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Le Caucase et la Crimée ont été le théâtre de déportations massives organisées au cours de la Seconde Guerre mondiale. Environ 900 000 personnes, appartenant à une dizaine de nationalités soviétiques en majorité de confession musulmane, ont été déplacées de force, alors que les combats contre l'armée allemande faisaient toujours rage. Ces régions ont pour singularité de connaître depuis l'effondrement de l'Union soviétique une actualité particulièrement mouvementée. Mosaïques ethniques situées au carrefour des civilisations et des religions, elles sont aujourd'hui considérées comme de véritables poudrières. Cet ouvrage collectif se veut une contribution à l'écriture d'une histoire qui ignore trop souvent l'actualité des peuples déportés. Il ouvre un angle jusque là peu abordé, celui de la comparaison des déportations et de leurs impacts sur les situations politiques et sociales actuelles des peuples déportés. Une première partie présente les modalités des déportations, la vie en exil et les étapes du processus partiel de réhabilitation à partir de 1956. Suivent des études de cas abordant les décennies qui ont suivi la réhabilitation ou la non réhabilitation de six différents peuples déportés dans une perspective comparatiste. Enfin, une dernière partie examine le traitement de l'héritage stalinien dans le présent et la manière dont cet héritage, souvent encombrant, est géré par les états successeurs russe, ukrainien et géorgien. Privilégiant une approche pluridisciplinaire et rassemblant des spécialistes des questions étudiées, cet ouvrage propose de mesurer sur la longue durée les conséquences d'événements que d'aucuns considèrent trop rapidement comme appartenant à l'ordre des mémoires. Il ouvre donc un champ d'étude encore peu abordé en France: l'actualité, le traitement, l'héritage et la mémoire des déportations dans le contexte postsoviétique.


Biographie de l'auteur

Aurélie Campana est professeure adjointe au département de science politique de l'université Laval, Québec. Elle est titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les conflits identitaires et le terrorisme.


Grégory Dufaud enseigne l'histoire au Collège universitaire français de Moscou.


Sophie Tournon, docteure en civilisation de l'INALCO (Paris), est spécialiste de la question des Meskhètes en Géorgie.


Les déportations en héritage : Les peuples réprimés du Caucase et de Crimée, hier et aujourd'hui

de Aurélie Campana (Auteur), Grégory Dufaud (Auteur), Sophie Tournon (Auteur), Collectif (Auteur)

  • Broché: 247 pages

  • Editeur : PU Rennes (21 janvier 2010)

  • Collection : Histoire

Clivages générationnels et dynamiques nationalistes. La radicalisation des mouvements nationalistes tchétchènes et ingouches

http://www.cairn.info/revue-internationale-de-politique-comparee-2009-2-p-263.htm

Aurélie Campana

Résumé de l'article


Cet article interroge, sous l’angle comparatif, les développements nationalistes qui ont marqué la République de Tchétchéno-Ingouchie durant la Perestroïka, 1987-1991. Il analyse l’importance des effets générationnels sur les mobilisations. Dans un contexte d’effervescence généralisée, les représentants des « générations de l’exil » prennent la tête de la contestation. Ils participent à la création d’organisations et de partis politiques, porteurs d’aspirations au changement, et à l’élaboration de dispositifs rhétoriques qui font sens au-delà des frontières générationnelles. Toutefois, l’analyse des rapports internes aux groupes tchétchènes et ingouches montre le poids de l’événement et les impacts d’une configuration politique mouvante qui accentue les clivages au sein de l’ensemble générationnel jusqu’à en obérer l’existence. En ce sens, les générations politiques s’effacent sous les effets des divisions idéologiques. This article examines, from a comparative viewpoint, the nationalist developments that marked the Chechen-Ingush Republic during the Perestroika period, 1987-1991. It analyses the importance of generational effects on mobilisation. In a context of widespread exuberance, the representatives of the ‘generations of exile’ took the leading role in protest. They took part in the creation of organisations and of political parties, bearers of hope for change, and in the development of rhetorical strategies which were heard beyond generational borders. However, analysis of the internal relations of Chechen and Ingush groups reveals the force of events and the impact of a changing political configuration that accentuated differences within the generational whole to such an extent as to compromise its existence. In this sense, political generations were destroyed under the effect of ideological division.

 

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