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Archives - La rousse, la raille, les bourr', la poulaille, les keufs, la maison Poulaga..., le langage populaire n'en finit pas de désigner la police et les policiers par des termes de dérision. Gustave Flaubert, déjà, écrivait à l'article « Police » de son Dictionnaire des idées reçues : « A toujours tort. »

La connotation péjorative qui s'attache au terme de police vient évidemment de ce qu'elle a pour fonction de réprimer. Faite pour le maintien de l'ordre, elle brime : les manifestants, les contrevenants en tout genre, non seulement les grands malfaiteurs mais aussi les voleurs de pommes. Dans un État autoritaire, le « monopole de la violence légitime » , selon l'expression de Max Weber, va de soi : la police est le bras qui exécute sans vergogne la volonté du prince. Dans une république, où chacun est citoyen, l'action de la police est souvent perçue comme un abus de pouvoir, si ce n'est un reste d'Ancien Régime.

Le dossier que nous présentons ce mois-ci entend faire le point sur ces rapports historiques entre la république et sa police. A travers les relations conflictuelles, parfois de guerre ouverte, qu'entretiennent entre eux les différents services ou les différentes armes.

Question complexe, tributaire d'un passé où les lois se sont succédé et de plusieurs régimes fondés sur des valeurs différentes. Ainsi, ce n'est pas la république qui a divisé les forces de police : le Premier Empire l'avait déjà fait, pour éviter de leur donner un dangereux surcroît de puissance dans l'appareil d'État. Ce n'est pas non plus la république qui a voulu une police une et indivisible : c'est le régime de Vichy.

La question reste d'actualité : comment un régime démocratique, qui repose sur des principes de transparence et de respect des droits de l'homme, peut-il s'accommoder d'une police dont le secret est une des méthodes ordinaires et dont la brutalité est régulièrement dénoncée ? Comme Diderot le fait dire au neveu de Rameau : « On n'assomme personne dans une ville bien policée. » Mais une police vertueuse, douce et amène est-elle encore une police ?

Le vrai est que la police et ses fonctionnaires sont dépendants de la société globale. Les mœurs, les mentalités, les cultures et les mythologies d'une nation déteignent sur celles de la police. Rien n'est plus illusoire que d'en faire une citadelle. L'attitude ambivalente des Français face à leur police est celle qu'ils ont en général devant l'État : s'en plaindre toujours, ne jamais s'en passer.

L'Histoire

Les polices de la république

publié dans L'Histoire n° 240 - 02/2001  Acheter L'Histoire n° 240  +


Crédit photographique sur le blog

L'agent du service général

Amicale de la police / patrimoine

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