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Par Armelle Fémelat, historienne de l’art et journaliste pour te et danseet bal Beaux Arts Magazine


Le cabaret artistique : où l’on mange, boit, rit, chante et danse


http://www.grandpalais.fr/grandformat/wp-content/uploads/2012/11/lapin_agile.jpgDans les années 1870, les cabarets artistiques producteurs de la « bohème spectacle » fleurissent à Montmartre. Apparu à la Belle époque, le cabaret est un lieu de divertissement d’un nouveau genre, à la fois restaurant, café-concert, théâtre, et bal où les plus huppés s’encanaillent avec les plus humbles.


Emblématique, le Chat Noir est connu de tous via l’enseigne d’Adolphe Léon Willette et la fameuse affiche de Théophile-Alexandre Steinlen (1896). Cabaret littéraire, artistique et musical fondé en 1881 par Robert Salis, qui crée également la revue du même nom l’année suivante, il est le premier cabaret à accueillir un piano, sur lequel composent Erik Satie, Claude Debussy et Claude Charpentier. Dans les années 1880, le Tout-Paris s’y rencontre, poètes et chansonniers se produisent en goguette. Il symbolise la bohème à lui seul. L’innovation et l’improvisation sont de mise : chaque soirée est un mélange inédit de chansons et de boniments, avec comme principale attraction le théâtre d’ombres. Aristide Bruant, Alphonse Allais, et Charles Cros s’y pressent.


Autre cabaret célèbre et toujours en activité, Au Lapin Agile. Annexe du Chat noir en journée, il accueille Toulouse-Lautrec et Courteline, Charles Cros et Alphonse Allais, puis Picasso, Max Jacob et Roland Dorgelès. Apollinaire y lit des poèmes d’Alcools. Repère incontournable de la bohème géré par le pittoresque Père Frédé à partir de 1903. Ce dernier accueille à bras ouverts les artistes désargentés, offrant repas et boissons contre un poème, une chanson ou un tableau. Les artistes y côtoient la faune bigarée de ce quartier populaire, où évoluent anarchistes et criminels.


Construit en 1889, le Moulin rouge connait rapidement un vif succès. Le programme est riche et varié, les soirées festives arrosées au champagne. On y met au point une nouvelle danse, endiablée : le French Cancan.  La Goulue, la Môme Fromage, Grille d’Egoût, Nini pattes en l’air, puis Mistinguett autant de noms fameux de danseuses en costumes affriolants passées à la postérité. Les tableaux et les affiches de Toulouse-Lautrec, fidèle d’entre tous, ont rapidement assuré au cabaret une notoriété internationale.


Autres cabarets montmartrois restés célèbres : le Moulin de la Galette (représenté par Renoir, Van Gogh, Toulouse-Lautrec, Picasso, Kees Van Dongen, photographié par Maurice Atget) et l’Elysée-Montmartre.


 

« Enseigne du cabaret Au Lapin Agile, dernier survivant des cabarets artistiques du 19e siècle, toujours en activité 22 rue des Saules à Montmartre », vers 1875-1880, André Gill – En dépôt au musée de Montmartre (C) Photo François Doury

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