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http://www.lcdpu.fr/Resources/titles/27000100041330/Images/27000100041330L.gifDocument 17/03/2012 - Parlements et Lumières : l'association des deux notions peut sembler contre-nature, tant l'historiographie a longtemps vu dans les magistrats une catégorie hostile par principe aux Lumières, les bourreaux de Calas et de quelques autres comme les adversaires égoïstes d'une monarchie éclairée et réformatrice qu'ils finissent par perdre en descendant eux-mêmes à sa suite au tombeau. Seuls quelques avocats apparaissent sous un jour plus favorable, défendant l'innocence accablée par l'injustice des nantis ou prenant part à la Révolution.

Pourtant les progrès de la recherche nous conduisent à des vues beaucoup plus nuancées aussi bien sur les cours et les parlementaires que sur les Lumières elles-mêmes qui ne se limitent pas au seul combat philosophique. Dans ce volume collectif, il est question des gens de justice face aux idées nouvelles, des formes de leur adhésion à celles-ci et de la définition qu'ils ont essayé de donner d'un ordre du monde rénové. Réintroduire les parlementaires en tant que tels dans l'étude de la France des Lumières permettra de comprendre celle-ci plus exactement.

http://www.mollat.com/cache/upload/push/push_27915_cha150.jpgOlivier Chaline est professeur à l'Université Paris IV-Sorbonne, spécialiste de l'histoire des parlements dans la France des XVIIe et XVIIIe siècles. Principales publications dans ce domaine : Godart de Belbeuf. Le parlement, le roi et les Normands, 1996 ; en co-direction avec Yves Sassier, Les Parlements et la vie de la cité (XVIe-XVIIIe siècle), 2004 ; en co-direction avec Gauthier Aubert, Les Parlements de Louis XIV, 2010 ; a dirigé également le numéro « Cassation et évocations : le Conseil du Roi et les Parlements au XVIIIe siècle », Histoire, Économie et Société, 3-2010.


  • Les courts extraits de livres : 17/03/2012 - Extrait de l'introduction

 

Parlements et Lumières : l'association des deux notions peut sembler contre nature, tant l'historiographie a longtemps vu dans les magistrats essentiellement une catégorie hostile par principe aux Lumières, tantôt les bourreaux de Calas et de quelques autres, tantôt les adversaires égoïstes d'une monarchie éclairée et réformatrice qu'ils finissent par perdre en descendant eux-mêmes à sa suite au tombeau. Tout au plus, certains avocats apparaissaient-ils sous un jour plus favorable, défendant l'innocence accablée par l'injustice des nantis ou annonçant la Révolution.

Pourtant les travaux des trente dernières années ont amené à avoir des vues beaucoup plus nuancées aussi bien sur les cours et les gens de justice que sur les Lumières elles-mêmes qui ne se limitent pas au seul combat philosophique. Comment un milieu à la fois parisien et provincial, de magistrats et d'avocats, qui forme avec l'Église, l'aristocratie et la finance un des groupes les plus cultivés et les plus influents de la France au XVIIIe siècle a-t-il réagi aux Lumières ? Celles-ci sont diverses et on serait bien en peine aujourd'hui d'en donner une définition univoque. Le combat contre la tradition, les préjugés, la religion et le trône, si violent soit-il par moments, n'épuise pas leur complexité. L'unité n'est pas un attribut des Lumières, même philosophiques. « Le pluriel des Lumières leur est constitutif, les Lumières furent un arc-en-ciel, ou mieux : des feux croisés» écrivait Yvon Belaval. Leur variété est encore plus nette quand on en vient à examiner comment le souci de savoir, d'utilité et de service a modifié à la fois les pensées et la société. Quelle part les gens de justice ont-ils dans l'élaboration, la diffusion, la contestation des Lumières ? Y ont-ils vu un danger pour leur prééminence, ou, au contraire, une justification nouvelle de leur rôle ? Magistrats et avocats sont envisagés ici à la fois, dans leur milieu socio-professionnel, dans des corps et des institutions mais aussi comme membres d'élites sociales et intellectuelles tant à Paris que dans les capitales judiciaires provinciales.

Il n'existe à l'heure actuelle aucune synthèse sur les rapports entre les parlementaires et les Lumières, tout au plus des monographies et des éléments dispersés dans des études dont la question qui nous occupe n'est pas le coeur du sujet. Au début de ce volume, il n'est pas inutile de tracer un programme de recherche qui ne saurait être accompli par les seuls textes publiés ici, mais qui donnera une approche volontairement vaste des problèmes à traiter.

Il faut partir d'un constat, non d'un vide historiographique, mais d'une large indifférence, parfois teintée de franche hostilité, alors même que le chercheur, historien ou non, se penchant sur le XVIIIe siècle ne peut manquer d'avoir affaire, à un moment ou un autre, aux parlements et à leurs magistrats. Les parlementaires, et de manière générale les magistrats des cours souveraines, ont eu le peu enviable privilège de faire les frais d'une des très rares convergences des historiographies de gauche et de droite traitant des causes de la Révolution française. (...)

 

 

Les parlements et les Lumières

Auteur : Olivier Chaline

Date de saisie : 16/03/2012

Genre : Histoire

Editeur : Maison des sciences de l'homme d'Aquitaine, Pessac, France

 


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