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http://www.podcastjournal.net/photo/1619564-2176319.jpgDes chansons dansées, entre érotisme et méditation. Fleuron de la musique latine, le tango incarne les traits essentiels de l'Argentine, où il est né à la Belle Époque : la nostalgie, la rancœur et le tragique.


Rumba, son, samba, cumbia, cueca, marinera, danzon, corrido ou milonga : la musique dite latine est à la fois rythme, danse et paroles. Son histoire est faite d'emprunts, de métissages et de recompositions. Si l'apport africain est déterminant, le folklore ibérique et les danses de couple européennes ont contribué à leur tour à la naissance de nombreux genres qui connaissent une diffusion internationale. Toutes ces musiques ont un autre point commun : leur dimension érotique. Chez toutes aussi, le rythme et la cadence du corps s'accompagnent de paroles qui parlent de la condition humaine, surtout des humbles, de l'amour, du désespoir. De telle sorte que ces chansons dansées constituent une chronique populaire de la vie quotidienne. Le tango, né dans les marges du Rio de la Plata (à la frontière de l'Argentine et de l'Uruguay), occupe dans cet ensemble une place de choix. Dans les années 1960, l'écrivain argentin Ernesto Sabato affirmait que le tango était « une pensée triste qui se danse » , car « un Portègne [habitant du port de Buenos Aires] danse un tango pour méditer sur son sort - en général un putain de sort » (1). En effet, contrairement à la plupart des musiques latino-américaines, gaies et exubérantes, le tango est introversion. Il incarne, toujours selon Sabato, les traits essentiels du pays : la frustration, la nostalgie, la rancoeur et le sens tragique de l'existence. Cette musique hybride s'impose à partir de 1880 à Buenos Aires, ville en pleine expansion dont la population passe de 210...


Le tango : toute la tristesse de Buenos Aires...

Par Carmen Bernand

publié dans L'Histoire n° 322 - 07/2007  Acheter L'Histoire n° 322  +

http://www.histoire.presse.fr/content/2_recherche-index/article?id=6529



http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/8/8/1/9782742752188.jpgC'est en essayiste, en historien et en conteur qu'Horacio Salas construit ici une histoire du tango, à laquelle il a su donner la dimension d'un véritable révélateur des mentalités argentines, comme le montre la conclusion de son livre : "En un siècle, le tango, né dans des réduits marginaux et douteux, est devenu le symbole du pays qui lui a donné le jour. Il est le reflet d'une société qui s'est structurée, comme le remarque Ernesto Sábato, à partir d'éléments hybrides. La musique portègne est née du croisement de rythmes créoles et de rythmes étrangers. L'Argentin est né du métissage entre créoles, Italiens, Espagnols et juifs, et le tango est son reflet. Les crises, les régressions, les enthousiasmes et les défaites du tango sont ceux-là mêmes que son pays a connus et soufferts."

Le tango

Horacio Salas

Essai (poche). Paru en 09/2004



http://www.canalacademie.com/IMG/jpg/horacio_salas2-2.jpgUniversitaire et journaliste mais aussi poète,
Horacio Salas publie son premier recueil de poésies, intitulé « El tiempo insuficiente », en 1962. Critique littéraire et essayiste, l'Argentin écrit plusieurs ouvrages notamment l'histoire et la sociologie de la musique rythmant Buenos Aires, le tango, en 1986. L'écrivain sort une biographie de Borges en 1994 et est l'auteur de plusieurs anthologies. Horacio Salas demeure l'un des poètes latino-américains les plus renommés.




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