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http://www.lexpress.fr/images/jaquettes/65/9782262016265.gifArchives de presse Libération - Dans l'entre-deux-guerres, il était le «flic le plus célèbre de France». Avec son prédécesseur Marcel Guillaume, il avait servi de modèle à Georges Simenon pour confectionner son personnage de Maigret. A la Libération, le commissaire Massu, l'homme «aux trois mille deux cent cinquante-sept arrestations», est arrêté, accusé de collaboration. En prison, il fait une tentative de suicide. Blanchi, il sort de Fresnes, après huit mois d'internement. C'est un homme brisé, qui part en retraite quelques mois plus tard.

Inavouables. «L'as de la brigade criminelle» de Paris a payé les fautes d'une institution. Ses épreuves illustrent l'«ambiguïté du rôle des policiers pendant l'Occupation», écrit l'historien Jean-Marc Berlière, dans son ouvrage de référence, les Policiers français sous l'Occupation (1). La guerre, c'est la période noire de la PJ, sa face honteuse. A propos de ses brigades, Clemenceau disait qu'elles formaient la «seule police qu'une démocratie puisse avouer, celle des crimes et des délits». Sous le gouvernement de Vichy, ses missions deviennent inavouables.

Dès les premières attaques antiallemandes, Vichy veut montrer à l'occupant l'efficacité de sa police. La PJ, comme les Renseignements généraux ou la police municipale, se dote de sa «brigade spéciale criminelle» chargée de la lutte contre les «terroristes». Ce sont ses hommes qui démantèlent le groupe de Gilbert Brustlein qui a tiré contre un Feldkommandant à Nantes en 1941. Sept jeunes communistes sont fusillés après un simulacre de procès.

Rebaptisée, en novembre 1942, police de sûreté, la PJ participe activement à la traque des résistants, des Juifs, des francs-maçons... Au sein des brigades mobiles régionales de la PJ (BR), des sections des affaires politiques (SAP) voient le jour. «On attribue aux sections des affaires politiques des BR plus de 5 000 arrestations», rapporte Jean-Marc Berlière.

Son directeur, Jean-Félix Buffet, sera fusillé en 1944. Décrit comme un «mobilard à la carrière médiocre», il a profité des événements pour prendre du galon. Comme beaucoup de ses collègues épurés à la Libération, c'est un fonctionnaire appliqué et discipliné, un «bon républicain» qui a réprimé la Cagoule, groupe armé d'extrême droite, à la fin des années 30. Il agit par opportunisme et discipline, non par idéologie. Rien à voir avec le commissaire Schweblin, antisémite enragé qui dirige la police aux questions juives.

Repris de justice. Cela n'empêche pas Buffet de collaborer sans état d'âme avec la Gestapo et son officine de la rue Lauriston, formée de truands qui pratiquent le meurtre et la rapine. Ces repris de justice sont encadrés par des policiers, révoqués ou détachés, tel Pierre Bonny, un ancien de la PJ destitué en 1935 pour fautes graves. La PJ compte aussi quelques résistants illustres, comme Michel Hacq, de la 12e brigade de Reims, déporté au camp de Mauthausen.

(1) Jean-Marc Berlière (avec Laurent Chabrun), les Policiers français sous l'Occupation, Perrin, Paris, 2001.

03/02/2007 à 05h51

La face honteuse de l'Occupation

De 1940 à 1945, la PJ a arrêté plus de 5 000 résistants, juifs ou francs-maçons.

http://www.liberation.fr/evenement/010193006-la-face-honteuse-de-l-occupation



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