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http://www.albin-michel.fr/multimedia/Article/Image/1997/9782226094919-X.jpgDocument 1997 - Qu'est-ce que la main courante ? L'équivalent d'une "boîte noire" où, deux fois par vingt-quatre heures, les agents de police consignent les mille et un événements des rues de Paris. Conscient du "trésor" contenu dans ces registres, Pierre Miquel a obtenu l'autorisation spéciale de la Préfecture d'en dépouiller les informations.


Avec son inégalable talent, l'historien nous propose ici le fruit de ses recherches. Querelles de voisinage, pillages de magasins, manifestations, bagarres électorales : c'est toute l'histoire de la première moitié du XXe siècle à Paris que l'on voit se dérouler - de l'Exposition universelle à l'Occupation, la Libération puis l'Épuration, en passant par les mouvements syndicaux de 1906, la Grande Guerre et ses déserteurs, la crise des années trente et ses réfugiés. On découvre ceux qui d'habitude n'ont jamais droit de cité : vagabonds du carreau des Halles, marchands de réglisse des Tuileries, mécaniciens de Belleville, épiciers juifs de la rue des Rosiers... Mais aussi la vraie Casque d'or dans un bordel, des victimes de la bande à Bonnot, des trafiquants du marché noir...


Fourmillant d'anecdotes, le récit de Pierre Miquel dessine la mosaïque d'une société soumise à une bouillonnante actualité de crimes, d'émeutes, d'attentats et de trafics contre laquelle la police se mobilisait déjà. Une dimension surprenante de l'histoire : profondément humaine et proche de chacun

 

La Main courante

Auteur(s) : Pierre Miquel

octobre 1997



Pierre Miquel : l’historien de la vie des gens

Paul-François Paoli
27/11/2007 – Le Figaro

 

http://blufiles.storage.live.com/y1pOGTQtLI8I4jq3wHobnEVDgHLEaB5sjpOiFIlzdSyag2eF08tHGO1yr4ni8C-4STQs4D38V1ffpgL’historien populaire, auteur de plus de cent vingt livres, est mort hier, à l’âge de 77ans.

Aux yeux du grand public, Pierre Miquel était le spécialiste de la Première Guerre mondiale et, plus largement, de nombreux épisodes de l’histoire de France parmi lesquels : la Révolution française, les deux Empires, et aussi la Seconde Guerre mondiale et la guerre d’Algérie. Se définissant lui-même comme « un historien de la vie des gens », ce conteur de talent avait su rendre ses récits aussi attrayants qu’efficaces : pour écrire l’histoire contemporaine, il n’avait pas hésité, à l’époque, à recourir à des témoignages de survivants, de la Grande Guerre notamment.

Né en 1930 à Montluçon, dans l’Allier, agrégé d’histoire, diplômé de philosophie, Pierre Miquel commença sa carrière comme professeur au lycée d’Avignon en 1958, puis devint maître de conférences à l’Institut des sciences politiques de Paris, à partir des années 1960. Après avoir enseigné à la faculté de Nanterre, il redevient professeur au lycée Carnot à Paris, avant d’assurer des cours à la Sorbonne, notamment dans le domaine des communications de masse à partir de 1975.

Homme de plume et d’image

 Ce sujet qui le passionne, va le mener, outre la publication en 1973 d’une Histoire de la radio et de la télévision, à entreprendre une double carrière d’homme de télévision et d’homme de plume, non seulement en tant qu’essayiste, mais aussi en tant que romancier historique.

Responsable des documentaires sur Antenne 2, au milieu des années 1970, il publie une première Histoire de la France en 1976, qui connaît le succès. Celui-ci ne se démentira plus, et ses livres, il en écrira parfois plusieurs par an, qui seront publiés notamment chez Fayard, Albin Michel et Hachette, rencontreront un large public. Parmi ses très nombreux ouvrages consacrés à la Grande Guerre, on retiendra, Les Pantalons rouges, La Grande Guerre, Le Chemin des Dames, Les Poilus d’Orient, la Bataille de la Marne et, plus récemment, Mourir à Verdun. Ils feront de Pierre Miquel le spécialiste attitré de cette période. Il aura notamment les honneurs de la prestigieuse collection « Terre humaine » de Jean Malaurie, pour son essai sur les poilus (2000). On lui doit aussi une Petite Histoire des stations de métro et un livre sur Le Langage des fleurs dans l’histoire.

Outre la Révolution, l’Empire ou la Seconde Guerre mondiale, Pierre Miquel se penche sur d’autres périodes historiques comme l’Antiquité ou le Moyen Âge. Il se consacre aussi à des phénomènes négligés. Ainsi publie-t-il en 1997 La Main courante, ouvrage passionnant puisé aux archives de la police parisienne entre 1900 à 1945 qui forme un tableau étonnant de mœurs. Il s’est aussi intéressé à des groupes sociaux particuliers comme les aristocrates à l’époque de la Révolution dans Les Aristos.

Républicain de conviction, homme de gauche et admirateur de Jules Ferry et de Clemenceau, auquel il consacrera une biographie, Pierre Miquel n’a jamais enfermé son goût de l’histoire dans des ornières idéologiques. Son dernier livre, Austerlitz, en 2005, lui avait valu d’être récompensé par l’armée de terre, qui lui avait décerné le prix Erwan-Bergot.

Pierre Miquel avait aussi le goût des collections, notamment celle des petits soldats en étain du Premier Empire. C’est très peu de temps après sa consécration par l’institution militaire que l’historien fut terrassé par une attaque cérébrale. Il était, depuis, soigné à l’Office national des anciens combattants de Boulogne-Billancourt, où il est décédé.

http://www.lefigaro.fr/culture/2007/11/27/03004-20071127ARTFIG00319-pierre-miquel-lhistorien-de-la-vie-des-gens.php

 

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