Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

http://www.librairiepantoute.com/img/couvertures_300/enfants-de-moissac.jpgMoissac, Tarn-et-Garonne Sur le quai du Port, face au pont Napoléon, s'élève une grande bâtisse aux épais volets de bois Aujourd'hui, quel promeneur sait que des enfants juifs - près de cinq cents - y furent accueillis pendant la guerre? Qui se souvient que tous furent sauvés, que tous échappèrent à la déportation?

En 1941, Moyshe, Henri, Sarah et les autres avaient deux, dix ou dix-huit ans, ils étaient français, polonais, allemands... Certains venaient d'être arrachés à des camps d'internement du sud de la France, d'autres avaient été envoyés là par leur famille en détresse. Beaucoup ne parlaient pas le français. Ils avaient tout perdu, ou presque. Et, sur leur chemin, il y eut la Maison de Moissac Un refuge ouvert par les Éclaireurs israélites de France en décembre 1939, et dirigé par un couple hors du commun, Shatta et Bouli Simon, assistés de chefs scouts qui n'avaient pas vingt ans. Pendant quatre ans, alors que l'antisémitisme devient politique d'État, alors que la terreur nazie étend son empire, un mot d'ordre soude cette communauté: vivre! Pour les enfants brisés qui arrivent là, cela veut dire étudier, jouer, chanter, danser, célébrer les fêtes juives et le Shabbat... Vivre et rester juif, coûte que coûte.

 

LES ENFANTS DE MOISSAC 1939-1945

Catherine Lewertowski
2009 , Flammarion

 

 

 

 

http://www.laprocure.com/cache/couvertures/9782330001964.jpgA Moissac, ville des ancêtres de Claire Daudin, des enfants juifs ont été recueillis et sauvés par un couple de cadres du mouvement des Éclaireurs Israélites de France pendant la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, la famille catholique de l'auteur semble avoir ignoré ces événements qui se sont déroulés chez elle. Poursuivie par le sentiment d'une rencontre manquée entre juifs et chrétiens, Claire Daudin nous lime une réflexion sur les méconnaissances et les ravages de l'histoire.


La revue de presse Bruno Frappat - La Croix du 24 novembre 2011

Claire Daudin, née après la guerre, ne porte aucun jugement, aucune condamnation sur les silences des siens. Elle cherche à comprendre. Mieux : à compenser ce silence familial par sa propre méditation. Elle le fait avec lyrisme, mais sans emphase. Avec respect pour tous, juifs et «bons chrétiens». Avec, surtout, l'ardent désir de compenser, par sa recherche et par son récit, ce silence éternel et incompréhensible. Ce «trou noir» de la mémoire familiale, elle tente de le remplir avec tout son coeur, tout son talent (belle écriture !) et le maximum d'honnêteté intellectuelle. Où il est prouvé qu'un tout petit livre peut être une grande oeuvre.

 

 

  • Les courts extraits de livres : 17/11/2011

 

LES MAISONS DE MOISSAC - Il ne sera pas question ici d'architecture, ni de circuit touristique. Je ne vous emmènerai pas faire un tour dans les vieilles rues de Moissac, cette paisible bourgade du Tarn-et-Garonne, célèbre pour son chasselas doré et pour ses vestiges romans. Nous ne passerons pas en revue les façades de briques et de galets derrière lesquelles ont vécu de braves gens qui furent mes ancêtres.


Les Maisons de Moissac. Ce titre, je l'emprunte à un livre, écrit par Catherine Lewertowski. Un livre posé devant moi sur la table, lu et relu, souligné, annoté. Un livre que je n'ai pas pu refermer. Un récit qui m'habite, que j'habite, où j'ai fait ma demeure. Mais peut-être que j'en ai forcé la porte ?


La maison dont il est question au singulier dans ce livre abrita pendant la guerre des dizaines d'enfants juifs, recueillis par Shatta et Bouli Simon, un couple de cadres du mouvement des Eclaireurs Israélites de France, qui avait jeté son dévolu sur cette bâtisse pour y mettre à l'abri ses jeunes troupes. La ville a rendu hommage à ce couple héroïque en donnant leur nom à la petite place ronde qui s'étend devant l'édifice.


Cette cérémonie eut lieu en 2004, soixante-cinq ans après l'ouverture de la maison quai du Port. Shatta et Bouli étaient morts, mais parmi leurs protégés d'autrefois, un grand nombre firent le voyage. De tous les horizons, ils se sont retrouvés sur la place ronde au bord du canal, les uns venus d'Israël, d'autres d'Amérique ou de différents pays d'Europe.

Gens de Moissac, mes aïeux, bonne et paisible famille, jamais, à ce que vous me dites, vous n'avez entendu parler de cette maison. Catholiques de veille souche, pharmaciens de la rue Malaveille, élèves du Petit Séminaire : la maison d'en bas, rencognée sous le pont Bonaparte, êtes-vous seulement passés devant ? Hier pas plus qu'aujourd'hui. Nous restons dehors. Nous n'entrons pas. Morts ou juifs. La Maison de Moissac : ce n'est pas de nous qu'il s'agit dans ces pages. Cette histoire n'est pas la nôtre.


Notre maison à nous était sur les hauteurs. C'était une maison de maître, ceinte d'un beau jardin, on y prenait le frais à l'ombre du grand cèdre. Ce monde est révolu. La maison d'en bas est fermée, la maison d'en haut est vendue. Ce monde est révolu, et tout pourrait si facilement sombrer dans l'oubli, c'est la pente. Mais voici que j'ai lu le livre de Catherine Lewertowski ; que j'ai vibré à son récit héroïque ; que je suis retournée dans le passé de ma famille pour y chercher les traces d'une éventuelle rencontre entre mes aïeux et les Juifs réfugiés sur les bords du Tarn.


Je ne les ai pas trouvées, et je ne m'en consolerai pas. Si j'écris ces pages, ce n'est pas pour juger les miens. Mais parce que je ne veux pas me résoudre à cette méconnaissance millénaire, génératrice de persécutions dont la barbarie nazie ne fut que le point culminant, quand notre destinée providentielle, aux uns et aux autres, est de travailler au salut du monde en louant le Dieu créateur, dans l'exercice de la justice et l'amour du prochain.

 

Le rendez-vous de Moissac

Auteur : Claire Daudin

Date de saisie : 24/11/2011

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Actes Sud, Arles, France

Collection : Le souffle de l'esprit

 

Guerre 1939 -1945 - Vichy (123)

Commenter cet article