Saint-Michel qui attesta des atrocités commises par la police contre des Algériens ayant manifesté à Paris, le 17 octobre 1961. Puis, le 5 décembre 2003, était instituée la «journée nationale d'hommage aux morts pour la France pendant la guerre d'Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie», morts en l'honneur desquels, un an auparavant, un mémorial avait été inauguré sur le quai Branly.


De leur côté, beaucoup plus nombreux à se pencher sur cette période, les historiens ont bénéficié à la fois d'une ouverture élargie des archives, publiques et privées, et d'une intervention diversifiée des témoins, que ceux-ci s'expriment spontanément par écrit ou qu'ils soient sollicités pour le faire oralement. Il en résulte une connaissance plus profonde, une approche plus complexe qui prend en compte les groupes d'acteurs civils et militaires aussi bien que les aspects régionaux de la guerre, différents selon que l'on étudie l'Algérie ou la métropole, ou bien que l'on s'intéresse à l'un des territoires algériens, le «bled» ou les villes, Alger ou Oran, etc. L'historiographie de la guerre d'Algérie se trouve également influencée par les préoccupations générales de l'historiographie contemporaine, y compris celle de «genre» par exemple.

 

L'OAS : la peur et la violence

Auteur : Anne-Marie Duranton-Crabol

Date de saisie : 06/02/2012

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : André Versaille, Bruxelles, Belgique


 

  • Le courrier des auteurs : 02/02/2012

 

1) Qui êtes-vous ? !


 

http://www.andreversailleediteur.com/upload/authors/durantonweb.jpgJe suis une historienne à cheveux blancs. L'orientation de mes recherches a été profondément influencée par la Deuxième Guerre mondiale, encore très présente dans mon enfance, et par la guerre d'Algérie dont, devenue étudiante, j'ai suivi les enjeux avec passion. De là est né mon désir de réfléchir à ce que l'on nomme l'extrême droite. Après une thèse sur la Nouvelle droite intellectuelle dont la percée incontestable dans les années 1970 jusqu'au début des années 1980 me paraissait préoccupante, puis un détour par l'étude de l'extrême droite européenne après 1945, je me suis lancée dans une recherche sur l'OAS. Le présent ouvrage reprend en le modifiant et l'actualisant le livre publié en 1995 par les éditions Complexe.

2) Quel est le thème central de ce livre ?

 

Ce qui m'intéresse, c'est la façon dont les acteurs ont expliqué leur engagement dans ou contre l'OAS : dans leurs récits, la peur et la violence occupent une place particulière. Peur de la population européenne d'Algérie face à la perspective totalement imprévue par elle d'une «Algérie française» devenant un pays indépendant sous le drapeau du FLN. Peur de l'armée d'Algérie devant l'humiliation que représenterait un second abandon après celui de l'Indochine. Créée en 1961, l'OAS a cristallisé ces peurs face auxquelles elle a paru offrir une issue. Force clandestine dressée contre le pouvoir en place, prête à recourir à tous les moyens pour rendre inapplicable la solution politique vers laquelle se dirigeait le général de Gaulle, elle arguait de la violence du FLN pour justifier la sienne. Mais, en métropole, si elle trouva quelques soutiens, l'OAS réveilla la crainte d'un retour du fascisme, une éventualité contre laquelle la gauche militante se mobilisa. Plus généralement, l'Organisation secrète se heurtait au rejet de son action par une opinion publique métropolitaine qui aspirait à la paix et à la modernité des Trente Glorieuses. L'échec final de ce projet aux contours flous se traduisit par la pratique de la «terre brûlée» en Algérie puis par l'exode massif des Européens.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

 

«Ces quelques mois intenses, rappelle Raoul Girardet, se situent au crépuscule d'un conflit très dur, au moment où la vie humaine a perdu de son prix, après tant d'années marquées par l'engrenage de la violence. La lutte dissout peu à peu les liens impalpables entre les personnes - entre Européens et musulmans, entre pieds-noirs ultras et libéraux - là où ils avaient résisté aux brutalités antérieures et aux simplifications idéologiques. Jean-Claude Pérez connaît ce dont il parle lorsqu'il définit 1962 comme «l'année de l'OAS où le lyrisme de la mort atteignit son paroxysme»».

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

 

Ce serait l'une de ces chansons un peu langoureuses, un peu frivoles - tels des airs de Dalida, «Come prima», «Itsi bitsi petit bikini», «Garde-moi la dernière danse» - contre lesquelles vitupéraient certains activistes de l'OAS métropolitaine en raison de leur décalage avec le sérieux de leurs propres préoccupations. À leurs yeux, la popularité de ces refrains témoignait en fait d'un effondrement des moeurs auquel ils attribuaient leur insuccès.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

 

J'aimerais avoir contribué à les convaincre que, dans un contexte dominé la peur, la violence est dépourvue de toute valeur émancipatrice : devenant aveugle, elle s'auto-entretient en radicalisant son discours et son action. Aucune époque n'est à l'abri de ce risque. Je souhaiterais aussi que les lecteurs partagent ma démarche consistant d'abord à écouter et comprendre, parce qu'une situation complexe mérite une appréciation nuancée et parce que les récits et leur analyse suffisent amplement à chacun pour se faire une opinion.

ve le sens et les modalités du combat dans lequel, au nom de la défense de l'Algérie française, des activistes se sont engagés à la fois contre le FLN et contre un gouvernement métropolitain accusé d'abandon. Elle interroge également les convictions des militants qui se sont mobilisés contre le retour du «danger fasciste». Entre ces deux pôles, elle met en évidence une zone d'indécision propre à favoriser la mise en oeuvre de liens inattendus dont l'OAS s'est prévalue, alors que l'opinion métropolitaine tranchera finalement contre elle et en faveur de de Gaulle.

 

 

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