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http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/165x250/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/9/1/0/9/1/4/9791091447034FS.gifEnquête sur un sujet tabou : l'ensauvagement d'une nation. Toutes les 24 heures : 13 000 vols, 2 000 agressions, 200 viols. "Ces derniers jours, un charmant individu, que nous nommerons Vladimir, a ramassé trente ans pour le meurtre de sa compagne, dont 22 ans de sûreté, soit un an le coup de marteau. Ledit Vladimir, quelques semaines plus tôt, était jugé dans le cadre de la désormais célèbre “affaire des tournantes”, où la justice a expliqué aux Françaises, sans trembler, qu’on pouvait être un violeur en réunion et s’en tirer avec du sursis.


Sur 14 prévenus, Vladimir était l’heureux élu, le seul à prendre de la prison ferme. Un an. Pendant ce temps-là, un clandestin était interpellé, pour la 97e fois, au volant d’une voiture volée, après avoir mordu et fracturé le bras d’un policier d’un coup de tête. Pendant que Christiane Taubira veut “rompre avec le tout carcéral”, une centenaire a été poussée au sol et gravement blessée par “plusieurs personnes”, pour une montre.


Pendant ce temps-là, on apprend que les barquettes de viande vendues dans un supermarché de Lille sont protégées par des antivols. Pendant ce temps-là, un policier de la BAC a été lynché dans une “cité sensible” de Montpellier. Pendant ce temps-là, un Toulousain a eu l’idée pas très vivre-ensemble de klaxonner derrière un véhicule qui bloquait la chaussée d’un “quartier populaire”. Vigilants, vingt riverains lui ont administré une correction citoyenne, à coups de chaises et de tessons de bouteilles.


Alors, pourquoi ce livre ? Parce qu’aujourd’hui, un simple regard peut tuer".Laurent Obertone.

 

Diplômé de l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille et considéré par Michel Houellebecq comme l’une des grandes signatures de demain, Laurent Obertone a présenté sa démission à l’hebdomadaire qui l’employait pour se consacrer à l'écriture.
  • Date de parution : 17/01/13
  • Editeur : Ring (Editions)
  • ISBN : 979-10-91447-03-4
  • EAN : 9791091447034
  • Présentation : Broché
  • Nb. de pages : 349 pages

 

SECURITE – Dans son premier livre, « La France orange mécanique », Laurent Obertone affirme qu’il y a 200 viols par jour dans l’Hexagone, soit environ un toutes les sept minutes…

 

Sorti début janvier, le livre* culmine au top 10 du classement des ventes sur Amazon, entre Marc Levy et Johnny Hallyday. «On a commandé 18.000 réimpressions», assure-t-on aux éditions Ring, où l’on persuade que «ce succès est parti d’Internet, du bouche à oreille, malgré l’absence de couverture médiatique». Avec «La France orange mécanique», Laurent Obertone (c’est un pseudonyme) a jeté un pavé dans la marre des statisticiens, criminologues et sociologues de la délinquance. Jeune journaliste de 28 ans, ce diplômé de l’école supérieure de journalisme (ESJ) de Lille a lâché son poste de localier dans un hebdomadaire départemental de Champagne-Ardenne pour s’intéresser aux «vrais chiffres», dit-il, de la «réalité de la violence».

 

Bienvenue dans une France ultra-violente, où les bandes, les violeurs et les voyous vous attendent au coin de la rue, vous frappent gratuitement, pour un simple regard. «13.000 vols, 2.000 agressions, 200 viols toutes les 24 heures», assure-t-il, s’appuyant sur les «enquêtes de victimation» réalisées régulièrement par l’Insee et l’Observatoire national de la délinquance (ONDRP). Des chiffres officiels «trois fois supérieurs» à ceux communiqués par le ministère de l’Intérieur. Discours alarmiste? Sécuritaire? «Ces chiffres sont publics. C’est la réalité qui est extrémiste, abominable, et je ne peux pas faire autrement que de l’affronter», se défend-il.

 

Justice laxiste


«J’ai rencontré beaucoup de victimes. J’ai voulu me placer de leur côté pour raconter leur quotidien», jure-t-il, se refusant à «trouver des excuses aux délinquants». «Dans notre pays s’est déroulée une véritable révolution culturelle. On ne se sent intellectuellement supérieur que lorsque l’on prend position pour le criminel et qu’on s’efforce d’en minimiser la responsabilité. Faute de quoi on fait partie des bourgeois, des beaufs, de ceux qui stigmatisent, qui amalgament, qui raisonnent simpliste et qui votent sans doute populiste», écrit-il. Décomplexé? «Je l’assume», tranche-t-il. Populiste ? «Populaire», corrige-t-il. On n'est pas loin du style de Zemmour et Ménard...

 

La liste des faits divers tirés de la presse nationale et surtout régionale s’abat au fil des pages, au service de ce qu’il entreprend de démonter. Justice laxiste, bonne morale gauchiste, statistiques partielles et orientées… Ses ennemis? Les sociologues «bien-pensants», les médias «complices du système», les déclarations «d’un autre temps» de Christiane Taubira, la politique «de Français autochtones, de gauche comme de droite, coupables d’avoir favorisé une immigration de peuplement coupée des réalités économiques et sociales».

 

« Dernier avatar du lobby sécuritaire »


Un tel point de vue sur la délinquance ne pouvait être que préfacé par Xavier Raufer, criminologue, qui averti d’entrée de livre: «Vos questions vont singulièrement vous compliquer l’existence. Une meute de persécuteurs polyvalents, d’antifascistes oniriques, de suffragettes de ligues de vertu, va vous tomber sur le poil», prévient-il. Jeu de l’esprit et formules littéraires pour se protéger d’éventuelles critiques.

 

Pourtant, dans le camp adverse, le sociologue et spécialiste de la délinquance, Laurent Mucchielli, auteur de l’«Invention de la violence», ne pouvait pas rester de marbre. «Ce livre est parfaitement scandaleux. C’est le dernier avatar du lobby sécuritaire», conteste-t-il. «C’est du marketing commercial pour faire peur aux gens car ces chiffres étaient connus depuis longtemps», réagit-il. La principale faute d’Obertone? «Il finit en conclusion par dire que la violence, c’est la faute des immigrés. Bref, du sous-journalisme au service du tout sécuritaire.»

 

Sans doute, ses thèses et positions ne manqueront pas d’être reprises par le Front national, sur lequel d’ailleurs il émet des jugements critiques. Laurent Obertone estime que son livre n’est pas «politisé» et attend de travailler «avec la gauche». Paraît-il, Manuel Valls, le ministre de l’Intérieur, en aurait lu les bonnes feuilles. Que l’on soit d’accord ou non avec lui, son livre convainc définitivement le lecteur que la sécurité n’a rien à voir avec les chiffres. Mais bien avec la façon dont ils sont utilisés, au service d’une idéologie, quelle qu'elle soit.

 

*« La France orange mécanique », Laurent Obertone, Ring, 18 euros


William Moli

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