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http://www.fabula.org/actualites/documents/54533.gifDocument 03/01/2013 - De la rubrique des faits divers du XIXe siècle aux rapports médico-légaux, en passant par les ouvrages des aliénistes, les romans réalistes et naturalistes, les feuilletons cousus de rebondissements et de drames, jusqu'aux dictionnaires d'argot, de police ou de gendarmerie, ce livre retrace le parcours du discours criminel à travers l'exploration des écrits professionnels du siècle. Les méthodes et les outils de l'analyse du discours permettent de mener, à partir des faits divers criminels des années 1830 aux années 1880, une enquête sur la permanence et la circulation d'un interdiscours tissé de stéréotypes narratifs, lexicaux et syntaxiques, ainsi que sur la façon dont les différents scripteurs, administratifs, romanciers, journalistes, s'en saisissent, les éprouvent et les mettent à distance.

Laetitia Gonon est agrégée de lettres modernes et docteur en sciences du langage.


  • Les courts extraits de livres : 03/01/2013

 

 

Extrait de l'introduction - Il est vrai que le fait divers est littérature, même si cette littérature est réputée mauvaise.

Où trouverez-vous, dans l'océan des littératures, un livre surnageant qui puisse lutter de génie avec cet entrefilet :


Hier, à quatre heures, une jeune femme s'est jetée dans la Seine du haut du pont des Arts. Devant ce laconisme parisien, les drames, les romans, tout pâlit.

Le fait divers fascine les foules ; il les met en scène, comme actrices et spectatrices d'un événement, tout en se proposant dans le même temps à leur lecture.


Ce lieu commun a traversé les époques : si fait divers est une lexicalisation du XIXe siècle, il a connu en réalité bien des antécédents et des avatars. L'une de ses premières manifestations se trouve dans les nouvelles à la main (avvisi en italien), correspondances manuscrites dont la tradition est déjà bien ancrée au XVe siècle :

les « nouvelles à la main » étaient truffées de faits divers alors même qu'elles se destinaient à une élite. Au XVIIe siècle, l'intérêt pour le fait divers s'affirme dans les «journaux» des contemporains. [...] À la même période, les faits divers relatés dans les journaux étaient compilés en recueils, telles les Histoires tragiques de François de Rosset, publiées pour la première fois en 1614 (M'Sili 2000 : 39-40).

Ces nouvelles à la main sont volontiers appelées occasionnels, «terme choisi pour désigner les feuilles d'informations non périodiques antérieures au XIXe siècle» (Seguin 1959 : 10), ou canards. Annik Dubied et Marc Lits (1999) montrent comment le vocabulaire de ces proto-faits divers est déjà hyperbolique et stéréotypé : les événements sont racontés avec force détails mélodramatiques, et souvent très crus, accompagnés de remarques morales destinées à édifier ou éduquer les lecteurs, qui considéraient très souvent les faits relatés comme véridiques, même s'ils paraissaient invraisemblables - il faut dire que les colporteurs ou bonimenteurs, qui les lisaient publiquement ou les rapportaient, se présentaient parfois comme des témoins des événements, ce qui valait gage d'authenticité. Le terme de canard, lui, désigne également les occasionnels de l'époque, mais il est d'un emploi plus tardif. Formellement, le canard se compose souvent d'un récit dramatique, d'une gravure qui l'illustre (plus ou moins bien, et souvent plutôt mal que bien), et d'une «complainte» du criminel : « Dans ces étranges poèmes, le coupable était censé prendre la parole pour rappeler son geste ; il évoquait rapidement sa vie, tirait des leçons de son aventure, exprimait ses remords, appelait sur lui-même au moment de mourir l'épouvante et la pitié » (Foucault 1973 : 329). Les faits divers cependant intègrent progressivement l'espace du journal : Théophraste Renaudot, le créateur du premier journal hebdomadaire français, la Gazette (1631), consacre aux événements sensationnels des éditions spéciales à grand tirage nommées Extraordinaires. Toutefois, il faudra attendre un siècle pour que les faits divers, au sens moderne du terme, pénètrent dans les journaux proprement dits (M'Sili 2000 : 8).

 

Le fait divers criminel dans la presse quotidienne française du XIXe siècle

Auteur : Laetitia Gonon

Date de saisie : 02/01/2013

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Presses Sorbonne nouvelle, Paris, France

 

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/34/Jean_Morzadec_photographi%C3%A9_par_Oleksandra_Yaromova.jpg/220px-Jean_Morzadec_photographi%C3%A9_par_Oleksandra_Yaromova.jpgLechoixdeslibraires.com a été créé par Jean Morzadec et son équipe, afin de rendre hommage à la compétence des libraires, qui sont les ambassadeurs du livre.

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Jean Morzadec a travaillé plus de trente ans à France Inter, dont il fut directeur des programmes de 1999 à 2005, sous la présidence de Jean-Marie Cavada. Il se consacre aujourd’hui, avec passion, au développement de sites culturels dédiés particulièrement à l’amour des livres.

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chokri boukhchim 21/04/2013 21:49

Je suis sur une thèse de doctorat qui porte sur le fait divers au XIX siècle. Je travaille sur le passage du fait divers au roman chez Zola , j'ai défini comme corpus : le roman Nana. merci de m'aider à avoir les documents et les articles qui m'éclairent dans ma recherche. Cordialement.