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http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/9/9/4/9782847243499.jpgDocument 15/07/2011- Des mauvais traitements aux affaires de moeurs, la Brigade de protection des mineurs de Paris (la BPM) ne chôme pas. Défauts de soins, infanticides, attentats à la pudeur, non présentations d'enfants, enlèvements, viols, détournements de mineurs ou proxénétisme sont le quotidien des policiers de cette brigade pas tout à fait comme les autres, ouverte 24 heures sur 24 à la misère humaine la plus noire car elle touche les plus faibles : les enfants.

 

Parfois, les affaires font la Une de l'actualité, comme celle de l'Arche de Zoé. Parfois, des people sont épingles et se retrouvent dans les locaux du quai de Gesvres, où sont installés les bureaux de la brigade. Mais, la plupart du temps, personne n'entend parler de cette autre réalité, de ce monde parallèle dans lequel évoluent chaque jour les hommes et les femmes de la BPM.

Ne sert pas qui veut dans cette unité ; il faut être capable souvent de supporter l'indicible, d'affronter la détresse des plus démunis et savoir garder son sang-froid face à des adultes, inconscients de leurs actes ou dénués de tout scrupule. C'est un monde sans repère où le bien et le mal se confondent, un monde barbare dans lequel le policier amène sa part d'humanité. C'est à un voyage dans un univers méconnu, et dont il faut rappeler sans cesse l'existence, que nous convie l'auteur, Danielle Rouquié, journaliste, qui a voulu rendre hommage, avec son regard de femme, avec sa sensibilité, à ces hommes et ces femmes au grand cœur et aux nerfs d'acier.


  • Les courts extraits de livres : 15/07/2011

 

MINEURS EN DANGER - Paris, XXe arrondissement, novembre 2010. Un enfant de 18 mois, laissé sans surveillance avec sa sœur de trois ans, tombe du 7e étage d'un immeuble. Double miracle : il rebondit sur la bâche d'un café avant d'atterrir miraculeusement dans les bras d'un passant qui s'était positionné pour le saisir au vol.

Paris, encore, quelques mois auparavant, mi-août 2010. Un bébé de trois kilos est découvert sous un porche d'immeuble, rue Broca, dans le XIIIe arrondissement. Il a été délicatement installé sur un oreiller et enveloppé dans une couverture, le cordon ombilical encore attaché. Le nouveau-né est transféré aux urgences pédiatriques de l'hôpital Necker. Un appel à témoins est lancé pour retrouver la mère.

Sud de la France, fin novembre 2010, un réseau qui obligeait de jeunes adolescentes à voler dans le métro parisien sous la menace est en partie démantelé.


Début 2009, un réalisateur d'une chaîne de télévision est placé en garde-à-vue dans les locaux de la Brigade de protection des mineurs, la BPM, pour consultation d'images pédophiles à caractère pornographique.

Ces quatre affaires ont évidemment comme point commun l'implication de mineurs en danger, en situation de détresse, et illustrent les différents cas auxquels peut être confrontée la discrète Brigade de protection des mineurs, BPM. Ses policiers sont plongés, quotidiennement, dans ce qu'ils sont souvent les seuls à voir : la misère, morale, affective et sexuelle. Et aussi à la bêtise humaine...


Dans le cas du petit garçon tombé de haut, les parents étaient partis se promener en laissant leurs deux enfants seuls à leur domicile. Ils ont été placés en garde-à-vue par la Brigade des mineurs dont les enquêteurs ont cherché à résoudre cette énigme : comment des parents peuvent-ils à ce point faire preuve d'inconscience ? Ils ont été déférés au Parquet et devaient être jugés par le Tribunal correctionnel de Paris pour «délaissement et blessures involontaires par manquement à une obligation de sécurité». Beaucoup - les médias en tout premier lieu - ont parlé de miracle dans cette affaire. En effet, le café était fermé au moment de la chute mais le patron n'avait pas remonté le store. Oubli ? Manivelle cassée ? Mécanisme grippé ?... Nul ne le sait vraiment. Quant au passant, non content de faire preuve d'une adresse peu commune, il était aussi médecin et a pu vérifier que l'enfant n'était pas blessé.


Dans le cas du bébé abandonné, l'affaire est digne d'un roman de Victor Hugo. Aucun prénom, aucun papier, aucun indice ne permettait d'identifier le petit garçon qui était apparemment bien tenu, ce qui semble indiquer qu'on l'avait laissé là pour qu'il soit trouvé et puisse être ensuite adopté. L'enfant a été découvert par le plus grand des hasards par un artiste peintre un peu loufoque qui circulait à vélo alors que l'aube se levait à peine dans les rues désertées d'un Paris abandonné par les aoûtiens. L'homme aurait pu passer sans rien voir, si une envie pressante ne lui avait commandé de s'arrêter justement sous ce porche. «Ce matin-là, il faisait frisquet pour un 16 août. Une heure ou deux de plus et le nourrisson aurait pu tomber en hypothermie et peut-être n'être pas sauvé», raconte l'enquêtrice de la BPM qui s'est occupée du dossier.

La brigade de protection des mineurs : mission, sauver l'enfance en danger

Auteur : Danielle Rouquié

Date de saisie : 15/07/2011

Genre : Documents Essais d'actualité

Éditeur : Jacob-Duvernet, Paris, France

 

 

 

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