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http://www.decitre.fr/gi/20/9782311002720FS.gifEn 1860, Alexandre Dumas (1802-1870) s’installe à Naples pour trois ans, dans le sillage de l’expédition des Mille de Garibaldi. Il y crée un journal, L’Indipendente, grâce auquel il veut œuvrer à l’unification de l’Italie en dénonçant l’absolutisme bourbonien et ses fléaux, particulièrement le brigandage. Cette cause lui inspira de nombreux écrits, depuis dispersés aux quatre coins de l’Europe. Ils sont rassemblés et édités ici pour la première fois par Claude Schopp.

 

Sous la plume de ce Dumas italien, bondissant et épique, on retrouve le panache de l’auteur des Trois Mousquetaires et de La Reine Margot


« Elle portait dans les bras un enfant dont elle avait accouché quelques mois plus tôt. Bizzarro pensait avoir trouvé dans une caverne un refuge connu de lui seul. […] “Femme, femme, disait le bandit, fais taire ton enfant !” […] Le bandit se dressa […] et lui fracassa le crâne contre les parois de la caverne. […] Le lendemain, […] elle demanda à être reçue par le gouverneur. “Vous apportez des nouvelles de Bizzarro, demanda-t-il. […] – Mieux que des nouvelles, je vous apporte sa tête.” »

 

« Ces brigands, après avoir commis les assassinats les plus atroces et les déprédations les plus iniques, se retiraient dans les montagnes, […] fondant comme les vautours, sortant de leurs cavernes comme les loups, ils s’abattaient sur les voyageurs qu’ils rançonnaient et sur les villages qu’ils pillaient et livraient au feu. Certains, avaient dressé les chiens à poursuivre les voyageurs et l’un deux, Bizzarro, pour insuffler plus d’ardeur à sa meute dans ces terribles chasses, lui donnait à manger de la chair humaine. Un officier de la garde nationale avait été dévoré tout vif. »

 

« Chaque matin, M. L. ouvrait son magasin à huit heures, en y portant ses bijoux dans une cassette, qu’il rapportait le soir, car il n’osait pas les laisser la nuit dans la boutique déserte.

 

Le 18 juillet, à neuf heures du soir, M. L. rapportait donc chez lui, comme à son habitude, la cassette qui, non seulement contenait les bijoux, mais aussi l’argent de la vente du jour. Cette cassette était posée sur les épaules d’un de ses portefaix, lui-même suivi par son patron et d’autres artisans.

 

La veille, M. L. avait remarqué que le porteur avait voulu changer de rue. […] Le lendemain soir, le 18 juillet, la même chose se produisit… Mais, soudain, d’une ruelle transversale, deux hommes jaillirent : l’un d’eux avec un mouchoir bâillonne le porteur, l’autre lui arrache la cassette, quatre autres, par derrière, se saisissent du patron et des artisans… Un des commerçants eut si peur qu’on le retrouva une heure plus tard, caché dans la cheminée. »

 

Enquête autour du manuscrit :


Ce livre n’aurait jamais été sans l’intuition et les talents d’investigateur de C. Schopp, qui en a rassemblé les morceaux : un premier passage, publié sous forme de feuilleton dans des journaux de Dumas, était conservé à Paris, un second traduit de l’italien a été retrouvé à Naples et le reste, sous forme de manuscrits, à Prague (entièrement inédits en français et en italien).

 

Une sélection des meilleures planches

 

La Camorra et autres récits de brigandage


 

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