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http://www.lechoixdeslibraires.com/get_photo.php?f=l-112327-691476433809577&dummy=20111116133454&l=100&t=lDe gauche à droite, médaille des Évadés ; croix du Combattant volontaire de la Résistance ; croix du Combattant volontaire de la guerre 1939-1945, minimum des distinctions conférées aux Évadés de France engagés volontaires. Écusson "mañana", insigne des associations d'Évadés de France internés en Espagne.

Au cours de la Seconde Guerre Mondiale, à partir de 1940, de nombreux Français ont essayé de rejoindre les armées de la France Libre. Les plus jeunes d'entre-eux ont tenté leur chance après 1942, notamment poussés par le refus du Service du travail obligatoire (STO en Allemagne). Après le débarquement allié en Afrique du Nord, la voie ouverte par les Pyrénées et l'Espagne était la seule probable pour rejoindre les Forces françaises combattantes (FFC).

Nombre d'entre eux ont été capturés par les polices allemande ou française avant de parvenir au pied des Pyrénées et sont morts en déportation.

Parmi les 23.000 environ qui réussirent, 19.000 se sont engagés comme volontaires dans toutes les Armes, mais après avoir subi l'horreur d'un internement de plusieurs mois dans les geôles espagnoles du régime franquiste. Enfin échangés contre du blé et de l'engrais, ils furent peu à peu libérés. 9.000 de nos camarades ont donné leur vie à la Patrie. Les survivants avaient donné leur jeunesse et leur ardeur, mais ont conservé les séquelles du long internement d'un autre âge.


 

Avant-propos de Jean-Claude Beïret Montagné

 

En 1990, les années ont passé, l'auteur s'est résolu à raconter des faits. Même les petits enfants des uns ou des autres de nos camarades n'ont jamais eu droit à un récit qui, cependant, fait partie de la petite histoire : cet accompagnement de la grande Histoire qui lui permet d'exister. Certains pensent que c'est de la pudeur de taire à ses proches les détails d'une aventure qui s'est bien terminée. Peut-être est-ce cela, peut-être aussi est-ce que, le devoir accompli, on n'avait pas tellement le temps de se raconter. Le plus urgent était alors de chercher à assurer la vie matérielle, et ceci n'était pas une mince affaire.


Le vieux dicton : "Qui va à la chasse perd sa place" n'a jamais été si vrai que dans les tristes circonstances de cette guerre qui fut d'abord une défaite honteuse pour le pouvoir, pour la classe politique, pour les hauts responsables militaires des vingt années précédentes.


Défaite qui a été masquée, sinon effacée (efface-t-on jamais l'humiliation ?) par une victoire ultérieure gagnée à la force du poignet et de la volonté, derrière des chefs courageux, patriotes, sans moyens mais possédant la volonté de vaincre : de Gaulle qui a pris le flambeau éteint et l'a rallumé, convainquant les Anglais de sa bonne foi, ainsi que Giraud, Koenig, Juin, de Lattre, Leclerc, Catroux, Legentillhomme, de Monsabert, Béthouard, Barré,.., et tant d'autres qui ont concouru à sauver l'honneur de notre Patrie, et le nôtre.


Aussi bien, nous rentrions au pays en demi-guerre terminée, quand les citoyens avaient eu le droit de choisir les places vacantes dans ce qui restait d'activité commerciale ou industrielle. Il n'y avait plus de place pour nous, il fallut encore lutter... autrement. Les êtres chers, parents, fiancées, épouses savaient assez de nos aventures par les grandes lignes, renseignés en trois mots par une lettre ou au cours d'une permission lorsque cela devint possible. Nous avions souffert ensemble, bien que séparés de corps mais unis par les âmes. Pas un jour ne s'écoula durant cette période, où notre méditation comme nos actes ne fussent dirigés vers nos familles. Et puis, qu'importait alors le détail, on était réunis. Plus tard, les enfants pourront savoir. A quoi bon, l'Histoire devrait leur suffire en priant Dieu qu'il leur épargne la peine de la recommencer. Les récits, eux, restaient entre nous Anciens Combattants volontaires, pour nos réunions, un peu aussi pour nos épouses dégagées des enfants.


Bien entendu, les lettres qui suivent n'ont jamais été écrites. Pour deux raisons : la première c'est qu'il y avait une censure et que la lecture d'une de ces lettres par un autre que le destinataire aurait eu des conséquences fâcheuses. La seconde, on le comprendra ensuite, c'est qu'un prisonnier en terrain ennemi ne peut vraiment pas dire ce qu'il pense et que les seuls messages possibles -parfois- sont acheminés par la Croix-Rouge, à la condition d'être sans saveur et sans couleur.


Des notes prises au jour le jour par l'auteur dans un agenda de poche ont été d'une grande utilité pour les détails. La mémoire a des lacunes après des années et si certaines scènes restent gravées à jamais dans l'esprit, elles ne forment qu'une chaîne rompue par endroits. L'impression générale demeure, bien atténuée. Trop atténuée pour un récit exact.


Les notes sont, en cela, précieuses, comme le diapason l'est au musicien, pour retrouver le ton juste de sa mélodie.


L'auteur prie instamment le lecteur de comprendre qu'il a voulu conserver les états d'âmes qui étaient les siens pour chaque période correspondant à ces treize lettres et qui avaient été consignés dans son agenda. Il y eut des hauts et des bas, nous n'étions pas des héros de bande dessinée, seulement des hommes à la sensibilité exacerbée par les épreuves physiques et surtout morales.

 

Les lettres... jamais écrites : sorties de la mémoire d'un résistant évadé de France, interné en Espagne, engagé volontaire pendant la Seconde Guerre mondiale

Auteur : Jean-Claude Beïret Montagné

Préface : Joseph Muller

Date de saisie : 16/11/2011

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : J.-C. Montagné, Bagneux, Hauts-de-Seine

Prix : 18.00 € / 118.07 F

 

 

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