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Nous avons dévoré avec un grand plaisir La marquise de Brinvilliers (Perrin, mars 2010, 260 pages, 20 euros), un récit palpitant par Agnès Walch.

La marquise de BrinvilliersCette biographie ou plutôt cette enquête policière est signée Agnès Walch. Maître de conférences à l'université d'Artois, l'auteur s'est déjà signalée par une Histoire de l'adultère (Perrin, 2010). Elle nous surprend une nouvelle fois avec un récit qui mêle la grande et la petite Histoire et se conduit comme une enquête policière.

Dans un style enjoué et vif, sans pédanterie ni surcharge bibliographiques, Agnès Walch mène son récit comme une enquête, en commençant par la mort d'un gentilhomme, Jean-Baptiste Gaudin de Sainte-Croix, le 31 juillet 1572.

Beaucoup de gens se croisent dans la chambre mortuaire, pour des raisons diverses. Parmi eux un sergent de ville qui fait la cour à une servante de la famille du défunt et manifeste une certaine curiosité pour les affaires de celui-ci... À l'ouverture du testament, voilà que le commissaire met la main sur une cassette et une confession. Il la jette au feu sans l'ouvrir, avec l'approbation de la compagnie.

De proche en proche, on va découvrir que Sainte-Croix était féru de poisons et d'alchimie et qu'il partageait sa science avec sa maîtresse, Marie-Madeleine d'Aubray, marquise de Brinvilliers, fille d'un notable important, le lieutenant de police Dreux d'Albray.

Louvois contre Colbert

Nous ne dévoilerons pas la suite même si tout le monde connaît le dénouement, à savoir la décapitation en place publique de la marquise mais ce que souligne avec art l'historienne est l'imbrication dans ce fait divers sordide de la «grande» politique et des affaires de basse police.

Il se trouve en effet que Dreux d'Albray est lié par des relations d'affaires à Pierre-Louis Pennautier, receveur général du clergé et homme de confiance de Colbert, le ministre le plus puissant du gouvernement. Or, Colbert a un ennemi déterminé en la personne de Louvois, ministre de la Guerre. Et celui-ci va mettre tout en œuvre pour arrêter la marquise, jusqu'à la faire enlever dans le couvent de Liège où elle s'était cachée, dans l'espoir de faire culbuter Colbert.

On sait que ses attentes seront vaines mais que l'enquête, de rebondissement en rebondissement, va surtout salir la Cour et jeter une ombre noire sur le Grand Siècle... Ne croirait-on pas à des manœuvres de quelques ministres et responsables politiques contemporains ?

André Larané

http://www.herodote.net/articles/article.php?ID=1083


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