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La Conciergerie

(Documents du Temps passé)

Fiche pédagogique n°7

philippepoisson@hotmail.com

28-29 novembre 2008


 

http://www.merimee.culture.fr/img/bio/bio_2_4f.jpg

 

 

 

Palais de Justice, la cour des anciennes cuisines de la Conciergerie.

Lithographie de Engelmann d'après un dessin de Schmit (prisons).

Musée de l'histoire de France

© Centre historique des archives nationales.

 

 

 

« … Le Châtelet a disparu, mais l’antique prison construite en 1302 dans les jardins du concierge ou gardien du Palais de la Cité, est encore debout, enveloppé dans le nouveau Palais de Justice et revêtue, suivant la description que Balzac en a donnée, de ce suaire noirâtre que prennent à Paris toutes les façades à l’exposition du nord. La vieille conciergerie rappelle à Paris son histoire, en même temps que par son profil pittoresque elle vient rompre la solennelle monotonie de ses quais ; sur ses cinq grosses tours à poivrières, celle de la Reine Blanche et de l’Inquisition ont été détruites en 1853 et 1871 ; il en reste trois : la tour de César où le greffe a pris la place du cachot dans lequel Damiens1, suivant un dessin annexé à relation de son procès, était attaché sur une sorte de lit matelassé, avec de larges courroies fixées au sol par des anneaux ; la tour d’Argent, qui servit de demeure à la Reine Blanche, et où maintenant les avocats communiquent avec les détenus, et enfin la tour Bon-Bec. Par un jeu de mot féroce, on l’appelait ainsi, à cause des cris des malheureux qui y subissaient la question, aujourd’hui on y a installé la pharmacie.

 

« Les cachots de la Conciergerie étaient, avec ceux du Châtelet2, ce qu’on pouvait imaginer le plus effroyable ; Marot3 qui y fut enfermé quelques temps, n’a pas ailleurs placé son enfer.


« Si ne croi pas qu’il ait chose au monde

Qui mieux ressemble un enfer très immode

Je dy enfer, et enfer puis bien dire

Si l’aller ueoir, encore le uerrez pire. »

 

 

La plus intolérable saleté était un des fléaux de ces prisons souterraines ; il fallut que la peste s’y mit en 1548, pour qu’on eût l’idée de les assainir, et d’enlever les immondices accumulés depuis de longues années.

 

D’après les cachots ou dépôts que l’on y voyait encore avant 1853, près des anciennes cuisines de Saint-louis et qu’on appelait les souricières, on pouvait se figurer ce qu’étaient ces anciennes geôles où, sous d’impénétrables voûtes, suintant l’humidité, les prisonniers étaient entassés.

 

« Les oubliettes, dit Edouard Fournier, n’étaient pas loin des cachots. Beaucoup ont cru qu’elles n’avaient jamais existé, mais une découverte faite, il y a environ soixante ans, sous la tour Bon-Bec, ne permet plus guère de doute à ce sujet. On y mit à jour deux puits ou citernes dont le fond était de niveau avec la Seine, et qui gardaient encore sur leurs parois quelques débris de pointe de fer, où se déchirait le corps des malheureux qu’on voulait y faire disparaître ; dans les grandes crues, l’eau montait jusqu’aux oubliettes et les débarrassait de leurs cadavres. »

 

Saint Vincent de Paul se fit ouvrir la Conciergerie ; il descendit dans les cachots. Dans ces sortes de cavernes profondes, obscures et infectes, il trouva des malheureux dont quelques-uns croupissaient là depuis longtemps, rongés de vermine, exténués de langueur et de pauvreté, plus abandonnés encore dans leurs besoins spirituels que dans leurs souffrances physiques ; à cette vue son cœur tressaillit et ses larmes coulèrent.

 

En 1618 et en 1776 deux terribles incendies, attribués à la malveillance des prisonniers, détruisirent une partie de la Conciergerie. De grandes améliorations furent introduites sous Louis XVI dans son aménagement intérieur. « Déjà, disait la déclaration de 1780, nous avons donné tous nos soins à la Conciergerie, nous y avons fait préparer de nouvelles infirmeries aérées et spacieuses, où tous les prisonniers malades seront seuls dans chaque lit et nous y avons ordonné toutes les dispositions d’ordre et d’humanité qui nous ont été proposées. » Un quartier séparé de celui des hommes avait été affecté aux femmes. Des infirmeries propres et aérées avaient été garnis de lits où les malades couchaient seuls ; les cachots n’étaient plus dans les caves ; ils étaient sains et l’on y voyait clair. Une vaste cour, avec des auvents pour la pluie, un chauffoir pour l’hiver avaient été disposés. Ceux qui avaient opéré ces réformes dans un but d’humanité auraient-ils pu supposer, fait observer Albert Babeau, dans son excellent livre sur Paris en 1789, auquel nous empruntons ces détails, que cette prison, où l’on enfermait les accusés de crimes de droit commun, devait être quelques années plus tard la dernière résidence de la reine de France.

 

Le baron Riouf, dans ses Mémoires, raconte ce qu’il eut à souffrir dans cette prison où les détenus politiques se virent mêlés avec les malfaiteurs :

 

« Je fus plongé sous le nom de secret, dit-il, dans le cachot le plus infect de la maison, nous étions absolument privés de clarté, l’air était méphitique, la malpropreté, le plus grand des fléaux, nous recouvrait pour ainsi dire de nos propres immondices ; elles refluaient jusqu’à nous dans un terrain de douze pieds où nous avions été entassés souvent sept à la fois ; j’y touvai des voleurs et un assassin condamné à mort ; le soir trois grands guichetiers suivis d’énormes chiens, vinrent nous visiter. Ce fut à la lueur de leurs flambeaux, qui apportaient la lumière dans cette caverne où jamais celle du soleil ne pénétrait, que je vis de quels hommes j’étais entouré ; « l’un était un assassin, l’autre un faussaire et le « troisième un voleur ; » par leurs méfaits ils appartenaient à ce qui dans tous les temps a été considéré comme l’aristocratie des prisons : aussi, dit l’auteur, les guichetiers les traitaient avec une sorte de bonté mais avec une grande supériorité protectrice. »

 

Il en a toujours été un peu de même ; les criminels de marque sont en général l’objet d’attentions particulières, à l’exemple de Cartouche4, lequel, rapporte Barbier, avait à dîner, sur l’ordre du Régent, soupe, bon bouilli, petite entrée et trois chopines de vin.

 

L’auteur de l’Almanach des prisons pendant la Terreur confirme la description donnée par Riouf ; « le jour, dit-il, pénètre à peine dans ces cachots. Les pailles dont se compose la litière des prisonniers, bientôt corrompues par le défaut d’air et par la puanteur des sceaux, en terme de prisons griaches, où les prisonniers font leurs besoins, exhalent une infection telle que dans le greffe même, on est empoisonné lorsqu’on ouvre les portes ; « les prisonniers sont à la pistole, où à la paille, ou dans les cachots ; les cachots ne s’ouvrent que pour donner la nourriture, faire les visites et vider les griaches ; les chambres de la paille ne différent des cachots qu’en ce que leurs malheureux habitants sont tenus d’en sortir entre huit et neuf heures du matin. Du reste mêmes incommodités dans leurs hideuses demeures ; point d’air, des pailles pourries ; entassés jusqu’à cinquante dans le même trou, le nez sur leurs ordures, ils se communiquent les maladies, les malpropretés dont ils sont accablés. »

 

Il nous fait connaître aussi quel était le tarif des chambres à pistole ; on payait pour un lit vingt-sept livres douze sous pour le premier mois et vingt-deux livres dix sous pour les mois suivants. « Le même lit, dit-il, a souvent rapporté plusieurs loyers en un mois ; aussi la Conciergerie est-elle le premier hôtel garni de Paris, quant au produit. »

 

Le comte Beugnot, dans ses Mémoires, a fait un tableau non moins saisissant de l’infirmerie de la Conciergerie : « l’hôpital le plus horripilant qui existe au monde, dit-il, il était impossible d’y renouveler l’air, on ne songeait pas seulement à le purifier, on ne songeait pas davantage à changer la paille des matelas et à nettoyer les couvertures, en sorte que le malheureux porté là était souvent enveloppé dans un tourbillon de méphitisme et de corruption.»

 

Beaulieu, le rédacteur du « Courrier français », arrêté comme suspect, apporte des témoignages analogues.

 

http://www.vimoutiers.net/imagesCC/Cour-Conciergerie%20w.jpg« La Conciergerie était, dit-il, la plus affreuse, la plus malsaine de toutes. Il faut savoir par soi-même ce que c’est que ces lieux infernaux pour imaginer combien un pauvre lit de camp, dans le coin d’une telle prison, est cependant une douce jouissance. J’ai couché, ou plutôt je me suis trouvé trois nuits avec une bande de voleurs dans un cachot infect ; les uns juraient, les autres fumaient, ceux-là racontaient leurs prouesses ; il fallait boire de l’eau-de-vie avec eux, leur payer ce qu’ils appelaient la bienvenue sous peine d’être maltraité et peut-être assommé. »

 

Lorsque, ces tristes jours furet passés, la Conciergerie, avec son aspect féodal, resta une des plus sombres prisons de Paris ; elle devint le vestibule de la Cour d’Assises, et joua son rôle dans les procès politiques. « Depuis les mauvais jours de la Révolution française, la Conciergerie, a dit, en 1846, un de ses historiens, ne manque jamais de subir le contre-coup de nos commotions politiques : elles frappent à sa porte pour lui jeter des débris qui sont des principes violés et des épaves qui sont des hommes proscrits. »

 

On pourrait lui appliquer les mots du geôlier de Marie Tudor : « Vois-tu, Gilbert, l’homme qui connaît le mieux l’histoire de ce temps, c’est le guichetier de la tour de Londres. »

 

Le dernier détenu politique de la Conciergerie fut, le 16 janvier 1883, le prince Napoléon Bonaparte, inculpé, à l’occasion de la publication d’un manifeste, de tentative d’attentat ayant pour but de hanger5 la forme du gouvernement ; à la suite d’un arrêt de non-lieu de la chambre d’accusation, il quitta la prison pour aller en exil ; on lui avait donné comme chambre le cabinet du directeur, dans la tour de César.6

 

 

La Conciergerie à partir du XIXe siècle

Au XIXe siècle, furent détenus à la Conciergerie des prisonniers célèbres tels que : Georges Cadoudal, Michel Ney et les anarchistes Felice Orsini et Ravachol.

La Conciergerie garde cette fonction carcérale tout au long du XIXe siècle et son appropriation au régime cellulaire est autorisée par arrêté du 15 mai 1855 lors des travaux de réfection des cellules par Louis-Joseph Duc. Le monument perd son statut de prison en 1914, il est classé monument historique, il est ouvert au public et abrite ponctuellement des expositions. On y trouve aussi une reconstitution des geôles révolutionnaires des cellules à pailleux, à pistole et celle de Marie-Antoinette, la lame de la guillotine qui servit à l’exécution de Lacenaire.

Le nom de Conciergerie désigne alors à la fois une partie du quartier de détention, c’est-à-dire la prison des femmes, et l’ensemble des salles gothiques, à savoir la salle des gens d’armes, la Rue de Paris, la salle des gardes et les cuisines. Ainsi, le nom de Conciergerie désigne des réalités différentes au cours des siècles mais elle a une origine pénitentiaire pratiquement depuis sa création.

Une partie de la Conciergerie nommée Dépôt est toujours utilisée pour les prisonniers en instance de jugement et les délinquants pris en flagrant délit, au 3, quai de l’Horloge, 75001 Paris. Il est aussi utilisé comme Centre de rétention administrative.

On trouve un témoin de la crue de 1910 à environ 1 mètre de hauteur de la salle donnant accès aux tours d’argent et César.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Palais_de_la_Cit%C3%A9

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Petit lexique

Brodequin 

Instrument de torture utilisé dans le ressort du Parlement de Paris pour la « question ». Il s’agissait de pièces de bois destinées à comprimer les jambes de l’accusé, que le bourreau serrait avec des coins, plus ou moins fort et plus ou moins longtemps, selon les directives des juges.

Concierge

Le concierge dirige, sous l’Ancien régime, une prison ordinaire importante, à Paris ou dans une ville de Parlement (cour d’Appel).

Commun (le Commun)

Le commun ou la Paille, regroupe dans un quartier ou dans une salle les plus pauvres prisonniers (ceux qui ne sont pas assistés par leur famille). Ils sont alimentés grâce à la charité chrétienne, puis au « Pain du Roi » à partir du XVIIIe siècle.


Gardien

Le terme de « gardien » est rarement utilisé sous l’Ancien régime. Il désigne, à partir de la Révolution, les hommes chargés d’assurer la discipline au sein des maisons d’arrêt et des maisons centrales. La discipline, mais pas la sécurité périphérique, confiée, jusqu’à la Première Guerre mondiale, à des militaires. Les «gardiens» ont été rebaptisés « surveillants » en 1919.


Geôlier

Le geôlier dirige, sous l’Ancien Régime, une prison ordinaire de petit ou moyen effectif.

 

Guichetier

Dans les prisons d’Ancien Régime, s’activent porte-clés et guichetiers, ceux-ci étant chargés de la porte de l’établissement. Dans certaines prisons, il n’est question que de guichetiers, le terme recouvrant alors les deux catégories d’agents.

Lieutenant général de police

A Paris, charge créée par Louis XIV en 1667. Ce haut personnage, auquel était confié la sûreté de la capitale, avait d’importantes attributions de police et de justice.

Dans les principales villes de province, officier institué en 1699. Chargé de la police au sens large (non seulement la sécurité publique, mais aussi la surveillance des métiers, les spectacles, l’approvisionnement, la propreté, etc.), c’était un magistrat dont les attributions avaient été soustraites aux tribunaux et, surtout, aux municipalités. Il était de ce fait considéré comme un rival par les maires et échevins, et cette réalité était source d’innombrables querelles.

Pitance 

Dans les dernières années de l’Ancien Régime, Malesherbes rend obligatoire la distribution du pain aux prisonniers les plus démunis ; c’est le « pain du roi ». Sous la Restauration, la « pitance ».

Pistole (la Pistole) 

Quartier et système de gestion privée des espaces d’une prison réservés aux prisonniers payants, les pauvres prisonniers dormant sur la paille du Commun.

Prévôt

Le terme désigne, en matière judiciaire, divers magistrats, ceux par exemple des maréchaux chargés de juger les délits des grands chemins, donc les vagabonds. Au sein des prisons, et ceci jusqu’à une date récente, un prévôt est un détenu de confiance qui exerce certaines fonctions de discipline, voire de surveillance, au lieu et place des gardiens.

Prisons ordinaires

Ancêtres, sous l’Ancien Régime, des maisons d’arrêt. Elles accueillaient des populations très hétérogènes : prévenus, accusés, petits condamnés, mais aussi les dettiers, les mineurs, les prostituées, les galériens attendant le passage de la chaîne, etc. Le même mélange est devenu la règle des maisons d’arrêt qui ont remplacé les prisons ordinaires.

Torture

Question préparatoire

 

Afin de terroriser l'accusé, l'inquisiteur use de sadisme en lui décrivant avec moult détails à quoi servent les instruments de torture. Les coups de fouet ne sont alors qu'une "douce" entrée en matière.

 

Question finale

 

Il s'agit de la dernière phase de la séance de torture. Le bourreau procède à la torture ordinaire, l'estrapade. Il suspend le condamné au sommet d'une potence par une corde qu'il laisse brusquement se dérouler jusqu'au sol. Paroxysme de la cruauté, la torture extraordinaire consiste en la dislocation des membres.

 

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Quelques pistes de lecture

- François BLUCHE, La vie quotidienne au temps de Louis XVI, Hachette, édition de poche, 1980.


- Christian CARLIER, Histoire du personnel des prisons françaises du XVIIIe siècle à nos jours, chapitre 1, Les prisons ordinaires, Editions de l’Atelier, Champs pénitentiaires, 1997, p.17-30.


- Camille DEGEZ, Un univers carcéral (XVIe-XVIIe siècles) la prison de la Conciergerie et sa société, Thèse de l’Ecole des Chartes, chapitre IV, 2005.


- Jean Claude FARCY, Approches historiques de la peine, cours Ecole Nationale de la Magistrature, 1999-2003.


- Frantz FUNCK-BRENTANO, Prison d’Autrefois, Editions Ernest Flammarion, 1935.


- Arlette LEBIGRE, La Justice du roi, Albin Michel, 1988,


- Arlette LEBIGRE, La Prison du Châtelet en 1664, L’Histoire n° 97, février 1987.


- J. LOREDAN, Marion du Faouët, La grande misère et les Voleurs au XVIIIe siècle, Paris, Perrin, 1933.


- Jacques-Guy PETIT, Prisons, Chronique d’une prison impossible, l’Histoire n° 272, Janvier 2003.


- Philippe POISSON, Le Grand et le Petit Châtelet, le 30 décembre 2005.

http://philippepoisson.unblog.fr/files/2008/10/legrandetlepetitchtelet.pdf


- Philippe POISSON, Prisons de Droit commun, Novembre 2008, dossier

http://philippepoisson.canalblog.com/archives/2008/11/24/11496456.html

http://philippepoisson.canalblog.com/archives/2008/11/26/11523584.html


- Philipe POISSON, Les Prisons ordinaires sous l’Ancien Régime, 23 novembre 2005

http://philippepoisson.unblog.fr/files/2008/10/lesprisonsordinairessouslancienrgime.pdf

 

 

Articles de presse dans la revue Historia

 

- En prison sous l'Ancien régime par Boringe

N° 386 - janvier 1979 - 8 pages.

 

- En prison sous Louis XV par Garnot

N° 507 - mars 1989 - 8 pages.

 

 

Crédits photographiques

 

Palais de Justice, la cour des anciennes cuisines de la Conciergerie.

Lithographie de Engelmann d'après un dessin de Schmit (prisons).

Musée de l'histoire de France © Centre historique des archives nationales.

http://www.merimee.culture.fr/fr/html/bio/bio_2_4.html

 

http://www.vimoutiers.net/imagesCC/Cour-Conciergerie%20w.jpg

 

 

1 Bethe Thelliez, l’Homme qui poignarda Louis XV, Robert-François Damien (1715-1757), Editions Tallandier, 2002.

3 Jean-Marc Varaut, Poètes en prison, de Charles d’Orléans à Jean Genet, Librairie Académique Perrin, 1989, p.54-71.

 

4 En 1721, la foule parisienne assiste à la mise à mort de Cartouche. Mais ce bandit au grand coeur mérite t-il sa réputation ? Intelligent, retors, séducteur, audacieux, Louis Dominique Cartouche est entré dans le banditisme presque par erreur. Écoeuré par la corruption qui ravageait le royaume au temps de la Régence, il devint contrebandier par hasard et, de fil en aiguille, organisa une véritable armée de bandits qui comprendra jusqu'à deux mille hommes. Il saignera à blanc tous les nobles et les bourgeois qui s'enrichissent grassement malgré la misère qui accable la population. Il investira des villes entières et se conduira toujours envers ses victimes avec une forme d'élégance cruelle. (Note de Ph.Poisson)

5 Orthographié ainsi dans l’édition originale de 1890.

6 Adolphe Guillot, Les Prisons de Paris et les Prisonniers, juge d’Instruction à Paris, E.Dentu, éditeur, Librairie des Gens de lettres, 1890, p.68-73.

http://www.criminocorpus.cnrs.fr/article265.html

 


Prisons anciennes (58)

 

 

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