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http://lenaweb.site.voila.fr/Bagne_filles_perdues.jpgLe Bagne Des Filles Perdues

Comédie dramatique réalisé par Miguel M. Delgado

Avec : Katy Jurado , M. Douglas , Miroslava , Sara Montiel

1952. Durée : 1H20.

Synopsis

Evangelina Campos de Guzman, inculpée du meutre d'Alberto Suarez, est incarcerée à la meme prison de femmes que Dora, maitresse d'Alberto, qui lui voue une haine tenace. L'impitoyable surveillante-chef, prend plaisir a faire souffrir Dora, qui attend un enfant. Evangelina, au peril de sa vie, sauve celle du nouveau-né.

Le cinéma derrière les barreaux...

« Le cinéma derrière les barreaux » propose de vous condamner à une visite rapide des prisons cinématographiques.


Une première constatation s’impose. Sur 21 affiches, 12 proviennent de productions américaines. Les films dont l’action se passe en prison constituent un genre propre dont les Américains sont friands (reconnaissons que l’on retrouve à peu près les mêmes thématiques dans les autres cinématographies évoquées). Peut-être parce que ces films sont la preuve que leur justice fonctionne efficacement et qu’ainsi ils sont bien protégés.  

 

Cependant, si certains films font l’apologie du système carcéral, ils sont bien plus nombreux à dénoncer les mauvaises conditions de détention (Brubaker, La ligne verte, Zonzon pour la France) mettant ainsi en avant l’esprit libéral et de réforme de l’Amérique.


Autre raison majeure qui explique cet intérêt: les préparatifs d’évasion (il n’y a quasiment jamais de films de prisons sans évasions), sujet ô combien gratifiant pour un scénariste, combinent l’amour de la liberté au sens du pragmatisme (
Mes six forçats, Fils de forçat, L’évadé de l’île du diable, Alerte au bagne, Papillon), la virilité y étant systématiquement érigée en spectacle. Ce n’est pas un hasard si des acteurs comme Jim Brown (ancien joueur de football) ou Steve McQueen se retrouvent en tête de distribution de ce genre cinématographique. De temps en temps les codes de ces films sont tournés en dérision, preuve du succès du genre, et ce n’est plus Steve McQueen mais…Woody Allen qui tient le haut de l’affiche (Prends l’oseille et tire toi, La prison en folie).


Quand il s’agit de filmer les prisons de femmes, le discours devient plus pernicieux, le voyeurisme régnant en maître dans des séquences où tous les prétextes sont bons pour dénuder des prisonnières au physique de top model (
Femmes en prison, Le bagne des filles perdues, La vie sexuelle dans les prisons de femmes). Ce penchant pour le voyeurisme se développe plus récemment dans l’univers masculin, avec l’accent mis sur le sadisme, la violence et l’homosexualité qui règnent dans les prisons contemporaines.


Deux autres représentations des prisons apparaissent au cinéma. La première, évoquant l’histoire de la seconde guerre mondiale, décrit les camps de prisonniers et d’extermination. Si les premiers se rattachent indubitablement aux films d’évasions cités plus haut (
La grande évasion, Les indomptables de Colditz), les seconds témoignent de la barbarie exterminatrice (Kapò). La seconde évoque surtout les prisons ou prisonniers politiques. Dans cet échantillon, pas de films américains, ce qui atteste bien de leur croyance en la justice de leur pays, mais des films sud-américains (Mémoires de prisons, Le baiser de la femme araignée), italien (Le général della Rovere) ou turc (Yol).


Enfin, nous n’insisterons pas sur le pessimisme de John Carpenter, enfant terrible du film de genre, qui nous prédisait, dès 1997, un taux de criminalité record, faisant de l’île de Manhattan, le plus grand pénitencier du monde (
New York 1997).

 

Jacques Verdier

Institut Jean Vigo

 


Cinéma - Téléfilms (116)

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