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elisabeth-badinterLe 12 Février prochain sort le nouvel essai d'Elisabeth Badinter: "Le conflit, la femme et la mère".


Le livre n'est pas encore sorti qu'il suscite déjà la polémique, preuve qu'il y a dans son contenu des éléments qui dérangent.


En faisant des recherches préliminaires, puisque le livre n'est pas encore disponible, le titre de l'ouvrage m'a conduit vers un autre ouvrage qui n'a rien à voir à priori mais qui offre dans son synopsis une réflexion qui va bien représenter ce qui va se passer ces prochains jours dans les sphères de la maternité.


Le livre s'appelle: "Le conflit, la négociation et la règle" de Jean Daniel Reynaud (Armand Colin-1999), et voilà l'extrait du synopsis que je souhaitais vous proposer en préliminaire:


"Les hommes font leur histoire et, bien qu'ils ne voient évidemment pas toutes les conséquences de leurs décisions, peut-être même savent-ils qu'ils la font. Ils inventent les règles qui leur permettent de vivre ensemble et d'agir collectivement. Ils les contestent dans le conflit, ils les élaborent dans la négociation, ils s'efforcent de les rendre cohérentes ou du moins de limiter les effets destructeurs de leur incohérence."


Le dé est jeté, passons au pavé dans la mare.


Dans son essai, Elisabeth Badinter s'interroge sur un nouveau conflit entre la condition de femme et celle de mère.


Son propos va en choquer plus d'une, parce qu'elle remet en question, et critique vivement la maternité telle qu'elle est valorisée depuis ces 30 dernières années en Europe.


Mais elle nous permet aussi de mettre une lumière sur ce que beaucoup de femmes ressentent :


Nous faisons le pari de tout pouvoir concilier : notre vie professionnelle et nos maternités, notre vie de couple et une implication qui se veut sans faille dans l'éducation de nos enfants, mais à quel prix?


Que l'une d'entre nous échoue dans l'un de ses domaines, et nous voilà en pleine tempête.

Le courant qui valorise la famille traditionnelle critique les femmes qui travaillent (l'exemple de l'Allemagne est probablement la meilleure illustration de ce courant). Celles qui ont choisi de rester à la maison sont limite cataloguées « sans intérêt, sans avenir, ou sans existence propre». Les femmes qui ont choisi de ne pas avoir d'enfant sont qualifiées de "nullipares" (lourd de sens).


Quel que soit le choix qu'on ait pu faire, il est plus ou moins remis en question, il est  fragilisé par le choix qu'on pu faire d'autres personnes...


Oui, ce qui va ressortir principalement ces prochains jours vont être des critiques virulentes sur le fait qu'Elisabeth Badinter remet (une nouvelle fois) en question le retour en force du naturalisme – choix qui remet à l’honneur la fameuse fibre maternelle, la réalisation de la femme dans sa maternité.


Nous avons bien conscience de nos choix familiaux ou professionnels et des conflits, des contraintes qu'ils engendrent dans notre vie quotidienne, ou dans notre for intérieur, mais ce qu'Elisabeth Badinter souhaite ne pas oublier, et nous dire aussi, c'est que depuis plus de 20 ans, les femmes sont les plus touchées par la précarité, les plus touchées par le chomâge, qu'il existe toujours une inégalité frappante des salaires entre les hommes et les femmes à poste identique (20% de différence...), et que, les crises économiques que nous traversons de décennies en décennies n'arrangent pas ce constat, notre situation dans l'absolu, n'évolue pas.


Même si on peut vraiment ne pas être d'accord avec tout ce que propose l'auteur, on voit dans son propos la volonté de contester, d'épingler certaines incohérences pour progresser, faire réfléchir et aller plus loin.


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