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http://static.laprocure-quimper.com/img/products/9782714454591_1.jpgSeconde guerre mondiale. Le livre commence sur une petite fille, Jeanne, totalement désorientée. Une rafle vient de lui enlever sa mère et elle essaie de retourner à l'hôtel où elles ont passé plusieurs jours. Mais elle ne se souvient plus du chemin, elle a peur et ne sait quoi faire ?


Flashback. Jeanne, sa mère Blanche et son grand-père Paul reçoivent Thomas pour les vacances. Il est allemand, a été incarcéré pour s'être opposé au nouveau régime par ses textes puis libéré et vient se réfugier en France.

L'histoire se dessine petit à petit, on découvre que les premiers résistants au troisième Reich ont été allemands, ont subi les camps avant d'être exilés, s'ils ne mourraient pas. C'est Jeanne qui raconte avec sa naïveté, ses incompréhensions du monde qui l'entoure. C'est le journal intime de sa maman qui vient éclairer les zones d'ombre.


Un livre sur la seconde guerre vue par une enfant à ne pas rater...

 

  • Les présentations des éditeurs : 02/02/2013

 

Marseille, septembre 1940 : Blanche est prise dans une rafle et sa fille Jeanne se retrouve seule dans une chambre d'hôtel. Alors qu'elle guette le retour de sa mère, l'enfant cherche à comprendre, assaillie par les images et les souvenirs.

Ainsi se dessinent l'histoire de Thomas, l'ami allemand qui a fui l'Allemagne nazie et s'est réfugié en France, et celle de Blanche, amoureuse de lui depuis l'enfance. Jeanne tente de reconstituer un puzzle plein d'ombres et de silences, le lien mystérieux entre une femme passionnée et un homme usé par l'exil.

Le regard poignant d'une enfant sur le monde des adultes, la rencontre impossible, la violence de l'Histoire.

http://static2.dmcdn.net/static/video/357/388/55883753:jpeg_preview_medium.jpgBéatrice Wilmos est également l'auteur de deux romans, La Dernière Sonate de l'hiver (2007) et L'Album de Menzel (2010), publiés chez Flammarion. Au fil de ses textes se dessine une oeuvre enracinée dans l'Histoire et caractérisée par une poésie qui dit au plus juste la complexité des rapports humains.


  • Les courts extraits de livres : 02/02/2013

 

Jeanne serre le sac de sa mère contre sa poitrine et fixe les feux arrière du fourgon qui s'éloigne. Dans son dos, elle entend les exclamations excitées, quelques rires nerveux, le sanglot d'une femme, la voix du patron qui essaie de ramener le calme. Tout le monde a eu très peur.


Le fourgon a tourné le coin de la rue, emportant Blanche et Thomas. La porte du café a cessé de battre. Plus personne n'entre ni ne sort. Le silence retombe sur le quai. La rafle n'a duré que quelques minutes.


Jeanne se tient très droite, le sac serré contre elle, les mains crispées sur le fermoir d'argent. Le goulot sombre de la rue a englouti le fourgon.


Elle prononce des mots malgré elle. C'est bien sa propre voix, ce gargouillement étranglé, sorti de sa gorge mais qu'elle ne reconnaît pas : je dois rentrer à l'hôtel et attendre. En écho dans sa mémoire, la voix de sa mère, les soirs précédents : retournons à l'hôtel, il ne viendra plus. A ces mots, elles quittaient le café où Blanche avait attendu si longtemps que Thomas vienne la retrouver.


Il n'est pas tard, mais le ciel est si chargé qu'on dirait que la nuit est tombée, obscurcissant dangereusement la rue qu'elles avaient l'habitude de prendre. Jeanne scrute tout ce noir devant elle pour voir si un réverbère, une fenêtre éclairée, une devanture avec une ampoule, quelque chose de clair pourrait guider ses pas, l'attirer, la rassurer. Quelque part dans ces ténèbres, elle sait que l'attend la place à moitié démolie par les bombardements du mois de juin. Ce n'est plus qu'un terrain vague, bordé d'immeubles noircis aux fenêtres barrées de madriers, troué de cratères où stagne une eau écumeuse et sale. Une carcasse de voiture, une lessiveuse toute cabossée, un landau sans roue, des pneus brûlés ont échoué là. Mais le pire : les gamins qui ont fait de la place leur fortin, leur île au trésor, leur royaume où nul ne pénètre. Et surtout pas elle, si mince dans son imperméable trop court - elle a tant grandi cette année -, chétive presque avec sa figure pâle, encadrée de cheveux blonds. Dès qu'ils la voient approcher, ils se juchent sur un tas de gravats et lancent à ses pieds toutes sortes d'objets hétéroclites trouvés dans les décombres, criant et crachant, se moquant de Blanche quand elle leur ordonne d'arrêter.


Tout à l'heure, il va falloir qu'elle traverse seule la place et, au-delà, elle ne sait plus le chemin pour arriver à l'hôtel. D'habitude, elle suivait sa mère et ne se souciait pas de l'itinéraire, remarquant en passant mais s'en y prêter grande attention les escaliers et les murs écaillés, les placettes, les ruelles avec les affiches déchirées, l'entrée étroite de l'hôtel, l'escalier raide. En haut des marches, l'homme en maillot de corps, vautré sur son guichet, épiait leur retour. L'ampoule blafarde lui creusait les traits et le faisait ressembler à ces têtes de mort que l'on voit à la foire dans les stands de tir. Puis, c'était le couloir, tapissé de velours lie-de-vin et le refuge de la chambre, enfin, après la chaleur enfumée des cafés et l'humidité des rues. (...)

 

Le cahier des mots perdus

Auteur : Béatrice Wilmos

Date de saisie : 22/02/2013

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Belfond, Paris, France

Collection : Romans français


 

  • Le courrier des auteurs : 02/02/2013

 

1) Qui êtes-vous ? !


Béatrice Wilmos, auteur de deux autres romans, La dernière sonate de l'hiver et L'album de Menzel.

2) Quel est le thème central de ce livre ?


L'amour... ou l'exil. Ou les deux, liés l'un à l'autre par les événements de la vie et les drames de l'Histoire. Une Histoire qui est celle de la montée du nazisme en Allemagne et celle des réfugiés allemands en France dans les années 1933-1940.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?


«Le chagrin est toujours partagé, par celui qui s'éloigne et par celui qui reste.»

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?


Le chant des Marais, en allemand Moorsoldatenlied, composé en 1933 par des prisonniers du camp de Börgermoor, en Allemagne.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?


Je voudrais répondre comme Anna Seghers, écrivain allemand exilée en France, quand on lui demandait pourquoi elle écrivait : «Raconter ce qui aujourd'hui m'émeut et le chatoiement des contes».

 

 

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/34/Jean_Morzadec_photographi%C3%A9_par_Oleksandra_Yaromova.jpg/220px-Jean_Morzadec_photographi%C3%A9_par_Oleksandra_Yaromova.jpgLechoixdeslibraires.com a été créé par Jean Morzadec et son équipe, afin de rendre hommage à la compétence des libraires, qui sont les ambassadeurs du livre.

De nombreux libraires ont ensuite demandé à ce que le site devienne le grand portail de l’actualité du livre.

Lechoixdeslibraires.com a donc deux vocations principales : valoriser les choix, les recommandations des libraires, et permettre aux éditeurs et auteurs de mieux communiquer avec les libraires.

C’est une mission exaltante.

Jean Morzadec a travaillé plus de trente ans à France Inter, dont il fut directeur des programmes de 1999 à 2005, sous la présidence de Jean-Marie Cavada. Il se consacre aujourd’hui, avec passion, au développement de sites culturels dédiés particulièrement à l’amour des livres.

 


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