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http://www.iconovox.com/blog/wp-content/uploads/2009/11/reiser-affiche-pere-noel-ordure.jpgDocument archives - 01/12/2003 – Historia - Vedette incontestée de la période de l'Avent, le père Noêl semble exister depuis des siècles. En réalité, ce vieillard est encore un tout jeune homme, méme si son ancêtre le plus probable, saint Nicolas, officiait au IIIe siècle.

Il se nomme Noêll Baba en Turquie, Christmas Father en Angleterre, et Santa Claus en Ecosse. Ce méme Santa Claus qu'attendent les petits Américains. Les jeunes Allemands ne croient qu'en Sinterklaus ou en Weihnachtsmann, tandis que leurs voisins autrichiens l'appellent tout simplement Niklo. Les Japonais affectionnent Santa San, les petits Russes Ded Moroz - qui vient le jour de l'Epiphanie -, les gamins de Pologne Dziaded Mroz et les Italiens Babbo Natale. Quant aux Finlandais, ils attendent Jolupukki.

Si son âge demeure incertain, si son nom varie selon les pays et les continents, l'aspect du père Noël paraît définitivement fixé. Une barbe et des cheveux blancs en font un personnage respectable, impression renforcée par un embonpoint de bon aloi et une trogne de bon vivant. Cette image bonasse semble exister de toute éternité. Pourtant, en France, ce n'est qu'après la Seconde Guerre mondiale pour que le héros de la nuit du 24 décembre s'installe définitivement à  la suite des troupes américaines qui l'apportent dans leurs paquetages. Et qu'une chanson de Tino Rossi, dans un film de série B sorti en décembre 1946, n'achève d'en faire une vedette.

Il relègue alors au magasin des accessoires tous ses prédécesseurs. L'Eglise s'en inquiète très vite et nombre d'évéques français haranguent leurs fidèles afin qu'ils se gardent d'accueillir un personnage trop éloigné pour eux du caractère religieux de la Nativité. Un véritable autodafé est méme organisé en 1951 sur le parvis de la cathédrale de Dijon où on le brûle en effigie. Peine perdue. Le patriarche laïque est adopté par les enfants.

Il est vrai que l'individu est d'une bonté inlassable, d'une résistance à  toute épreuve, et d'un courage infini qui lui permet de maîtriser les invisibles rennes qui tirent son traîneau. Parfois, notamment dans les pays méditerranéens, il est accompagné d'un âne, tout aussi vaillant et infatigable, se déplaçant lui aussi au ras des toitures.

Si le père Noël est incontestablement un célibataire endurci, les femmes ne sont pas absentes des traditions de cette période de fétes. C'est ainsi qu'en Italie, le bonhomme n'a pas réussi à  détrôner la Befana, une sorte de sorcière qui, la nuit de l'Epiphanie, parcourt encore le ciel, chargée de cadeaux. Sa commère Babouchka officie au méme moment en Russie. En France, la tante Arie fit longtemps les belles nuits de Franche-Comté au 24 décembre, bien qu'elle ait été, comme toutes ses consoeurs, d'un aspect plutôt rebutant : si elle portait une couronne de diamants, ses pieds étaient palmés comme ceux d'une oie. Il est vrai qu'elle était chargée de punir les galopins !

Le père Noêl affiche donc un arbre généalogique impressionnant. Car si l'on ne sait pas bien o๠il est né, si les spécialistes se disputent sur son âge et la date de son apparition, tous sont d'accord pour lui reconnaître des ancétres, dissemblables toutefois selon les pays et les régions.

Le plus souvent, les enfants démunis ne les ont guère connus. Les pauvres étaient en effet oubliés de ces distributions. Aussi se débrouillaient-ils seuls en se rassemblant au soir de Noêl pour passer de maison en maison, de ferme en ferme, quétant les ingrédients qui leur permettraient de faire un grand festin. Dans certaines régions, trois d'entre eux se déguisaient en rois mages, l'un tout barbouillé de suie pour figurer Balthazar. C'était généralement ce dernier qui recueillait les dons. On leur remettait des noix, des pommes, des châtaignes, un morceau de lard, du pain, des oeufs et, parfois, quelques sous. Les autres enfants, plus riches donc plus chanceux, recevaient des présents à  domicile. Ils provenaient du Petit Jésus en Ile-de-France, de saint Vincent en Champagne, du père Chalende en Savoie et en Dauphiné, du père Janvier en Bourgogne - celui-ci opérant comme l'indique son nom dans la nuit de la Saint-Sylvestre - ou d'Olentzaro en Pays basque.

Néanmoins, c'est sans aucun doute saint Nicolas, patron de la Lorraine, qui se trouve étre l'aïeul le plus proche du père Noêl. En Lorraine évidemment, tout autant qu'en Alsace, dans une partie de la Franche-Comté, en Belgique, tant wallonne que flamande, et en Allemagne. A partir de Saint-Nicolas-de-Port qui recueille ses reliques en 1093, son culte conquiert la vallée de la Moselle, celle du Rhin, puis l'ensemble de l'Allemagne au cours du XIIIe siècle. Depuis, vieillard barbu, il descend sur terre chaque année dans la nuit du 5 au 6 décembre pour offrir des présents aux enfants, qui ont pris l'habitude de chanter " Saint Nicolas mon bon patron, Apportez-moi des macarons, Des mirabelles pour les d'moiselles, Des coups d'bâtons pour les garçons ". La tradition ne s'est pas perdue.

Le personnage apparaît escorté de son double inversé, le père Fouettard en Lorraine, Hans Trapp en Alsace, chargés eux de corriger les garnements.

Ce voyageur nocturne a déjà  les principales caractéristiques du père Noêl qui présente une version laïque, défroquée pourrait-on dire. De là  à  établir une filiation, il n'y a qu'un pas que certains ont franchi. Le saint passe en effet en Flandre au XVIIe siècle et s'implante dans les foyers hollandais revétu de ses ornements épiscopaux, mitre et crosse, alors méme que le pays est passé à  la religion réformée. C'est Sinter Klass, accompagné ici de Piet, un noir personnage équivalent du père Fouettard. Ils connaissent un véritable succès et suivent les colons hollandais qui fondent New Amsterdam à  l'embouchure de l'Hudson. C'est du moins l'histoire que raconta Washington Irving et que l'Amérique adopta.

Il ne fut plus alors question que d'enfants attendant la venue de Santa Claus, figure à  l'image de celle créée par le romancier. En particulier, celui d'un fumeur de longues pipes en terre, appréciant les plaisirs de la vie. Ce personnage bénéficia d'un formidable impact au point qu'une association américaine fut fondée en 1914 pour préserver la croyance des enfants en Santa Claus ! Et que la publicité s'en empara, notamment une célèbre boisson gazeuse qui fit autant pour sa propre promotion que pour celle du père Noël.

Par Janine Trotereau

Le père Noël ne fait pas son âge

http://www.historia.fr/content/recherche/article?id=5907



Comprendre

Saint Nicolas

Le Père Noêl est inspiré de Nicolas de Myre appelé aussi Nicolas de Bari, né à  Patara, en Asie mineure entre 250 et 270. Mort le 6 décembre 345 ou 352.

Noêl

Naissance officielle de l'Enfant Jésus, dans la nuit du 24 au 25 décembre.

Epiphanie

Elle signifie "l'apparition" et marque l'annonce de la naissance du Divin Enfant aux bergers et aux rois mages. Fixée à  l'origine au 6 janvier, elle est de nos jours célébrée entre le 2 et le 8.

Internet

Pour en savoir plus, consultez le site Internet, http ://www. culture.fr/culture/noel/franc/noel. Htm

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