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Le numéro 2 de la phénoménale trilogie du Suédois Stieg Larsson dévoile l’identité du maléfique personnage qui a empoisonné la jeune vie de Lisbeth, l’héroïne défendue becs et ongles par un journaliste de la revue Millénium. Ce méchant personnage est un espion soviétique passé à l’Ouest.


Longtemps la Suède a réussi à se soustraire à la logique des blocs. Longtemps, elle voulut rester neutre, coincée qu’elle était entre l’Allemagne nazie et l’Union soviétique. C’est pourquoi, après la disparition de ces deux mastodontes, elle a attendu 1994 pour adhérer à l’Union européenne. Pourtant, l’intrigue de la trilogie de Millénium, fiction matinée de réalisme, met en scène un espion soviétique réfugié très secrètement en Suède, au plus fort de la guerre froide, pour le plus grand bonheur des Etats-Unis. La neutralité a des limites… Et elle a été à géométrie variable au cours des siècles. Ainsi sous le règne de Gustave Eriksson Vasa (1523-1560), la Suède s’engage dans une politique européenne marquée par la signature du premier traité avec la France de François 1er. Le roi Gustave Adolphe (1611-1632) récidive en signant en 1631 une alliance avec la France de Richelieu. Ces bonnes relations sont rompues par la Révolution française. Gustave IV (1792-1809) s’engage alors dans la lutte des cours d’Europe contre Napoléon. Las, la réconciliation de la France et de la Russie en 1807 laisse la Suède très vulnérable face au tsar. Une dure leçon qui ne sera pas oubliée. Le maréchal Bernadotte, devenu roi de Suède, engage donc le pays dans une politique de rapprochement avec la Russie. Sous le long règne de Gustave V (1905-1950), la Suède affiche enfin, et pour sa plus grande tranquillité, une neutralité sans faille au cours des deux guerres mondiales. Parfois au prix d’importantes concessions, notamment auprès de l’Allemagne nazie. Mais après la victoire des alliés, ce sont les Etats-Unis qui voient leur influence s’accroître, même si la neutralité reste de mise. Et voilà pourquoi l’espion soviétique de Millenium vient se réfugier au pays des Nobel.  

 

François Quenin

 

 

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