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c3.jpgc2.jpg1 681619  pages vues à la date du 15 mars 2012 sur le blog en construction de Philippe POISSON créé le 11 décembre 2008. Ainsi 7223 articles à votre disposition concernant l’Histoire de la Police, de la Gendarmerie, des Galères, des Bagnes maritimes et coloniaux, des Prisons, des colonies correctionnelles, des  maisons de correction, des Hospices, des Hôpitaux… en passant par de nombreux articles consacrés à l’histoire du vêtement, à l'histoire de la vie quotidienne, des portraits de femmes et d’hommes qui ont traversé « l’Histoire » et « la petite Histoire »… Journée record le 24/04/2011 : 10 260 pages vues  ) - Visites totales au 15 mars  2012 : 924 483 - Pages vues le 15 mars 2012 : 2778 - Crédit photographique de PP - En réclusion culturelle à Castelmoron (Lot-et-Garonne) ... - Excellente semaine à tous - PP


 

c1.jpgC'est sur un site humide et marécageux appelé "Mauron", selon Froissart, près d'une boucle du Lot, que fut fondé à une date inconnue, un Prieuré autour duquel se fixa un premier peuplement : une sauveté. Au XIIIe siècle, l'habitat groupé autour du château en bordure de la rivière prit le nom de Castelmoron (Château des Marais). C'était le temps des Bastides.

 

Au début de la Guerre de Cent Ans, en 1345, la ville fut prise grâce à une feinte par les troupes anglaises du Comte de Derby. Ce dernier la donna au Chevalier de Caumont qui se trouvait sur les lieux. La seigneurie resta dans cette famille jusqu'au milieu du XVIIe siècle. En 1435, elle fut reprise par le Français et ses fortifications furent démantelées.

 

Au XVIe siècle, Castelmoron devint un des foyers calvinistes de l'Agenais. Son église réformée fut fondée en 1559. Epargnée pendant les guerres de religion grâce à un accord passé entre catholiques et protestants en 1609, elle vit toutefois son temple, d'abord interdit, livré à la démolition en 1693.

 

c4.jpgLa révocation de l'édit de Nantes (18 octobre 1685) provoqua l'exode d'un certain nombre de protestants. Un Castelmoronais, Mathieu Maury rejoignit l'Amérique. Ses descendants se distinguèrent dans la fondation des États-Unis, notamment son fils James, directeur d'une école qui compta parmi ses élèves Thomas Jefferson, futur président des États-Unis.

 

En 1668, la seigneurie de Castelmoron passa des Caumont aux Belsunce. C'est dans cette famille que naquit celui qui allait devenir évêque de Marseille Monseigneur de Belsunce-Castelmoron qui fit acte de dévouement pendant la peste de 1720.

 

Le XVIIIe siècle, éprouvé par les deux grandes inondations de 1728 et 1783 qui détruisirent en partie le Moulin de Lacoste (datant de 1290) et le Moulin Neuf (début XVIIIe) marqua cependant l'apogée de la navigation fluviale sur le Lot. Les nombreuses gabares, depuis le Port de Castelmoron, transportaient vins et farines (minots) vers Bordeaux à destination des pays du nord de l'Europe et des Antilles françaises. Un courant commercial s'établit avec Saint-Domingue et la Louisiane suscité par les maîtres des bateaux Castelmoronnais. Certains d'ailleurs s'installèrent dans les "Isles" des Antilles. Mais, dès la fin du XVIIIe siècle, la perte de nos colonies d'Amérique ferma définitivement cet horizon commercial.

 

La ville de Castelmoron traversa sans dommage la période révolutionnaire. Toutefois, un Castelmoronnais, Jacques Bujac fut guillotiné à Bordeaux, le 21 décembre 1793 pour ses accointances avec le parti girondin. Au début du Premier Empire, un autre Castelmoronnais se rendit célèbre par son courage et son audace. Le 12 avril 1805, Pierre Alexandre Marauld Dupon, Commandant le bateau corsaire "La représaille" battait et mettait en fuite devant Santander, une goélette anglaise bien supérieure en force. Il mérita le surnom de "Corsaire Agenais".

 

L'expansion économique commencée sous la monarchie de Juillet provoqua dans la seconde moitié du XIXe siècle, de profondes transformations qui donnèrent à Castelmoron, une nouvelle physionomie en rupture avec son ancienne configuration moyenâgeuse.

 

c6.jpgEn 1845, pour permettre à la route départementale 13 de traverser Castelmoron, un pont suspendu fut construit sur le Lot ; il débouchait sur l'emplacement de vieille église du XIIIe siècle qui fut démolie.

 

La nouvelle église (l'actuelle) sera édifiée sur l'emplacement de l'ancien cimetière en 1852. En 1859, le Temple protestant s'élèvera à la sortie de la ville. Dans cette même période, le vieux "château" fut entièrement transformé par son nouveau propriétaire Félix Solar, natif de Castelmoron, fils d'une famille d'origine juive portugaise.

 

Son architecture nouvelle, comprenant de nombreuses structures en bois (galerie et balcons) prenait son inspiration dans l'Alhambra de Grenade et la mosquée de Cordoue, imitant en cela le casino mauresque d'Arcachon. Le Château Solar sera acheté par la municipalité en 1902 et deviendra l'Hôtel de Ville. C'est à la générosité de Félix Solar que l'on doit la fontaine à jets d'eau construite en 1859 sur la place, près de la Halle.

 

L'impulsion donnée par la IIIe République aux Municipalités devait engendrer de nouvelles réalisations. En 1873 furent créées la Place du Foirail, agrémentée de platanes, la Place de l'Airyal (ancien cimetière protestant), et sur le lieu de l'ancien réservoir pour le fossé de la ville (fossé qui fut alors ponté) l'actuelle Place Bransoulié (du nom du maire qui prit alors la décision des travaux). En 1874, une halle métallique fut édifiée en remplacement de l'ancienne halle en bois.


Enfin, en 1875, sur le site de l'ancien bac, on construisit une cale de commerce avec un imposant quai en pierre. Malheureusement, le trafic fluvial était sur son déclin malgré les énormes travaux réalisés sur le Lot (chaussées nouvelles, amélioration des écluses et des chemins de halage). La concurrence du chemin de fer et le développement du réseau routier donneront un coup de grâce à la navigation commerciale sur la rivière qui disparaîtra définitivement en 1923.

 

Au XXe siècle, d'autres événements, d'autres personnages vont enrichir la chronique historique de Castelmoron-sur-Lot.

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