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Les calots bleus ... La force de police auxiliaire de M. Papon

L'histoire des « calots bleus » appartient aux heures les plus sombres et les plus méconnues de la guerre d'Algérie. À partir de décembre 1959, alors que le conflit entre la France et le Front de libération national (FLN) a franchi la Méditerranée et que les attentats se multiplient à Paris, le préfet de police Maurice Papon met en place une unité d'intervention arabo-kabyle dont la mission est de contrer les activités des indépendantistes algériens. Dirigée par le capitaine Raymond Montaner, cette force de police auxiliaire (FPA), parfois surnommée «les harkis de Paris», va mener une véritable guerre psychologique et militaire contre les hommes et les structures du FLN, et ce jusqu'aux accords d'Évian de 1962. C'est la réalité de cette «bataille de Paris», sa forme souvent souterraine, ses moyens parfois extrêmement violents et ses enjeux que restitue l'ouvrage de Rémy Valat.


Document apportant un éclairage inédit sur un épisode polémique de la guerre d'Algérie, Les calots bleus et la bataille de Paris s'appuie sur des centaines d'archives jamais exploitées et sur les témoignages d'anciens membres de la FPA et d'agents des services du renseignement français. Une contribution historique sans a priori idéologique qui revient aussi sur les événements tragiques d'octobre 1961 à Paris et propose une analyse détaillée des méthodes de la guerre subversive et du contreterrorisme pendant ces années troubles.


Rémy Valat est archiviste et doctorant en histoire contemporaine.


Extrait du livre :


La préfecture de police face à l'immigration et au nationalisme algériens : l'importation d'un modèle de contrôle et de répression colonial (1923-1958)


Le flux migratoire des Algériens vers la France et la montée en puissance du nationalisme nord-africain favorisent l'importation des méthodes de contrôle et de répression appliqués depuis plusieurs décennies en Afrique du Nord. Les Français musulmans d'Algérie sont alors soumis, bien que légalement Français, à un régime d'exception. L'immixtion du conflit franco-algérien sur le sol français va accroître le durcissement des méthodes répressives des pouvoirs publics, surtout après les attentats du Front de libération nationale en métropole en août 1958. L'état de guerre sur le sol métropolitain implique notamment la réactivation de mesures mises en place à la fin de la Seconde Guerre mondiale dans le contexte de la guerre froide. En 1958, les pouvoirs publics s'appuient ainsi sur l'expérience des militaires en matière de lutte contre l'«ennemi intérieur» et favorisent l'application de la doctrine de l'action psychologique et la collaboration entre les autorités civiles et militaires. La préfecture de police, alors dirigée par Maurice Papon, adopte pleinement cette méthode de lutte pour contrer l'action grandissante du nationalisme algérien à Paris, enjeu principal du «front métropolitain».


150000 individus à cette date, est le premier foyer d'accueil des immigrés maghrébins, principalement en raison de la forte industrialisation du bassin parisien, mais aussi du fait de la présence de réseaux de sociabilité pré­existants qui facilitent l'installation des nouveaux immigrants. Pendant le conflit colonial, les flux migratoires restent élevés. Il existe d'ailleurs une saisissante dichotomie entre l'attraction d'ordre économique qu'exerce la métropole et le rejet qu'elle suscite en tant que puissance colonisatrice. Au cours de ces années, la migration devient de plus en plus durable et familiale, mais les immigrés «installés» connaissent de nombreuses difficultés d'insertion dans la société d'accueil. Ces difficultés sont d'ordre matériel, culturel et affectif. En effet, le visage de cette immigration est celui d'une population principalement masculine (115 000 hommes pour 10 000 femmes et 25 000 enfants au début des années 1960), isolée de ses proches restés en Algérie. Ces immigrés vivent très modestement, dans des conditions matérielles et sanitaires déplorables, notamment parce qu'ils souhaitent faire parvenir mensuellement la majeure partie de leurs revenus à leur famille.

 

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