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http://www.yonne-89.net/_derived/Dame_de_Champignelles.htm_cmp_copie-de-angles-droits-8-010_bnr.gifL'affaire de « la Femme sans nom » est certainement l'une des plus étranges qui aient jamais défrayé la chronique judiciaire. Le 21 janvier 1788 étaient célébrées à Orléans les obsèques de la marquise de Douhault, décédée au cours d'un séjour dans cette ville. Quelques jours plus tard, à la Salpêtrière, une inconnue revendiquait ce nom et tentait désespérément de se faire reconnaître. Pendant des années, témoignages et interventions se manifestèrent sans que la justice parvint à donner un état civil à celle que l'on devait nommer « la Femme sans nom ». Les soupçons les plus lourds pesèrent sur le frère de la présumée défunte...

 


Satisfait d'avoir retrouvé des documents exceptionnels qui levaient un coin du voile tombé sur le passé, Edmond, le paysan, s'était passionné peu à peu pour la recherche des faits les plus divers concernant la vie, les habitudes et les mœurs des générations disparues. Son éducation, son environnement, son travail ne le prédisposaient pourtant pas à cette activité. Des amis étonnés mais satisfaits de cette soif de connaissances venaient à sa rencontre, apportant de ci de là de précieux éléments. Lorsqu'il quittait la cote bleue de chauffe pour revêtir l'habit du dimanche, il avait plus l'allure du touriste libéré de toutes contraintes que du paysan qu'il était. Avec sa casquette de tweed bien enfoncée sur le crâne et ses favoris mangeant les joues on aurait dit un lord Ecossais. Son nez fortement arqué révélait une forte personnalité. II n'était pas particulièrement grand, un mètre soixante-quinze environ mais il avait gardé un corps de jeune homme et un ventre plat.

Yvonne aurait été belle femme si elle avait soigné sa tenue. Elle était plutôt vieux jeu et portait ses cheveux clairs en chignon roulé derrière la tête. Elle ne faisait aucun effort vestimentaire et se coiffait souvent de la "bicanette", le foulard des paysannes d'autrefois, nouée sur le crâne. C'était pratique mais n'avait rien d'élégant. Elle craignait que la coquetterie ne soit l'amorce de la coquinerie. Ses enfants qui la taquinaient à ce sujet n'avaient jamais réussi à la convaincre. Elle traînait une éducation stricte, tenace. Mais elle avait un certain charme, une belle intelligence ainsi que beaucoup d'esprit. Elle avait gentiment rétorqué à l'une de ses relations ayant pour habitude de geindre régulièrement sur le temps présent, que les hommes sont faits de telle sorte qu'ils voient toujours le passé meilleur qu'il n'a été, le présent pire qu'il n'est et l'avenir plus heureux qu'il ne sera.

Ils formaient un couple uni, satisfait de son sort, conscient qu'une activité commune telle que la leur était le bien le plus précieux. Complices dans la vie, ils l'étaient devenus dans la traque du passé.

Ayant consulté par hasard l'œuvre de l'académicien G. Lenotre "La femme sans nom" racontant l'extraordinaire histoire d'une femme de Champignelles, Edmond et son épouse poussèrent plus avant leurs recherches. Ils se retrouvèrent à Champignelles, grosse bourgade située aux confins du Gâtinais et du Morvan, à mi-chemin entre Auxerre et Gien...


L'intégralité de cet article :

La Dame de Champignelles

Pierre JEAUNEAU - Yonne, Terre de Passion -Ouvrage édité par l'auteur en Juin 2003 -

http://www.yonne-89.net/Dame_de_Champignelles.htm


Lire :

La Femme sans nom d' Henri Delmont, Historia n° 278, janvier 1970, p. 82-91.


Affaires criminelles - Criminalité (103)

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