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http://www.laprocure.com/cache/couvertures_mini/9782258094789.jpgDocument 06/09/2012 - Voici une histoire d'amour comme on en connaît peu. Dans les années trente à Moscou, Lev et Svetlana se rencontrent et s'aiment. Ils seront séparés quatorze années durant, par la guerre puis par le Goulag, puisque Lev y sera déporté. Leur amour leur permettra de surmonter ces épreuves, et ils laisseront derrière eux un incroyable trésor : mille cinq cents lettres écrites alors que Lev luttait pour sa survie.

Cette correspondance magnifique, non censurée, échangée grâce à toutes sortes de complicités, nous introduit de plain-pied dans l'intimité des amants pris dans la tourmente. Les lettres de Svetlana témoignent de sa constance, de son espoir, et racontent sa vie terne et grise dans le Moscou d'après-guerre. Lev, pour sa part, se montre tendre, rassurant, mais on sent sa volonté de laisser une trace indélébile de son calvaire. A ce jour, ses lettres sont le seul témoignage connu rédigé à l'intérieur même d'un camp, sur le vif.

Orlando Figes orchestre ce récit avec finesse et intelligence, et en reconstitue pour nous le contexte général, la grande et la petite histoire se complétant et s'enrichissant mutuellement. Même dans les pires circonstances, l'amour peut l'emporter : telle est la leçon que l'on retiendra de ces pages.

Orlando Figes enseigne l'histoire au Birkbeck College de l'université de Londres. Il est l'auteur, entre autres, de La Révolution russe et des Chuchoteurs. Ses livres ont été traduits dans vingt-sept langues.



  • La revue de presse Bertrand Dermoncourt - L'Express, novembre 2012

 

C'est un récit bouleversant, un morceau d'Histoire terrifiant où deux êtres parviennent à s'aimer, malgré la guerre et le goulag. Et c'est vrai...


Derrière ce titre et une couverture racoleurs se cache un témoignage de grande valeur. Pour sa singularité, et les extraordinaires détails sur la vie dans les camps. Pour l'expérience humaine et morale de ce couple ayant survécu à des épreuves extrêmes. Grâce à leur amour, sauvé par l'espoir de leurs retrouvailles, et grâce au ciel, la seule chose dont Lev n'était pas privé et qu'ils avaient encore en commun.


  • La revue de presse Paul-François Paoli - Le Figaro du 13 septembre 2012

 

Une correspondance non censurée entre un prisonnier et une jeune femme témoigne de la vie quotidienne au goulag...


Celle-ci est d'autant plus remarquable qu'aucun des deux ne cède au pathos romantique auquel on pourrait s'attendre. Ils se racontent leur vie au jour le jour, leurs difficultés innombrables et leur espoir de se retrouver. Svetlana est aussi une amie pour cet homme seul dont elle est l'unique soutien. Peut-être est-ce le secret de leur amour, plus fort que toutes les vicissitudes. Leurs enfants naîtront après le retour de captivité de Lev en 1954 et l'un d'eux, Nikita, témoigne aussi, dans ce texte qui regorge d'un irrésistible désir de vivre, de ce que fut l'étrange destinée de leurs parents.


  • Les courts extraits de livres : 06/09/2012

 

C'est Lev qui vit Svetlana. Il l'aperçut dans la foule des étudiants qui attendaient d'être appelés pour l'examen d'entrée dans la cour bordée d'arbres de l'université de Moscou. Elle se tenait dans l'embrasure de la porte de la faculté de physique avec un ami de Lev qui lui fit signe et la lui présenta : une condisciple de son ancienne école. Ils n'échangèrent que quelques mots avant que les portes n'ouvrent et qu'ils rejoignent la cohue des étudiants dans l'escalier conduisant à la salle d'examen.


Ce ne fut pas un coup de foudre : tous deux en conviennent. Lev était bien trop prudent pour tomber amoureux aussi facilement. Mais Svetlana avait déjà retenu son attention. Elle était de taille moyenne, mince avec d'épais cheveux bruns, des pommettes hautes, un menton pointu, et des yeux bleus brillant d'une intelligence triste. En septembre 1935, elle fit partie de la demi-douzaine de jeunes femmes admises dans cette faculté de physique, la meilleure d'Union soviétique, en même temps que Lev et trente autres garçons. Dans sa chemise de laine sombre, sa jupe courte grise et ses souliers de daim noir, les mêmes qu'elle portait écolière, Svetlana se distinguait dans ce milieu masculin. Elle avait une belle voix (elle chanterait par la suite dans la chorale de l'université) qui ajoutait à son charme physique. Enjouée, connue pour sa langue acérée, elle avait beaucoup de succès et à l'occasion ne dédaignait pas de flirter. Sveta ne manquait pas d'admirateurs, mais Lev avait quelque chose de singulier. Il n'était ni grand ni costaud - il était légèrement plus petit qu'elle - ni aussi sûr de sa prestance que les autres jeunes hommes de son âge. Sur toutes les photos de lui à cette époque, il porte la même vieille chemise - boutonnée tout en haut, mais sans cravate, à la russe. D'apparence, il était encore plus un garçon qu'un homme. Mais il avait un visage bon et doux, avec des yeux bleus tendres et une bouche charnue, comme celle d'une fille.

Pendant le premier trimestre, Lev et Sveta (ainsi qu'il se mit à l'appeler) se virent souvent. Ils s'asseyaient l'un à côté de l'autre en cours, s'adressaient des signes de la tête à la bibliothèque et évoluaient dans le même cercle de physiciens et d'ingénieurs en herbe qui mangeaient ensemble à la cantine ou se retrouvaient au «cercle des étudiants», près de l'entrée de la bibliothèque, où les uns venaient fumer une cigarette, et d'autres simplement se dégourdir les jambes et bavarder.


Plus tard, Lev et Sveta iraient au théâtre ou au cinéma avec des amis ; après quoi il la raccompagnerait chez elle, prenant la route romantique agrémentée de jardins qui va de la place Pouchkine à la caserne Pokrovski, près de chez Sveta, où les couples se promenaient dans la soirée. Dans les cercles estudiantins des années 1930, et malgré la libéralisation des moeurs à laquelle on avait assisté dans certains milieux après 1917, la cour restait régie par des notions romantiques chevaleresques. A l'université de Moscou, les idylles étaient sérieuses et chastes. En général, elles commençaient quand un couple se séparait de son groupe d'amis et que le garçon se mettait à raccompagner la fille chez elle dans la soirée. C'était l'occasion de parler plus intimement, le cas échéant d'échanger ses vers préférés - truchement accepté pour parler d'amour - et l'occasion de se donner un baiser au moment de la séparation devant chez elle.

 

Les amants du Goulag : Une histoire d'amour et de survie dans les camps de Staline

Auteur : Orlando Figes

Traducteur : Pierre-Emmanuel Dauzat

Date de saisie : 14/11/2012

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Presses de la Cité, Paris, France

 

 

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/34/Jean_Morzadec_photographi%C3%A9_par_Oleksandra_Yaromova.jpg/220px-Jean_Morzadec_photographi%C3%A9_par_Oleksandra_Yaromova.jpgLechoixdeslibraires.com a été créé par Jean Morzadec et son équipe, afin de rendre hommage à la compétence des libraires, qui sont les ambassadeurs du livre.

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Jean Morzadec a travaillé plus de trente ans à France Inter, dont il fut directeur des programmes de 1999 à 2005, sous la présidence de Jean-Marie Cavada. Il se consacre aujourd’hui, avec passion, au développement de sites culturels dédiés particulièrement à l’amour des livres.

 

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