Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog


A quelques jours du trentième anniversaire de la mort de l'ancien ministre du travail Robert Boulin, de nouveaux témoignages évoquent la piste d'un assassinat politique et remettent en cause la thèse du suicide retenue par l'enquête judiciaire, dont la famille demande la réouverture.

Ministre de Valéry Giscard d'Estaing pressenti pour Matignon, Robert Boulin avait été retrouvé mort dans 50 cm d'eau dans l'étang du Rompu à Saint-Léger-en-Yvelines (Yvelines). Officiellement il s'est suicidé après avoir absorbé des barbituriques, peu de temps après avoir été mis en cause dans une affaire immobilière à Ramatuelle (Var).

Révélés mardi 27 octobre par France Inter, plusieurs témoignages mettent à mal cette thèse. Ainsi, pour l'ancien ministre gaulliste Jean Charbonnel, Robert Boulin aurait été victime d'un "règlement de comptes politique". "Je n'ai plus de doute, je pense qu'il a été assassiné", a expliqué M. Charbonnel. "La version du suicide ne colle pas et les coupables possibles […] ont agi à ce moment pour des raisons purement politiques et qui allaient plus loin que les simples affaires immobilières", affirme M. Charbonnel.

Peu de temps après la mort de Robert Boulin, Jean Charbonnel dit avoir évoqué avec Alexandre Sanguinetti, figure du parti gaulliste et membre influent du Service d'action civique (SAC), des assassinats commis sous la Ve République. M. Sanguinetti "m'avait dit : « Je crois que c'est un assassinat aussi.' Il m'avait cité deux noms de personnalités politiques et une organisation qui pouvaient être impliquées dans cette affaire parce que Robert Boulin était une gêne pour eux, une menace pour eux », rapporte M. Charbonnel.

"C'EST FORCÉMENT UN ASSASSINAT"

Ces propos sont corroborés par la fille d'Alexandre Sanguinetti, Laetitia. "Dans les quinze jours qui ont suivi [la mort de Robert Boulin], il a très clairement dit : 'C'est forcément un assassinat, ça ne peut être que ça'", explique-t-elle sur France Inter. Selon elle, Robert Boulin disposait d'informations sur un "réseau de fausses factures". "A partir de là, je crois que Robert est devenu une cible", raconte Mme Sanguinetti, "prête" comme Jean Charbonnel à témoigner devant la justice.

D'autres témoins mettent également en doute la thèse du suicide : un assistant légiste ayant participé à la seconde autopsie en 1983 évoque un "hématome derrière le crâne" et des marques de liens sur les poignets. "Pour moi, cette personne a été assommée", résume-t-il. Un ancien policier présent sur les lieux réfute quant à lui la thèse selon laquelle ces blessures auraient été infligées en sortant le corps de l'eau.

Me Olivier Morice, avocat de la fille de Robert Boulin, interrogé par l'AFP, juge "incontestablement", que "ce sont des éléments extrêmement importants qui doivent conduire à une réouverture de l'enquête" et il compte faire une demande en ce sens. Pour la justice, le dossier Boulin est clos depuis 1991 : l'enquête ouverte à la suite d'une plainte pour homicide volontaire de la famille en 1983 s'était alors soldée par un non-lieu.

Pour conclure au suicide, les juges avaient notamment retenu les huit lettres envoyées par le ministre à la police, à des médias et différentes personnalités, dont Jacques Chaban-Delmas, la veille de sa mort. De nombreux témoins avaient raconté qu'il était très déprimé en raison de sa mise en cause dans le scandale de Ramatuelle. En 2007, la famille s'était vu refuser la réouverture de l'enquête malgré la révélation d'éléments nouveaux à ses yeux.

Affaire Boulin : de nouveaux témoignages relancent la thèse criminelle

LEMONDE.FR avec AFP | 27.10.09 | 10h44  •  Mis à jour le 27.10.09 | 10h58




La thèse criminelle relancée dans l'affaire Boulin

Par Reuters, publié le 27/10/2009


PARIS - De nouveaux témoignages censés accréditer la thèse de l'assassinat dans l'enquête sur la mort en 1979 de Robert Boulin, ministre du Travail du président Valéry Giscard d'Estaing, ont été publiés mardi.

France Inter a diffusé ces témoignages à l'approche du trentième anniversaire de l'affaire et l'avocat de la fille de l'ancien ministre, Me Olivier Morice, a annoncé qu'il allait déposer une nouvelle demande pour rouvrir le dossier.

Une précédente demande a déjà été rejetée en octobre 2007, le parquet général de Paris estimant qu'aucune déposition ne venait contredire les éléments à l'appui de la thèse du suicide.

Robert Boulin avait été retrouvé noyé dans une faible profondeur d'eau d'un étang de la forêt de Rambouillet le 30 octobre 1979, à Saint-Léger-en-Yvelines. Il avait absorbé une très forte quantité de barbituriques.

L'enquête initiale, menée en l'absence de plainte de la famille, avait conclu au suicide. Après le dépôt d'une plainte, une information judiciaire menée entre 1983 et 1992 avait abouti à un non-lieu, confirmé en appel.

La justice a conclu que le ministre avait cédé à un accès de désespoir en raison de sa possible mise en cause dans un scandale immobilier à Ramatuelle (Var).

Il avait posté personnellement le 29 octobre 1979 huit lettres expliquant son geste à la police, à des avocats, à des médias et à différentes personnalités.

Parmi les nouveaux témoins évoqués par France Inter, un ancien assistant des médecins légistes qui dit avoir participé à l'autopsie de Robert Boulin en 1983 dit avoir vu trace d'un coup derrière le crâne du ministre et une trace de lien au poignet.

L'ex-secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères gaulliste Jean Charbonnel parle de confidences d'Alexandre Sanguinetti, figure du gaullisme, évoquant l'assassinat de Robert Boulin.

Un ex-policier affirme que son oncle - qui est mort aujourd'hui - lui avait dit avoir assisté à l'assassinat de Robert Boulin.

Fabienne Boulin estime que son père a été assassiné après une conspiration politique fomentée au sein du RPR et impliquant le SAC, service d'ordre du parti gaulliste. Robert Boulin était à l'époque des faits pressenti pour Matignon.

La théorie de l'assassinat, très ancienne, a toujours été combattue par de nombreuses personnes, pas seulement à droite. Robert Badinter, premier avocat de la famille Boulin et ancien ministre socialiste de la Justice, a toujours dit croire au suicide.

http://www.lexpress.fr/actualites/2/la-these-criminelle-relancee-dans-l-affaire-boulin_824199.html

En complément sur le blog :


La mort de Robert Boulin

L'affaire de la mort du ministre Robert Boulin relancée ...

Le Service d'action civique...

La tuerie d'Auriol - Repères

Les truands au service du pouvoir

Commenter cet article