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http://www.emich.edu/studentorgs/clubdefrancais/images/%27%27Lacombe%20Lucien%27%27%20dvd.jpgLacombe Lucien

Un film français de Louis Malle (1974).

2 h 12 min - Scénario : Louis Malle et Patrick Modiano

Photographie : Tonino Delli Colli

Montage : Suzanne Baron

Musique : Django Reinhardt


Avec : Pierre Blaise (Lucien), Aurore Clément (France), Holger Löwenadler (Albert Horn), Therese Giehse (la grand-mère), Stéphane Bouy (Jean-Bernard), Jean Bousquet (Peyssac)

 

Louis Malle, âgé seulement de 13 ans à la Libération, affirme avoir été profondément marqué par la période de l'Occupation, et, après Lacombe Lucien en 1973, il consacrera d'ailleurs un autre film à cette période trouble, Au revoir les enfants. Si ce dernier film est directement inspiré de ses souvenirs, l'inspiration de Lacombe Lucien est plus diffuse. Dès 1954, sa rencontre fortuite avec Pierre-Antoine Cousteau (le frère du commandant) produit sur lui un effet étrange : Malle est frappé par le discours toujours doctrinaire et monstrueux de cet ancien collaborateur finalement libéré de prison. Quelques années plus tard, au cours d'un reportage sur la guerre d'Algérie, il rencontre un jeune aspirant d'apparence anodine, plutôt gentil et timide ; mais il se rend compte au fil de leur discussion que ce dernier est officier de renseignements, et donc chargé des tortures. Là encore, Malle se retrouve confronté à un discours d'autojustification dont l'aveuglement le surprend. En 1971, la révélation de l'affaire des halcones, au Mexique, conduit Malle à tenter de rédiger un premier scénario : les halcones étaient des enfants du sous-prolétariat, des jeunes gens souvent perdus et misérables que la police utilisait pour renverser les manifestations d'étudiants. Ces miliciens payés agissaient avec un zèle consternant. Malle a finalement dû abandonner son projet, mais, rentré en France en 1972, il essaye de transposer son sujet pendant la période de la guerre d'Algérie, avant de situer finalement son histoire sous l'Occupation, dans le Lot, où il possédait une maison. Peu à peu, l'histoire de Lucien prend forme et Malle a fait appel au romancier Patrick Modiano pour la renforcer.


Le scénario était en fait bien plus que vraisemblable : un paysan du Lot a en effet raconté à Louis Malle l'histoire d'« Hercule », un jeune homme de très petite taille, affecté d'une malformation, qui avait été payé par la Gestapo pour infiltrer un maquis de la région. Malle s'est même rendu compte que sa propre maison, acquise après guerre, avait été le théâtre de cette histoire.


L'histoire


Juin 1944, dans une petite préfecture du Sud-Ouest. Fils de paysans, Lucien Lacombe fait des ménages dans un hospice. Ne pouvant rester chez lui, il tente de rejoindre le maquis, mais est refusé par l'instituteur qui le commande. Une banale crevaison de vélo le conduit finalement dans les locaux des auxiliaires français de la police allemande. Les policiers lui soutirent facilement le nom du responsable du maquis et Lucien se retrouve embrigadé dans la police allemande. Le jeune homme jouit du pouvoir qui lui est dorénavant conféré. Il rencontre Albert Horn, un tailleur juif caché dans la région, et profite de son autorité pour s'installer chez lui et séduire sa fille, France, dont les sentiments et les réactions demeurent ambigus. Horn va finalement se livrer lui-même à la Gestapo, sans que Lucien ne puisse l'en empêcher. Un concours de circonstances amène Lucien à sauver France et sa grand-mère, alors même qu'il s'apprêtait à les emmener lors d'une rafle. Tous trois s'enfuient et s'installent dans une ferme abandonnée. Un carton nous apprend l'arrestation et la condamnation à mort de Lucien après la Libération.


L'intégralité de cet article est disponible en cliquant sur le lien ci-dessous

http://www.sceren.fr/tice/teledoc/dossiers/dossier_lacombe.htm



Un peu d'histoire :


http://www.decitre.fr/gi/34/9782262018634FS.gif

Darnand, fondateur de la Milice, trouvait le régime de Vichy trop porté aux compromis. Le Service d'ordre légionnaire (SOL) devient en 1943 la Milice, contre le régime républicain, les francs-maçons, les communistes et les juifs.


Quatrième de couverture

La Milice française se voulait une chevalerie porteuse de force et de renouveau. Elle devint une phalange maudite. Souvent évoquée mais peu étudiée, elle a fini par être considérée comme une sorte de Gestapo française au service de l'ennemi. La Milice est un témoignage extrême des ravages qu'ont pu exercer sur des hommes d'action, patriotes mais bardés d'œillères, d'abord un «maréchalisme» exacerbé et la phobie de la République ; ensuite un anticommunisme obsessionnel ; et enfin les prédications des ultra-collaborationnistes. Sous la conduite de son fondateur Joseph Darnand, la Milice s'est voulue le fer de lance de Vichy dans la lutte contre tous ceux qui, à ses yeux, étaient des suppôts de la démocratie et des alliés objectifs du bolchevisme : les maquisards et les «judéo-saxons». Enfermés dans la certitude que la défaite de l'Allemagne déboucherait sur une France communiste dans une Europe dominée par Moscou, la Milice devint inéluctablement l'alliée de l'occupant. Soldats-poli Darnand, fondateur de la Milice, trouvait le régime de Vichy trop porté aux compromis. Le Service d'ordre légionnaire (SOL) devient en 1943 la Milice, contre le régime républicain, les francs-maçons, les communistes et les juifs.



Histoire de la Milice

Pierre Giolitto

Poche -Paru le : 07/03/2002

Editeur : Perrin


L'auteur en quelques mots... Pierre Giolitto, docteur ès lettres, a publié notamment Histoire de la jeunesse sous Vichy.




http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/dd/Le-traitre-Darnand.jpg/200px-Le-traitre-Darnand.jpgHéros des deux guerres et irrépressible homme d’action, Joseph Darnand (1897-1945) est aussi un farouche nationaliste antirépublicain. Membre de la Cagoule qui tente de déstabiliser la République, il est après la défaite nommé à la tête de la section de la Légion (LFC) des Alpes-Maritimes. Il crée dans le même temps un groupe paramilitaire : le SOL qui s’étend à toute la zone Sud. Antisémite et autoritaire, son organisation devient, en janvier 1943, la Milice française. Ultra-collaborateur, Darnand s’engage dans la Waffen SS et part sur le front de l’Est. Il connaît son heure de gloire, en janvier 1944, lorsqu’il est nommé sous la pression des Allemands secrétaire général au maintien de l’ordre.


Issu d’une famille modeste de l’Ain dont le père est cheminot, le jeune Joseph Darnand est imprégné des valeurs traditionnelles du catholicisme. Mobilisé durant la Grande Guerre, il se révèle comme un soldat exemplaire, toujours prêt à l’action. Après avoir été nommé adjudant, il est décoré de la Légion d’honneur par le président de la République en personne, Raymond Poincaré. Son action aurait permis, en juillet 1918, d’anticiper une attaque allemande qui serait à l’origine de la contre attaque finale de l’état-major français. Le héros de la Grande Guerre a cependant du mal à se réinsérer dans la vie civile. Ayant échoué aux examens pour devenir officier, il quitte l’armée en 1921. Baroudeur impénitent, cet homme d’action ne peut se contenter en temps de paix de sa vie de chef de chantier, puis plus tard de petit entrepreneur. Installé à Nice, il adhère donc successivement à plusieurs organisations nationalistes d’extrême droite (l’Action française, les Croix-de-Feu puis la Cagoule). Dans cette dernière, il assouvit une partie de son besoin presque irrépressible pour l’action. Arrêté en 1938 pour des attentats commis par la Cagoule, il ne doit sa liberté qu’à son avocat Xavier Vallat. Au moment de la déclaration de guerre en septembre 1939, le quadragénaire ne s’est guère assagi, il s’engage aussitôt comme combattant volontaire. Il constitue un corps franc et s’illustre encore aux combats. Une couverture de Paris-Match lui est même consacrée. Fait prisonnier le 19 juin 1940, il réussit à s’évader du camp de Pithiviers et regagne Nice. Grâce à ses compagnons de route d’extrême droite, notamment Xavier Vallat promu secrétaire général aux Anciens combattants dans le gouvernement de Vichy, il se retrouve à la tête de la section des Alpes-Maritimes de la Légion française des combattants (LFC). Très actif et fier des 50000 membres de la Légion de son département, Darnand constitue le premier embryon du Service d’Ordre Légionnaire (SOL), futur vivier de la Milice française, qui rassemble l’élite paramilitaire de la Légion du Maréchal. Pierre Pucheu, ministre de l’Intérieur, le remarque et l’appelle (...)

Joseph Darnand, un zélé collaborateur

Par Max Lagarrigue dans la revue Arkheia pour lire la suite

 


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