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http://www.bm-lyon.fr/expo/virtuelles/sang/44.jpgNi huées ni applaudissements. Un silence de plomb. A la gare de Valence, une foule considérable l'attend: Deibler, le bourreau. Ce 21 septembre 1909, « Monsieur de Paris » est arrivé par l'express de 9 h 45. La guillotine a été spécialement installée, avenue de Chabeuil, devant la prison. Dans deux jours, trois hommes monteront sur l'échafaud: Octave-Louis David, 36 ans, Urbain-Célestin Liottard, 46 ans, et Louis Berruyer, 36 ans. Le quatrième a réussi à échapper à la justice.

C'est la fin des « chauffeurs de la Drôme »: une épopée sanglante qui a fait trembler tout le département et impulsé la création des brigades du Tigre, là-haut, à Paris, par Georges Clemenceau. Le ministre de l'Intérieur s'est juré d'arrêter le quatuor meurtrier. Leur surnom fait frémir l'opinion: les « chauffeurs » brûlent les pieds de leurs victimes pour leur faire avouer la cache de leurs économies. Entre 1905 et 1908, ils ont torturé, volé et assassiné 18 personnes. Toujours la nuit, toujours avec violence. « Je ne faisais pas 300 kilomètres aller et retour pour mes plaisirs! » a expliqué Berruyer.

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51TBjDfVMvL._SL500_AA300_.jpgLe matin du 14 avril 1908, à Alixan, Léonie frappe chez ses voisins, Jean, 65 ans, et sa fille Élisabeth. La veille, elle leur a emprunté du beurre pour préparer une pogne. Par la fenêtre de la cuisine, elle aperçoit une flaque sur le sol. Rouge. Arrivé sur les lieux, le lieutenant Drouot découvre le carnage: « Des coups portés avec une telle violence que le sang a jailli de tout le corps. »

La plupart des crimes sont organisés chez Berruyer, rue de la Pêcherie, à Romans. Ici, la bande se partage le magot. Du linge, des poules, des bijoux. Leur stratagème est bien rodé. D'abord, du poison pour anéantir les chiens. Une drogue, noire comme du cirage, mélangée à de la viande. Un lieu isolé: Peyrins, Saint-Marcellin (Isère), Bourg-de-Péage... Comme la ferme des Rey, perchée à 800 mètres d'altitude: une pièce confortable, un lit à baldaquin, une armoire en chêne. Après avoir dévalisé les époux, les bandits mangent sur place puis partent en fermant les volets.

La nuit, ils tuent. Le jour, ils reprennent leur métier: cordonnier, maçon, vendeur de cartes postales. Sans éveiller le moindre soupçon. En 1908, Clemenceau confie le dossier drômois à Elie Golbert, inspecteur de la sûreté parisienne, qui prend contact avec le commissaire de Romans. Des policiers en civil sont sur la brèche depuis des mois. Les parquets de Valence et de Tournon, saisis de meurtres différents, établissent enfin des recoupements. Le 27 juillet, une perquisition est opérée chez Liottard. Mais c'est David qui avoue tout.

Le 23 septembre 1909, jour de l'exécution, la porte de la prison s'ouvre sur Berruyer. Très pâle, il est exécuté le premier. Crâneur jusqu'au bout, David s'écrie: « Je vais m'enrhumer, salut. » Liottard baise la croix que lui tend l'abbé. A 6 h 51 du matin, la triple exécution est terminée. Sept minutes ont suffi pour faire tomber les chauffeurs de la Drôme.

 

Les grandes affaires de Valence et de la Drôme

« Chauffeurs » la nuit, MM. Tout-le-Monde le jour

Par Marie Huret, publié le 05/04/2006 - mis à jour le 03/04/2007 14:34

http://www.lexpress.fr/region/laquo-chauffeurs-raquo-la-nuit-mm-tout-le-monde-le-jour_477464.html


Néfertiti condamnée

Vêtue de son éternelle robe noire, Marie-Thérèse Castano, dite « Maïté », 53 ans, répète d'une voix assurée: « Je n'ai jamais soigné quiconque. » Juste ses plantes et ses courgettes dans son potager géant de la Coucourde, près de Montélimar. Le 19 janvier 1999, la fondatrice de la communauté Horus comparaît devant le tribunal correctionnel de Valence pour « exercice illégal de la médecine et non-assistance à personne en danger » après la mort suspecte de deux femmes, en 1994 et 1995. Sa communauté agraire est classée comme secte depuis le rapport parlementaire de 1996. Deux adeptes, âgées de 54 et 82 ans, sont décédées des suites de diabète et d'un malaise cardiaque. Selon les experts, elles auraient dû être hospitalisées. Or Maïté aurait tenté de les soigner à coups d'élixirs, d'impositions des mains et d'incantations. Leurs corps ont été évacués en voiture dans leurs villages, où ils ont été incinérés, empêchant toute autopsie. La gourou, qui assurait être la réincarnation de Néfertiti, est condamnée à deux ans de prison, dont un ferme ...



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