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http://s3.static69.com/m/image-offre/a/4/b/4/a4b428a2bc09d02929a472f0a0a741ca-500x500.gif?height=500&width=500Document 07/12/2011 - En cette veille de Noël 1783, l'hiver promet d'être rigoureux. Depuis quand n'avait-on vu le vin geler dans les verres ? N'écoutant que son coeur, Louis XVI ordonne de brûler du bois dans Paris et permet aux pauvres d'entrer dans les cuisines de Versailles, d'y manger et d'emporter des braises. Le 25 décembre, après la messe, il leur fait même servir une collation au bosquet d'Apollon, au grand effroi de Marie-Antoinette. Le peuple de Paris saura s'en souvenir, faisant élever un mois plus tard, au coeur de la capitale, un immense obélisque de neige et de glace, « monument modeste et glorieux pour le plus charitable des rois »...

Du baptême de Clovis (496) au premier récital de Mozart à la cour de Versailles (1763), du naufrage de la Santa Maria de Colomb (1492) à l'attentat de la rue Saint-Nicaise contre Napoléon (1800), Henri Pigaillem fait revivre treize Noëls de l'Histoire. Et nous convie à réveillonner avec Voltaire ou à fraterniser dans les tranchées avec les soldats allemands, le temps d'une trêve, par un soir de décembre 1914...

Henri Pigaillem, né en 1958 à Perpignan, est l'auteur des Chevaliers du Christ (Albin Michel, 1997) et du Tapissier de Notre-Dame (Le Rocher, 2002). On lui doit aussi des biographies de Stradivarius (Zurfluh, 2001), du docteur Guillotin (Pygmalion, 2004) et d'Anne de Bretagne (Pygmalion, 2008).

Une partie des recettes de cet ouvrage est versée à : Maison de Solenn


  • Les courts extraits de livres : 07/12/2011

 

Frelinghien, 24 et 25 décembre 1914 - TRÊVE DE NOËL DANS LES TRANCHÉES

En août 1914, l'attentat de Sarajevo, l'assassinat de Jean Jaurès, le jeu des alliances militaires entraînèrent un conflit opposant l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie à la Russie, la Grande-Bretagne et la France. Les Allemands, marchant sur Paris, appliquèrent le plan Schlieffen qui nécessitait la violation de la neutralité belge et, dès le 4, investirent la place forte de Liège. Les forces franco-britanniques concentrèrent leurs troupes en Belgique pour tenter de rejeter l'ennemi sur sa frontière. Battues à Charleroi le 23, elles se retirèrent au sud de la Marne où, en septembre, le général Joffre, sur l'impulsion de Gallieni, lança une contre-offensive qui contraignit l'Allemagne à battre en retraite. L'armée de l'empereur Guillaume II, conduite par le général von Moltke, ne renonça pas pour autant à poursuivre son incursion en Belgique. Les troupes franco-britanniques furent alors renforcées par l'armée wallonne, laquelle, après avoir glorieusement lutté dans le camp retranché d'Anvers, venait de se soustraire à l'étreinte allemande sous la conduite du roi Albert Ier. Les hostilités reprirent de Dixmude à Nieuport, puis, à partir du 30 octobre, dans la région d'Ypres.


Dès que l'armée anglaise fut installée autour d'Ypres et qu'un nombre suffisant de corps français se trouva sur les lieux, le maréchal britannique French commanda avec succès l'offensive contre les corps d'armées du prince de Bavière et du duc de Wurtemberg. La garde prussienne fut appelée à la rescousse des Allemands qui attaquèrent en masse, furieusement, au son des fifres et des tambours, les officiers à cheval comme pour la parade. French se sentit vaincu et s'apprêta à se replier. Seuls le sang-froid et l'habileté militaire du général Foch permirent au front anglais de se maintenir. Guillaume II, venu exhorter ses hommes, s'éloigna le 5 novembre au vu de la bataille qui se ralentissait à son détriment, avant de s'achever le 24.


Les Allemands ne pouvaient désormais plus progresser sur le territoire. À la guerre de mouvement succéda alors la guerre des tranchées. Dans les deux camps, on établit des positions militaires fixes sur le front. L'hiver 1914 fut employé à creuser des abris, à s'enterrer, à perfectionner les communications et à attaquer, contre-attaquer l'ennemi dans de petites mais sanglantes opérations, qui se développèrent depuis la mer du Nord jusqu'à la Suisse. Le haut commandement était pour l'offensive. Plus que jamais, il avait horreur de la défensive et répétait que c'était l'inertie des chefs qui avait fait perdre la guerre de 1870 aux Français. Mais, en dépit de leur excellente préparation à l'attaque, les hommes de French et de Gallieni ne parvenaient pas à percer le flanc allemand. La présence des tranchées que les hommes devaient traverser et dans lesquelles ils s'effondraient les uns sur les autres, la boue et l'artillerie ennemie gênaient considérablement leur progression. Pour gagner vingt mètres de terrain, qu'il arrivait de perdre l'instant d'après, il en coûtait des centaines de vies. Les canons s'enlisaient, s'affaissaient dans de profondes ornières. Le poids de la mitrailleuse devenait énorme et l'arme elle-même n'était que précairement utilisable. Toute tentative d'assaut était aussi vaine que stupide. (...)


L'obélisque de neige : et autres récits de Noël

Auteur : Henri Pigaillem

Préface : Patrick Poivre d'Arvor

Date de saisie : 01/12/2011

Genre : Histoire

Editeur : Archipel, Paris, France

 

 

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