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http://myboox.f6m.fr/images/livres/reference/0017/27/9782917329283FS.gifDocument 01/10/2011 - La participation de la majorité des médecins turcs à la déportation tragique des Arméniens est, malheureusement, un fait incontestable. Non moins avéré est le fait que les Jeunes-Turcs, aidés par les Allemands, ont préparé le plan du plus vaste massacre de foules innocentes que jamais imagination ait conçu.

Extrait de la préface d'Yves Ternon :

Le 20 avril 1919, moins de six mois après l'armistice de Moudros, l'Union des médecins arméniens publie à Constantinople une brochure en français intitulée Les Persécutions des médecins arméniens pendant la guerre générale en Turquie.


La première partie dénonce la participation des médecins turcs à ce que l'on appelle alors les massacres et déportations des Arméniens ottomans. La seconde partie rend hommage à la mémoire de 67 médecins, 54 pharmaciens, 10 dentistes et 15 étudiants en médecine assassinés et de 46 médecins, 19 pharmaciens, 4 dentistes morts après avoir contracté le typhus ou d'autres maladies. Cette liste de victimes, liste détaillée comportant le plus souvent date et lieu de naissance, titre et fonction hospitalière et parfois circonstances de la mort est à elle seule un document précieux, tant il est difficile pour les historiens de donner un I nom aux morts arméniens victimes du génocide.


  • Les courts extraits de livres : 01/10/2011

 

Extrait de l'avant-propos - 20 avril 1919

Pendant environ cinq ans, une grande partie du monde, et la Turquie en particulier, ont été le théâtre de scènes extraordinaires de boucherie et de dévastation jusqu'ici inconnues. En Europe, si les enquêtes ont établi, en peu de temps, la part de responsabilités des auteurs de ces crimes ; si des commissions officielles ont jeté la lumière sur les ruines amoncelées, et si l'on a pu évaluer, approximativement, les dégâts et les pertes, il n'en est malheureusement pas de même en Turquie, où il fut impossible d'entreprendre cette oeuvre de réparation et de justice.


Un ouragan de sauvagerie et de fanatisme a fauché, en Arménie et dans les provinces de la Turquie, habitées par des chrétiens, une importante partie de la population arménienne ; il a tout brûlé et détruit sur son chemin. A un moment, où le monde civilisé, réuni autour de la Conférence, est en train de se réorganiser, l'Union des Médecins Arméniens, dans sa IVe séance de l'année 1919, a émis le voeu, pour honorer la mémoire de ses camarades disparus (tués ou morts de maladie), de réunir et de publier les documents et les renseignements concernant leur fin tragique.


De tout temps, les Turcs - le gouvernement en tête - ont persécuté et massacré les chrétiens de l'Empire, et plus particulièrement les Arméniens. Avant la guerre, ces persécutions et massacres étaient partiels, localisés dans certaines régions et avaient le caractère d'une brusque éruption de fanatisme. Ils étaient dirigés par la capitale. D'autre part, tandis que dans les précédents massacres, on témoignait d'un certain respect pour les femmes et les enfants, cette fois-ci aucune exception n'a été admise.


Comme on le sait, les Turcs, dès le printemps 1914, commencèrent à persécuter les chrétiens, mais ils avaient, pour but principal, l'extermination de la race arménienne. Le plan de destruction a été exécuté avec un tel sang-froid, avec une telle sauvagerie que M. Henri Morgenthau, ancien ambassadeur des États-Unis d'Amérique à Constantinople, l'un des personnages les plus renseignés sur les derniers événements de la Turquie, et en même temps, l'un des diplomates étrangers, qui ont le mieux étudié et pénétré la mentalité des dirigeants du Comité de l'Union et Progrès, a pu écrire : « Les faits relatés dans les rapports reçus par l'Ambassade, et qui ont été racontés par des témoins oculaires, absolument dignes de foi, dépassent les plus bestiales et les plus diaboliques cruautés perpétrées ou imaginées dans l'histoire du monde .»


Il est, en effet, avéré que des ordres officiels et confidentiels étaient donnés aux gouverneurs des provinces, en vue de faire exterminer toute la population arménienne, sans distinction d'âge, ni de sexe, en commençant par les personnalités aisées et instruites. Les pertes subies par les Arméniens ont été très élevées par rapports à l'étendue du pays et au nombre des habitants. Les exterminateurs ont fait preuve d'une cruauté sans bornes.

 

Les persécutions des médecins arméniens pendant la Première Guerre en Turquie

Auteur : Union des médecins arméniens

Préface : Yves Ternon

Date de saisie : 01/10/2011

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : SIGEST, Alfortville, France

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